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Publié par Saoudi Abdelaziz

C’est dans l’air du temps. Les employeurs ne veulent pas que les syndicats de salariés se mêlent des affaires sociales de l’entreprise. De l’autre côté-renouveau hirakien aidant- les salariés font de la résistance. Les travailleurs de l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB) effectuent aujourd’hui leur sixième jour de grève générale. Ils dénoncent la «rupture totale et définitive manifeste par le PDG envers le partenaire social … mépris envers les travailleurs et leur représentant légitime» Le chargement des hydrocarbures est cependant assuré.

Ils veulent le départ de leur Pdg qui n’en fait qu’à sa tête. Le Pdg ciblé, Kasmi Halim n’est pourtant à la tête de l’entreprise portuaire que depuis dix mois tandis que son prédécesseur, Benmhidi Réda, a tenu 15 mois. Il avait remplacé en août 2018 Djelloul Achour qui venait d’être promu Pdg de Serport, le groupe public qui coiffe notamment les activités de dix ports commerciaux.

Venu d’Alger assister le 3 juin 2020 à l’assemblée générale ordinaire (AGO) de l’entreprise du port de Bejaïa cet ancien de Béjaïa devenu PDG de Serport, Djelloul Achour, expliquait froidement à Younès Djama de TSA que le partenaire social n’a pas à être présent à l’AGO qui ne réunit que les actionnaires. On avait pourtant promis au syndicat qu’un représentant sera invité. « Les travailleurs ne sont pas requis du tout pour assister à l’Assemblée générale », précise le Pdg Achour.

Dès 2012, Slim Othmani, le président du think tank patronale Care interrogé par le journaliste Abdelkader Zahar, affirmait  : « Le code du travail est en inadéquation avec l’Algérie que l’on veut construire. Tel qu’il est aujourd’hui, il renferme des conditions qui ne sont pas en phase avec le savoir-faire syndical. Le code du travail m’oblige de présenter la stratégie future de l’entreprise à l’appréciation du syndicat. Je réfute cette disposition. »

A Béjaïa, le problème, c’est que lors de cette AGO de juin dont le partenaire social avait été exclu, ont été décidées les modalités de fixation de ce que chaque travailleur doit toucher au titre de la prime de bénéfice annuel. Avec une innovation de taille : le budget des œuvres sociales sera utilisé pour alimenter cette prime ! Fureur parmi les dockers.

Un mois plus tard, le syndicat de Béjaïa dénonce l’«instabilité de l’entreprise». En vrac : le «harcèlement fait par le PDG de nous obliger à signer une convention portant sur la contribution des œuvres sociales à la prime d’intéressement annuel», «prise de décisions engageant le devenir de la société sans avoir associé les représentants des travailleurs, à savoir le CP», «rupture totale et définitive manifeste par le PDG envers le partenaire social … mépris envers les travailleurs et leur représentant légitime».

Les travailleurs du Port de Béjaïa se sont adressés aux citoyens. « Nous informerons l'opinion publique que nous avons été contraints de le faire, et après avoir mené des procédures et depuis la fin de l'année dernière car nous écrivons à tout le monde, demandant, dénonçant et demandant de l'aide, mais on nous a fait des promesses, des tergiversations et des procrastinations. Nos revendications ne sont pas seulement professionnelles et sociales, mais aussi protectrice car nous voulons préserver l'institution portuaire et sa continuation dans la relance de l'économie nationale et locale car elle souffre de problèmes majeurs en termes de gestion accumulée depuis plusieurs années et nous avons vu qu'il faut intervenir, ou tôt ou tard le port aura des problèmes financiers et structurel majeurs et que Cela affectera les travailleurs et nos acquis, ainsi que la région et son économie.

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