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Publié par Saoudi Abdelaziz

"En tant que militant syndicaliste, je ne comprends pas jusqu’à présent pourquoi il y a des militants du Hirak emprisonnés pour avoir simplement été dans la rue, pour s’être exprimé différemment".

Par Adlène Badis, 28 mai 2020

«L’Algérie nouvelle est celle des libertés, celle qui rassemble, celle qui apaise les esprits», a estimé Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), déplorant certaines situations et difficultés actuelles.

«En tant que militant syndicaliste, je ne comprends pas jusqu’à présent pourquoi il y a des militants du Hirak emprisonnés pour avoir simplement été dans la rue, pour s’être exprimé différemment, pour n’avoir pas été dans le consensus», dira-t-il, estimant que «le débat démocratique, c’est écouter ce que dit l’autre, le débat contradictoire permet d’avancer et de trouver des solutions. On n’a pas su le faire, donc les conditions d’un débat autour de la Constitution ne sont pas réunies, ajouté aux contraintes sanitaires actuelles qui empêchent la réunion notamment pour un sujet très important pour l’avenir du pays».

Concernant la nouvelle Constitution en gestation, Merabet estime que la mouture préserve «les libertés, le droit syndical, le droit de grève et la protection des syndicalistes». Mais il déplorer le «verrouillage» au niveau des lois organiques et dans les textes d’application. «Le problème n’est pas dans la Constitution, mais dans l’élaboration des lois organiques. Il faudrait qu’on soit dans un autre état d’esprit, ce qui n’est pas encore le cas», souligne Merabet, qui considère que le débat sur la question reste difficile à cause notamment d’un environnement peu propice selon lui.

Pour étayer ses propos, le syndicaliste cite, entres autres, «la Confédération constituée par les organisations syndicales qui n’est toujours pas enregistrée», l’absence d’implantation des syndicats autonomes dans le secteur économique et l’inexistence d’organisations de travailleurs dans le secteur privé, «les contraintes qui persistent» pour tenir des réunions.

Pour le président du SNPSP, le mouvement syndical, les partis politiques et la société civile qui s’inscrivent dans «le combat pour un Etat de droit et une justice sociale» souffrent du «décalage entre le discours politique et la réalité du terrain». Il rappellera dans les faits les difficultés de l’action syndicale. «On est toujours subordonnés pour se réunir, pour organiser un congrès c’est au forceps. On existe pourtant depuis une trentaine d’années et il reste toujours difficile d’avoir l’accord de l’administration pour des activités», dira le syndicaliste, qui ajoute que «l’exercice syndical fait pourtant partie de la liberté d’expression, c’est une manière d’apprendre ensemble, de cohabiter, c’est un apprentissage que nous faisons dans les divergences et la préservation de ces libertés».

«C’est l’un des axes principaux au nom duquel le Hirak magnifique du peuple algérien a été dans la rue», fait-il souligner. Concernant la volonté de consacrer un Etat démocratique et social, il dira que la question se pose depuis 1962. «Le mouvement de contestation a ramené une ambition démocratique» qui attend sa concrétisation dans les faits. Les Algériens ont besoin de voir autre chose et de vivre une nouvelle ère pour «préserver la justice sociale et les libertés où seule la compétence prime».

 L’idéal pour Merabet, c’est d’associer toutes les forces vives pour la reconstruction et pour accompagner les mutations sociales, «on est aujourd’hui en décalage entre la réalité et le discours». Il déplorera par ailleurs le fait de ne pas avoir été associé en tant qu’organisation syndicale, représentant le corps médical, dans le plan d’action mis en place par les autorités pour lutter contre la pandémie.

«On ne comprend pas cela, nous avons fait pourtant des recommandations qui n’ont jamais été prises en considération» au niveau du ministère de la Santé. «Pour parler d’une nouvelle ère, il faut l’être dans les faits», appuie Mérabet.

Source : Le Soir d’Algérie

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