Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Le Professeur Jean-Paul Grangaud, est décédé hier à Alger à l’âge de 99 ans.

 

 

Pionnier de la santé publique de l’Algérie indépendante, il était notamment réputé pour son engagement dans la lutte contre les maladies infantiles. Lui et ses confrères avaient grandement contribué à l’amélioration de l’état de santé et de l’espérance de vie des Algériens, qui est passée de 40 ans à l’époque coloniale à 80 ans ces dernières années.

Le Pr Grangaud, naturalisé algérien dans les années 1970, n’a pas quitté l’Algérie au cours de la décennie noire, en compagnie de son épouse, une éminente statisticienne fortement branchée sur la situation de la femme et de l’enfant.

Il confiait alors à un journaliste français : «L’idée d’être au service de l’Algérie et de la choisir comme patrie m’est venue dès mon adhésion à la lutte pour la cause nationale, à l’âge de 24 ans, alors que j’étais médecin interne à l’hôpital d’El Kettar, et ce, après avoir tissé des liens avec les militants du Front de libération nationale (FLN), entre 1961 et 1962, période où j’approvisionnais les moudjahidine de La Casbah en médicaments».

 

Le Professeur Grangaud en 2013 :

« Le système de santé national a éclaté ».

 

C’était en novembre 2013, Les propositions du professeur Grangaud “Quel système de santé pour l’Algérie de demain” était le thème d’un forum au cours duquel il avait fait une communication résumée par Saïd Smati dans Liberté.

La part des ménages dans les dépenses de santé est aujourd’hui de l’ordre de 40%, alors qu’elles étaient dans les années 1970  de l’ordre de 10%. Invité à faire un état des lieux du système de santé national, le professeur J-P. Grangaud n’y est pas allé par quatre chemins pour dire que “ce système est éclaté”. 

Selon lui, il y a une grande carence en matière de communication entre les services des mêmes départements et qu’il n’y a pas d’inter-sectorialité.

En plus de la disparité dans la répartition de ressources humaines et matérielles qui induit l’inquiétude chez les usagers, le professeur explique que la disparition du secteur sanitaire a entraîné la perte de la notion du “bassin de population” et de ses besoins.

Même s’il met en évidence le fait que des progrès ont été faits, notamment dans la baisse des maladies infectieuses et le rallongement de l’espérance de vie, le professeur pointe du doigt l’absence de planification.

Concernant la formation et la recherche, il relève qu’elles ne sont pas suffisamment encadrées de façon réglementaire et n’entrent pas dans le cadre d’un plan de carrière des personnels qui bénéficient de cette formation.

D’ailleurs, il indiquera que le ratio de paramédicaux n’a pas changé depuis 1999 stagnant à 1 pour 346. J-P. Grangaud estime enfin qu’il est fondamental d’avoir un système d’information pour aider à la prise de décision.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article