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Publié par Saoudi Abdelaziz

S’appuyant sur les analyses des experts, Benjamin Barthe un des meilleurs observateurs de la vie politique dans le monde arabe, fait le point, le 27 juin 2020 dans le journal Le Monde sous le titre : « Embarras arabe sur le projet d’annexion d’Israël en Cisjordanie ». EXTRAITS.

« Le 12 juin, l’Ambassadeur des Emirats aux Etats­Unis, Youssef Al-Otaïba, a publié une tribune dans la presse israélienne, prévenant qu’une annexion « renversera à coup sûr et immédiatement les aspirations israéliennes à tisser des liens plus forts » avec le monde arabe. Dans les jours qui ont suivi la parution de cet article, le ministre d’Etat aux affaires étrangères émirati, Anouar Gargash, a tenu des propos beaucoup plus accommodants. « Puis­je avoir un désaccord avec Israël tout en construisant des ponts dans d’autres domaines de la relation ? Oui c’est possible », a­t­il déclaré. Jeudi 25 juin, illustration parfaite de ce discours, Benyamin Nétanyahou a annoncé la conclusion d’un accord entre des entreprises émiraties et israéliennes pour développer la recherche anti­Covid­19.

« La vérité crue, c’est que les Emirats sont fatigués de la cause palestinienne qui est, selon eux, bonne à jeter dans les poubelles de l’histoire, estime Theodore Karasik, du cabinet d’étude Gulf State Analytics, qui a longtemps résidé à Dubaï. Pour eux, l’alignement avec Israël est un choix stratégique. La nécessité de contrer l’intervention turque en Libye les renforce dans cette conviction.

L’Arabie saoudite partage cette position, même si elle le dit moins ouvertement. » Riyad, qui avait fait des déclarations fortes sur la question de Jérusalem, a observé jusque-là un relatif silence sur le dossier de l’annexion. Ni le roi ni son fils, le prince héritier Mohammed Ben Salman, n’ont pris publiquement position sur ce sujet, dépourvu du symbolisme religieux de Jérusalem. « Les dirigeants saoudiens ne veulent pas froisser Donald Trump, et ils sont très agacés que les Palestiniens n’aient pas proposé d’alternative à son plan », avance Hussein Ibish, analyste au Arab Gulf State Institute de Washington.

Quant à l’Egypte, l’autre capitale du Proche­Orient, elle s’est contentée pour l’instant, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Sameh Choukri, d’exprimer sa « préoccupation» face aux menées israéliennes. Une forme de service minimum diplomatique, suivi par d’autres pays arabes. Selon un journaliste israélien, le Qatar aurait menacé en cas d’annexion de suspendre son aide financière à la bande de Gaza, critique pour maintenir le calme dans ce territoire. Une possibilité évoquée dans une réunion de bailleurs de fonds, que Doha n’a pas confirmée.

« La Jordanie fait beaucoup de bruit, mais elle est relativement isolée, observe Theodore Karasik. Il y aura peut­être quelques troubles après l’annexion, mais le royaume s’y fera. »

Texte intégral : Le Monde.fr

 

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