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Publié par Saoudi Abdelaziz

24 juin 2020

On disait qu’il n’était pas humain, simple machine au service des puissants du moment, alliage de fer et de fiel capable de tout.

Il a pourtant demandé à assister à l’enterrement de son frère, par ailleurs son avocat, sans réaliser qu’il allait assister à son propre enterrement sous l’œil des caméras qui ne se sont pas privées de diffuser ces images d’un homme fini, vieilli, amaigri et menotté, les mêmes caméras qui l’encensaient il y a un an et demi. Pourquoi ce spectacle ? Parce que principalement, c’est à sa demande, cette même faveur que lui-même avait refusée à tant d’autres prisonniers économiques, comme lui lors de son passage au ministère de la Justice.

Evidemment, l’opération répondait à un double objectif, d’abord rappeler qu’il n’y a pas que des opposants en prison et que même les décideurs d’hier sont traités de la même façon. Surtout, prouver qu’Ouyahia est bien incarcéré, car nous sommes en Algérie, et les oligarques, ex-ministres ou généraux condamnés ne seraient pas en prison, mais quelque part dans une discrète villa dorée ou un paradis étranger, selon beaucoup de paranoïaques, les mêmes qui jurent que le coronavirus n’existe pas.

Le virus est hélas bien là et Ouyahia est heureusement en prison, son enterrement répondant par ailleurs à cet autre enterrement d’il y a trois ans, celui de Redha Malek, où Saïd Bouteflka prenait publiquement le parti de Haddad contre le Premier ministre de l’époque, Abdelmadjid Tebboune.

Ce dernier fut limogé pour être remplacé par Ouyahia et les deux responsables de son éviction sont aujourd’hui en prison. Y a-t-il une morale à cette histoire ? Une seule, l’Algérien(ne) a du cœur, malgré tout le mal qu’il pense d’Ouyahia, n’aime pas l’humiliation et dans une forme de syndrome de Stockholm, a condamné ce spectacle.

Peut-être pense-t-il qu’avec cette méchanceté infinie, ces stratagèmes morbides et cette rancune tenace qui règnent actuellement en haut lieu, c’est l’humiliation, voire l’enterrement du pays tout entier qui est à craindre.

Source : El Watan

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