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Publié par Saoudi Abdelaziz

18 ans après leur signature par Bouteflika, cinq ans après une première promesse d’évaluation, l’exécutif algérien va-t-il enfin se décider à tourner la page de ces Accords qui bloquent l'économie algérienne et alimentent la prédation?

Selon un communiqué publié dimanche soir à l’issue d’un Conseil des ministres, le président Tebboune a chargé le ministre du Commerce Kamel Rezig de « procéder à une évaluation (...) du dossier sur l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) qui doit faire l’objet d’une attention particulière, faisant valoir nos intérêts pour des relations équilibrées ».

En juin 2015 déjà, ce sont deux ministres qui avaient été chargé d’égratigner médiatiquement les accords, ce qui avait fait écrire -avec optimisme-  à Badreddine Khris dans Liberté (1):  « Le gouvernement s’est rendu compte que l’accord d’association paraphé entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), entré en vigueur depuis dix ans, a été négocié au détriment de notre pays. L’Exécutif s’est résigné, en fait, à faire siennes les critiques acerbes mais objectives apportées à ce partenariat par des économistes depuis plus d’une décennie. »

En fait, le 1er mandat de Bouteflika a signé les accords et le 4ème mandat a continué tout en faisant le gros dos aux critiques.

Dans son site Algérie-éco, Nordine Grim (2) faisait le bilan en 2018 :

« Les entreprises algériennes furent immédiatement contraintes de prendre part à une compétition commerciale à laquelle elles n’étaient pas du tout préparées. La partie n’était évidemment pas facile pour elles et bon nombre d’entre elles furent, comme il fallait s’y attendre, torpillées par les sociétés européennes beaucoup mieux aguerries. Environ 50.000 entreprises algériennes disparurent ou se transformèrent en sociétés de négoce au bout de quelques années, faisant ainsi d’un pays dopé par les pétrodollars, le plus gros importateur du pourtour méditerranéen ».

En 2016 c’est un économiste français, Thomas Lagoarde-Segot, chercheur au CNRS (3) qui évaluait : « Il est frappant de constater, par exemple, que l’Algérie est un importateur net de produits agricoles et de textiles, malgré la part importante de ce secteur dans l’économie du pays et le savoir-faire national ! Et dans le même temps, l’accord d’association a permis aux entreprises européennes d’exporter davantage vers l’Algérie, ce qui implique, du point de vue algérien, une baisse de la consommation de biens produits par les entreprises nationales, et une perte de revenus tarifaires pour le gouvernement.

NOTES

 

(1) Ramtane Lamamra: “L’Algérie a donné plus qu’elle n’a reçu”

(2)Algérie Eco

(3)14 ans plus tard, le bilan négatif de l'accord d'association Algérie-Union européenne

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