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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ils exigeaient la « reconnaissance du Conseil syndical comme partenaire social à part entière »,

Par rédaction 24HAlgérie, 23 août 2020

196 travailleurs de Numilog, filiale spécialisée dans la logistique du groupe agro-alimentaire Cevital, ont été licenciés. En grève depuis plusieurs semaines, les employés exigeaient le respect du droit syndical, notamment la reconnaissance légale du Conseil syndical comme partenaire social.

Des travailleurs de Numilog observaient une grève cyclique de trois jours depuis début juillet 2020, en réaction au licenciement de trois employés. Selon les grévistes, Smail Abdallah, Aidal Brahim et Maafa Karim ont été « abusivement » licenciés pour avoir créé une section syndicale.

Dans une plateforme de revendications, transmise à l’Inspecteur régional du Travail, le Wali de Béjaïa, la section wilayale de l’UGTA et le directeur de l’agence de Béjaïa de Numilog SPA, ils exigeaient, outre la réintégration des trois employés susnommés, la « reconnaissance du Conseil syndical comme partenaire social à part entière », la mise en disposition d’un bureau pour la section syndicale et la levée des sanctions à l’encontre des travailleurs grévistes.

La plateforme exige également la révision de la grille des salaires des travailleurs, le paiement des heures supplémentaires, entre autres.

Le 15 juillet dernier, ils ont aussi observé un sit-in devant l’Inspection de travail, exigeant, à travers leurs slogans, le départ de son directeur suite « »au refus de l’inspection de remettre aux protestataires une copie du PV portant une mise en demeure contre la filiale du groupe Cevital », pour avoir refusé la création de ce syndicat, faisait savoir le Parti Socialiste des Travailleurs (PST).

Le bras de fer s’est poursuivi jusqu’au début août, avec une affaire en justice, lorsque la Direction générale de Numilog, basée à Alger, a notifié à 196 travailleurs leur licenciements. Une image d’une décision, rédigée le 11 août, paraphée le 13 par le Directeur général par intérim, Mme. Karima Mekbeul, a été publiée sur les réseaux sociaux. Les travailleurs se sont ainsi vus notifiés leur licenciement par voie postale, le 19 août nous apprend encore un des employés licenciés.

Selon le même document, les travailleurs ont été licenciés « sans indemnité ni préavis », pour avoir « participé à un arrêt de travail collectif et consulté en violant le dispositions législatives en vigueur en pareille matière ». La décision poursuit que l’autre motif de ces licenciements est « tout acte ou comportement qui causerait des dommages à l’intérêt de l’entreprise, à ses associés, à leur réputation ou à leur image ».

Le document ne précise toutefois pas quel est quel acte il s’agit

Nouredine Bouderba, militant syndicaliste, expert des questions sociales, à Maghreb Emergent, a estimé que cette décision de licenciement « a été prise en violation flagrante de la législation du travail. Numilog se donne le droit de se substituer à la justice en motivant les licenciements par l’attendu suivant : “vu le report de l’affaire en justice” au 25 août 2020. L’entreprise était dans l’obligation d’attendre la décision finale de la justice d’autant plus que les travailleurs concernés étaient sous le coup d’une suspension à titre conservatoire en attendant la décision de justice’’, note-t-il.

Il rajoute que la décision « ne définit nullement la faute qu’aurait éventuellement commise le travailleur sanctionné ». « Elle se limite à énumérer, en général, des dispositions du règlement intérieur sans mettre en évidence leur éventuel lien avec un acte qu’aurait pu commettre le travailleur ». Quant au premier motif, Nouredine Bouderba considère qu’il est « illégal et abusif ».

Plusieurs partis, dont le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), et des députés ont apporté leur soutien aux travailleurs.

Source : 24HAlgérie

 

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