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Publié par Saoudi Abdelaziz

A l'opposé de l'extraordinaire mobilisation des services de brouillage médiatique d'obédiences diverses, on note des initiatives prometteuses d'inspiration hirakienne. 24Hdz en est une. Il publie deux positions opposées à propos du prochain vote sur l'amendement constitutionnel

 

Sofiane Djilali, président du parti Jil El Jadid

« Notre choix à Jil Jadid est dès le départ d’expliquer à l’opinion publique les nouvelles dispositions introduites dans le projet de révision constitutionnelle. Nous évoquons autant les aspects positifs que négatifs dans le texte. L’algérien ne doit plus attendre que les autres agissent pour lui. Il doit passer à l’action en tant que citoyen. Le signal fort du 22 février 2019 était que la société et le citoyen sont responsables de leur choix. J’appelle donc à la responsabilité du citoyen pour qu’il fasse ses choix. La décision leur revient. Jil Jadid est un parti d’opposition qui a accepté le dialogue avec le pouvoir. Nous ne sommes pas un comité de soutien et nous n’avons pas prêté allégeance au pouvoir. Notre parti veut faire de la politique en toute responsabilité et avec sérieux. Tant que le citoyen ne fait pas confiance à la classe politique, il est impossible de construire l’État de droit.

« Si le projet de révision constitutionnelle passe, il va falloir de nouvelles institutions à commencer par l’APN. C’est en tous cas un engagement du président de la République. Avant, il faudra réviser la loi électorale. Une commission y travaille. Ce n’est pas le Parlement qui en a la charge. Le président de la République ne veut pas donner une légitimité à cette assemblée bien qu’il ne la dissolve pas parce qu’elle était nécessaire constitutionnellement au passage du projet de révision constitutionnelle. Les partis de l’ex Alliance présidentielle (RND, FLN, MPA, TAJ) ne sont plus en odeur de sainteté(…) j’imagine qu’on va aller vers une Assemblée mosaïque et plurielle sans qu’aucun parti n’ait la majorité. Le jeu devrait être plus ouvert. Nous allons participer si, encore une fois, la loi électorale donne des garanties à minima. On ne fait pas d’illusion, si le pouvoir veut passer en force, il le referait. Mais, il prendrait de grands risques. Le président actuel fait de grands efforts pour renouer le dialogue et un minimum de confiance avec la population. On ira vers un scrutin relativement propre. A l’évidence, il y a encore de l’argent sale qui circule, des centres de pression, des mafias locales, tout cela ne va disparaître immédiatement ».

 Nadjib Belhimer, journaliste

 "S’engager dans des initiatives spectacle de ce genre ne peut en aucun cas être une contribution à l’effort du Hirak, ni constituer un saut qualitatif dans le militantisme entamé, sur le terrain, par les personnes concernées, depuis des années ou depuis le début du Hirak du moins.

Il s’agit de noter que ce qui se passe fait partie du comportement habituel du régime, c’est son mode de fonctionnement traditionnel. Le régime ne peut le changer, en raison de sa faiblesse et de son incapacité à renouveler ses bases et à attirer des compétences. C’est un mode de fonctionnement qui donne les mêmes résultats. Il suffit d’observer le climat de verrouillage qui a accompagné ces actions et le traitement biaisé qui leur a été réservé par les médias pour comprendre l’incapacité du pouvoir à changer de comportement ou à rénover ses méthodes pour suggérer qu’il existe au moins une bonne volonté…

On peut comprendre l’impatience de militants qui se sont pleinement engagés dans le Hirak quand ils observent que cette révolution n’a pas généré des organisations et des élites nouvelles avec la rapidité souhaitée. Mais la question est liée principalement à l’ampleur de la destruction causée par le régime ; elle est également liée au climat répressif et despotique dont le but est justement d’empêcher que ces fruits mûrissent.

La plus grande des fautes serait d’y répondre en s’engageant dans ce qui existe et de présenter ce choix comme étant réaliste et pragmatique. Choisir de s’engager dans les initiatives du régime ne sera qu’une contribution à prolonger une crise qui a atteint à un niveau qui menace l’existence de l’entité algérienne et la cohésion et l’harmonie du tissu social.  

Il reste à souligner que les polémique et la déviation du débat autour de ces évènements durant les derniers jours nous donne une idée du niveau vers lequel descendra tout débat politique se déroulant sous un régime fermé, en l’absence totale des libertés et avec la fermeture de l’espace qui aurait pu être un cadre sain pour un débat serein et fructueux. Toute construction sans fondement solide et sous un parrainage corrompu fera tomber le toit sur toutes les têtes ; des têtes que le Hirak est venu protéger et leur offrir les moyens de réfléchir et de créer des solutions et qui continuera jusqu’à atteindre son but, sans précipitation et sans hésitation. »

Source : 24Hdz

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