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Publié par Saoudi Abdelaziz

Rues de Jijel par Mokhtar Boumedjane. Photo DR

Rues de Jijel par Mokhtar Boumedjane. Photo DR

Par Fodil S. 27 octobre 2020

Combien aujourd’hui ? C’est la question que l’on entend le plus à Jijel, chaque jour, les 16h sonnantes.

Cette préoccupation est due aux annonces quotidiennes des contaminations dans la wilaya, dépassant la vingtaine, la trentaine, voire la quarantaine de cas ! Jijel, qui demeurait jusqu’en début d’été dans le wagon des 20 dernières wilayas en matière de contaminations, a progressivement gravi les places pour atteindre le top 10 national, bien que démographiquement, la région se classait au 26e rang au dernier recensement de la population.

Ce mois d’octobre enregistre le plus grand nombre avec 468 cas, soit plus que les mois de mars à juillet réunis, contre 362 en septembre et 426 en août. Le nombre de contaminés en 5 mois (mars-juillet), qui était de seulement 276 cas, a vertigineusement bondi pour atteindre actuellement 1532 personnes touchées.

En fin de semaine écoulée par contre, des chiffres avancés sur les ondes de Radio Jijel par Bilal Daas, le chef de service de la prévention auprès de la direction de la santé, dépassaient les 2000 contaminations, plus exactement 2049, et pas moins de 178 décès, ce qui donne un taux de mortalité de 8,69%.

Hier matin à la polyclinique El Alia à l’est de la ville de Jijel, devant le bureau dédié à la Covid-19, beaucoup de personnes attendaient de passer une consultation. Un médecin rencontré sur les lieux nous dira qu’on reçoit près d’une centaine de cas suspects chaque jour.

A l’hôpital de Jijel, la situation selon des hospitaliers que nous avons rencontrés est à la limite du supportable, surtout avec une affluence quotidienne de nouveaux malades. La hausse des hospitalisations est confirmée par le Dr Mohamed Rouibah sur sa page Facebook, où il annonce qu’un «quatrième service de l’hôpital vient d’être dédié à ceux atteints de la Covid-19».

D’aucuns estiment que l’ouverture de la saison et le déferlement qui s’en est suivi, a été l’élément déclencheur à l’origine de la cassure du maillon qui préservait encore la région d’une explosion des contaminations.

Par la suite, les fêtes de mariage, les cortèges nuptiaux et les funérailles sans le moindre respect des mesures barrières ont fini par faire sombrer la wilaya, si bien que même le ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, s’est inquiété de ce nouveau foyer et de celui de la wilaya de M’sila. Ainsi un infirmier résumera cette vague à trois choses : la plage, les noces et les funérailles.

A Jijel, on parle même de location de grandes maisons et d’appartements pour organiser des fêtes en lieu et place des salles de fêtes fermées par décision des autorités.

Autres regrets qui peuvent se faire sentir encore plus à l’avenir, le grand retard suivi du gel de la construction du nouvel hôpital 240 lits de Jijel et la longue attente pour réceptionner celui de 60 lits de Ziama Mansouria ainsi que la remise aux calendes grecques ceux de même capacité, prévus à Chekfa et Belghimouz (El Ancer), participent à la pression que subissent les établissement sanitaires de la wilaya, notamment celui du chef-lieu de wilaya où déjà trois services ont été versés dans la gestion de la Covid-19. On rappellera que l’hôpital du chef-lieu de wilaya a été inauguré en… 1983.

On retiendra enfin que le centre de dépistage dont le financement des équipements a été supporté par la wilaya devrait commencer son travail d’ici la fin de semaine. 

Source : El Watan

 

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