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Publié par Saoudi Abdelaziz

Cinquante hourras pour Radio Corona !

Par Saïd Djaafer, journaliste

Salam aleykoum.

Il n’y a rien de bon dans le Coronavirus, absolument rien, contrairement à ce que soutiennent ceux qui croient avoir de l’esprit. La seule chose bonne dans le coronavirus, c’est peut-être la nature qui a pris un peu de repos durant le confinement, encore que là, les humains se sont vite rattrapés avec le déconfinement. Les niveaux de pollution ont repris assez rapidement...

Alors autant le dire, la seule chose vraiment bonne dans le Coronavirus, c’est Radio Corona internationale qui fête aujourd’hui sa 50ème émission. C’est un bienfait durable déjà, cette émission. En attendant qu’elle devienne une radio à plein temps, une radio qui chagrine à plein temps les éternels rabats joies, vous savez ceux qui ne font absolument rien à part taper sur ceux qui essaient de faire quelque chose. 

Un vieil ami que j’ai perdu de vue depuis la fin des années 80 – salut à toi Abbas je sais que tu es quelque part, loin d’Alger, et toujours souriant -, ce vieil ami avaient l’habitude de dire à ceux qu’ils aimaient : « wallah nhabbak mena hata lachine populaire ».  

Pour Radio Corona Internationale, cela va de soi. Nhabouha jusqu’à la Chine Populaire, ce pays qui nous rappelle la “longue marche” et donc l’impératif de ne pas désespérer. C’est aussi le pays où s’est manifestée, pour la première fois, la bête, celle qui a contraint les Algériens qui battaient pacifiquement le pavé à lever le pied et à essayer de penser comment mener autrement l’inexorable marche vers les libertés, vers un État aussi fort et aussi sérieux que ne l’ont rêvé les militants du mouvement national et les combattants de la révolution.  

N’habouha aussi de Hussein-Dey à Providence, là où Abdallah Benadouda a eu l’éclair de génie providentiel de lancer cette Radio au nom improbable. J’ai passé la phrase par Google Translate, cela a donné “a flash of providential genius”. Sacré flash quand même !

Contre-Khota contre la déprime

En réalité, la dénomination de Radio Corona n’est pas l’éloge du virus mais la contre-khota contre la déprime qui accompagne le confinement, l’inaction, la limitation du mouvement. C’est une contre-khota importante, celle qui entretient la belle flamme alors que dans un étrange renversement certains essaient de rendre les Algériens de la répression qu’ils subissent

Comme l’a écrit le brillant journaliste qu’est Nadjib Belhimer: A chaque décision injuste, chaque pas du pouvoir dans la mauvaise direction les prétendument rationnels et réalistes se livrent à des procès qui ne sont pas moins durs que ceux qui sont subis par les détenus d’opinion…. Rapidement, les condamnations tombent pour avoir vendu de “l'illusion” et aussi pour ridiculiser les rêves de ceux qui ont cru pouvoir changer le régime par des marches “spectacle” une fois par semaine”. Nadjib Belhimer est vraiment un journaliste à lire. 

Radio Corona est donc cette contre-khota contre la déprime qu’on essaie de distiller chez les Algériens. Elle fait rire, pleurer, danser, chanter mais elle rappelle aussi, par son existence même, que les Algériens savent déjà ce dont ils ne veulent plus, qu’ils continueront à vouloir créer les conditions pour s’entendre sur ce qu’ils veulent. C’est pour cela que les auditeurs et les contributeurs de Radio Corona incarnent bien cette Algérie qui veut naître et renouer avec les rêves des anciens, la liberté, les libertés dans le cadre d’un Etat juste, d’un État sérieux.  C’est pour cela que dès la fin d’émission du mardi, ils se mettent à attendre le vendredi et ainsi de suite. 

Radio Corona me donne l’immense plaisir à entendre Kamal Almi qui voit plein de choses même dans une houma khalia et qui, quand il s’échauffe, me restitue l’image de ce que sont "les ancêtres qui redoublent de férocité", tel que les imaginait Kateb Yacine. Et puis quel bonheur de voir les talents qui s’y expriment. Cela me rassure. Nous rassure. 

Dans une vieille discussion entre moi et Kamal, je lui ai dit en reprenant une parabole footballistique que le seul rôle que peut encore s’attribuer notre génération, c’est celui de passeur, pas celui du buteur.  Et que la pire des choses serait que notre génération transmette aux jeunes nos vieilles querelles. Ces jeunes qui s’expriment sur Radio Corona sont brillants, chaleureux, inventifs, … ils n’ont pas besoin des vieilles disputes. Ils ont un monde à créer et à faire. Radio Corona en fait indubitablement partie.

Liberté pour les détenus d’opinion !

Pour écouter la 50ème émission cliquez

 

Source : Maghreb Spirit

 

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