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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Un Bouteflikisme en guenilles est entré en scène, écrit l’historien Hosni Kitouni, son démérite suprême et de manquer et de réalisme et d'argent pour combattre la plus magnifique des révolutions citoyennes. » Le journaliste Saïd Djaafer conclut son éditorial : « S’il reste encore un peu de raison qui n’a pas encore été étouffée par les pulsions sécuritaires et totalitaires, il faut l’annuler et vite ».

 

 

Verdict contre Drareni: à annuler vite s’il reste un peu de raison

Editorial

Par Saïd Djaafer, 10 août 2020

3 ans de prison ferme pour Khaled Drareni. Deux années de prison dont 4 mois ferme pour Samir Belarbi et Slimane Hamitouche. Même procès, même affaire, même chefs d’inculpations d’atteinte à « l’unité nationale » et « ‘appel à attroupement non armé » mais verdict différent. Il faut se féliciter que Samir Belarbi et Slimane Hamitouche vont retrouver les leurs. Il faut aussi les remercier d’avoir été, malgré eux, la preuve que c’est bien le « journaliste » et le métier de journalisme qui ont été, injustement, condamnés.

Il n’est plus possible d’aller contre l’évidence en faisant mine de se baser sur les accusations du parquet, de nier que Khaled Drareni a été arrêté, emprisonné et condamné pour avoir exercé librement son métier. La peine lourde qui lui est infligée témoigne du violent acharnement contre un brillant journaliste qui a refusé de se plier aux injonctions de se taire. Aucune lecture juridique ne peut expliquer que pour une même affaire et pour les mêmes charges, on ait un verdict différent.

La seule différence – et elle saute aux yeux – est que Khaled Drareni est journaliste. Les vraies charges contre Drareni ne figuraient pas dans l’acte d’accusation : « exercice libre du métier d’informer ». Son affaire est de ce fait exemplaire puisqu’on a vu des magistrats faire son procès à la télévision sans contradicteurs et même le chef d’Etat lui-même, le présenter, même sans le nommer, comme un quasi-espion.

Très suivi sur les réseaux sociaux, le travail hautement professionnel de Drareni, qui a couvert aussi bien le Hirak que les manifestations de soutien au pouvoir, a dérangé. Son refus de se plier aux injonctions de renoncer à son métier lui vaut ces persécutions que personne ne peut croire qu’elles expriment une véritable justice. Le pouvoir, car c’est de lui qu’il s’agit, au-delà des propos lénifiants du ministre de la communication sur l’éthique, vient d’envoyer un message particulièrement violent aux journalistes.

Dans « l’Algérie nouvelle », exercer librement le métier de journaliste relève désormais de l’impossible, l’article 50 de la Constitution qui apportait une certaine protection, ne s’applique plus. Cet article, rappelons-le, dispose notamment que « la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux d’information est garantie. Elle n’est restreinte par aucune forme de censure préalable ». Il dispose également que le délit « de presse ne peut être sanctionné par une peine privative de liberté ».

Ce verdict, s’il n’est pas retoqué en appel, est un signal, très dangereux, de repli autoritaire du régime et un signe de défiance à l’égard d’une société qui a exprimé, dans la diversité, un puissant appel au changement pacifique pour la mise en place d’un Etat de droit et un renouvellement du projet national. Le verdict contre Khaled Drareni est, en plus d’être profondément injuste, un très mauvais signal envoyé au pays. S’il reste encore un peu de raison qui n’a pas encore été étouffée par les pulsions sécuritaires et totalitaires, il faut l’annuler et vite.

24hdz.com

Danger !

Par Kitouni Hosni, 10 août 2010

La stratégie du pouvoir en place est de l’aventurisme politique visant à empêcher la formation d'un consensus par le bas. De quoi s’agit-il ?

Mesurant parfaitement et son impopularité et son illégitimité dans un contexte de crise multiforme exacerbée, il comprend combien sa marge de manœuvre est très étroite. Manquant de relais politiques et de forces sociales dynamiques sur lesquelles s’appuyer, il ne lui reste que les mesures populistes et la répression. Par les unes il espère gagner les couches pauvres, marginales de la population et par la répression, empêcher toute cristallisation d'une alternative de changement.

Dans son analyse, les couches moyennes ou le Hirak à très largement recruté doivent être laminées. Pour deux raisons : il ne peut ni satisfaire leurs besoins sociaux ni répondre à leurs attentes politiques et culturelles. D’où aussi le populisme actif auquel nous assistons.

Il ne faut pas se tromper : " La fameuse femme embrassant les pieds de son mari, les Fetwa télévisuelles, et autres sorties obscurantistes dont nous abreuvent les télévisions; les distributions de Coran, les indemnisations pour tout et rien, un Président s’occupant des délinquants incendiaires ou du manque d’eau le jour de l’aid; la mesure du doctorat pour tous; participent à fabriquer l’image d'un pouvoir proche des petites gens, s’occupant de son bien-être et réprimant les Riches et les salauds d’intellectuels vendus à l'étranger qui veulent détruire le pays.

Cette stratégie de bipolarisation recèle en elle un double danger : une fuite en avant incessante face à la crise aggravée par des mesures dépensières et inadéquates ; elle prive en coutre les Gouvernants de l’appui des forces les plus dynamiques de la société seules en mesure de porter des solutions innovantes. On vient ainsi combien est démagogique le discours de renouveau démenti avec des actions rétrogrades qui marginalisent les compétences.

Comment le pouvoir veut-il séduire nos talents à l’étranger et dans le même temps marginaliser ceux de l'intérieur ? la seule urgence qui semble le préoccuper est la neutralisation du Hirak, elle prépare le pays à des lendemains terribles.: La distribution de la rente et la répression sont deux moyens qui ne fonctionnent que si la rente travaille suffisamment fort pour rendre la répression inutile, cela suppose des ressources considérables, or c'est ce qui manque. Dans cette situation la politique de rente devient elle-même cause de mécontentement provoquant des réactions explosives.

Le risque c’est de voir alors surgir des formes de radicalisations totalement incontrôlables. Un Bouteflikisme en guenilles est entré en scène, son démérite suprême et de manquer et de réalisme et d'argent pour combattre la plus magnifique des révolutions citoyennes.

Source : Facebook

 

 

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