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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Chawki Ammari, 13 juillet 2020. El Watan

Quelle est la différence entre le professeur Bekkat Berkani, membre du comité scientifique chargé du suivi de la pandémie, et le jeune Riad Soltani, membre de rien du tout ?

Ils sont tous les deux dans une cellule, le second a été arrêté pour avoir montré en vidéo la prise en charge lamentable de l’hôpital de Biskra, et le premier a critiqué la cellule dont il fait partie, lui demandant «de rendre des comptes», soulevant «les dysfonctionnements constatés sur le terrain par les professionnels de santé et l’absence de moyens de lutte fournis par l’Etat», avec ce cri venu du cœur : «Il est inadmissible que l’on manque d’oxygène, que l’on manque de moyens de protection, alors que nous avons passé des mois à dire que nous en recevons de la part de la Chine.

Où sont-ils ? Où sont les tests rapides ?» s’est-il demandé. Sauf que le professeur n’ira pas en prison, fort heureusement, tout comme le ministre de la Santé, malgré ses aveux sur «le problème d’incoordination dans l’approvisionnement des structures de santé en moyens de protection anti-Covid».

Le ministre Belhimer n’ayant rien dit ou était en train de manger, on comprend donc, en plus du fait qu’on va tous mourir, est que finalement seul le régime ou ceux qu’il a nommés ont le droit de se critiquer, pas les autres, qui seront soumis à l’éternelle question, interrogatoire, commissariat et cellule. Pourquoi ? Parce que le manque d’oxygène dont parlent les spécialistes se retrouve à plusieurs niveaux de l’Etat, qui par blocage cérébral se précipite pour tenter de réparer les drames diffusés par les lanceurs d’alerte mais envoie ensuite ces derniers en prison. «Il y a une faille quelque part», a encore affirmé le professeur Berkani, «que ce soit au niveau politico-administratif mais aussi au niveau sanitaire».

Il parlait bien sûr du suivi anti-Covid, alors qu’il y a une autre faille, médicale aussi, on ne peut pas infliger des blessures perpétuelles à une population pour l’accuser ensuite de refuser la coagulation.

Source : El Watan

 

 

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