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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Deux chefs militaires préparent activement les “batailles de demain” et celles du “contre-terrorisme”

Par Claude Angeli, 30 septembre 2020

Les futures guerres n’épargneront pas l’Europe, disent-ils, et personne ne s’en soucie vraiment. Sauf eux...

C’EST une « nouvelle offre stratégique » pour 2021, affirment François Lecointre, le chef d’état-major des armées, et Thierry Burkhard, le patron de l’armée de terre. Ils s’en sont expliqués au sein de la hiérarchie militaire, et leurs propos y alimentent bien des conversations. Certains vont même jusqu’à prédire que ces deux généraux « veulent imposer leur point de vue aux autorités politiques », au risque de froisser l’ego d’Emmanuel Macron, notre chef de guerre au Sahel et au Levant.

Principal argument avancé par ces deux militaires, selon leurs proches collaborateurs : des conflits de « haute intensité » seront les « batailles de demain », car on assiste, « aux portes de l’Europe, au retour des rapports de force dans les relations internationales, [avec] tous les risques d’escalade possibles ». C’est dire que le Sahel ne doit plus être la seule zone d’inquiétude.

Thierry Burkhard décrète en effet que la France s’est trop consacrée à ce qu’il appelle le « terrorisme militarisé », pratiqué par Daech et Al-Qaida. Alors qu’il est temps, ajoute-t-il, d’imaginer « un nouveau modèle d’armée complet » suffisamment dissuasif pour empêcher qu’« un conflit de haute intensité entre Etats ne devienne possible ». Avec l’intention d’obtenir un accroissement sensible des effectifs militaires et du budget de la Défense, le patron de l’armée de terre joue aussi les Cassandre : « Nous ne sommes pas suffisamment préparés à ce type de conflits [et quand cela changera] nous serons prêts pour des opérations moins exigeantes ». A savoir : un genre d’interventions qualifiées de « contre-insurrection ». Cette formule fait, paraît-il, référence aux engagements menés contre les groupes terroristes au Sahel ou en Syrie, mais elle peut vouloir tout dire.

Manœuvres sous les obus

Enfin, Burkhard annonce qu’il va falloir revoir de fond en comble l’entraînement de « sa » chère armée de terre (114 677 hommes et femmes), qu’il nomme « la reine des batailles ». Des manœuvres devraient être organisées dans les camps militaires de Champagne afin d’aguerrir les troupes.

Comment ? Avec des « tirs réels » (balles et obus), en mobilisant parfois une division (15 000 hommes). A en croire nos généraux, l’objectif est d’ « aller chercher l’ennemi au sein de la population ». Encore une étrange formule, comme celle de « contre-insurrection ». De quelle population s’agit-il donc ? celle de l’ennemi, ou une autre ? En France, durant les années 70, existait la Défense opérationnelle du territoire, chargée de surveiller l’« ennemi intérieur ». C’était plus clair.

Dernière demande transmise aux responsables politiques : la mise sur pied d’une « réserve militaire » qui pourrait jouer un rôle de protection ou d’intervention. Une sorte de Garde nationale, comparable à celle qui intervient aux Etats-Unis lors de certaines manifestations ou émeutes.

Mais les généraux Lecointre et Burkhard n’ont sans doute aucune envie de s’appesantir sur le sujet.

Source : Le Canard Enchaîné

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