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Publié par Saoudi Abdelaziz

19 mai 2020

Beaucoup des membres de la famille médicale ont laissé des traces dans l'histoire du mouvement national, autant de témoignages de leur solidarité agissante avec leur peuple plongé dans la nuit coloniale.

Médecins, pharmaciens et autres membres de la famille, sont très nombreux à s'être engagés dans le combat d'émancipation de leur peuple, quoi que selon des approches différentes, parfois même dangereuses pour l'avenir de la nation, mais toujours avec l'intention généreuse de trouver le meilleur moyen d'alléger les souffrances de leur peuple et de lui redonner sa dignité.

Pour ceux qui nous ont quittés avant le déclenchement de la guerre de libération, les docteurs Bendjelloul, Benkhellil, Saadane sont parmi les plus représentatifs de leur génération ; pour ceux qui ont vécu le 1er Novembre 1954, leur intégration dans le courant de la Révolution a été l'aboutissement naturel de leur engagement.

Ainsi, le cas le plus typique est celui du pharmacien Ferhat Abbas, Président de l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA), parti modéré et réformateur, fondé au lendemain des douloureux et tragiques évènements du 8mai 1945 ; on l'a souvent évoqué pour le négationnisme de la Patrie algérienne qu'il lui arrivât d'exprimer, mais il sera membre du Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA), du Comité de Coordination et d'Exécution (CCE) du CNRA et premier Président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Son ami Ahmed Francis, lui aussi dirigeant de l'UDMA, sera membre du CNRA. Autre exemple, le Dr Djilali Benthami sera le représentant du GPRA auprès du Comité International de la Croix Rouge (CICR) à Genève.

Quant à ceux, généralement plus jeunes, qui dès le départ se sont engagés dans le mouvement indépendantiste du Parti du Peuple Algérien (PPA), leur trajectoire militante va se continuer de façon naturelle dans le FLN. Ainsi du pharmacien Benyoucef Benkhedda, ancien Secrétaire Général du Comité Central du Pari du Peuple Algérien/ Mouvement des Triomphes des Libertés démocratiques (PPA/MTLD), qui sera membre du CNRA, du CCE, ministre puis 2ème Président du GPRA ; du Dr Benaouda Benzerdjeb, ancien militant du PPA/MTLD, qui sera assassiné à Tlemcen en janvier 1956 ; du Dr Mohammed Lamine Debaghine, dirigeant du Bureau Politique (BP) du PPA , qui sera membre du CNRA, puis du CCE et Ministre des Affaires Etrangères du GPRA ; du Dr Chawki Mostefaï, membre du BP du PPA/MTLD, qui sera membre du Conseil de la Santé de l'ALN/FLN en Tunisie, ambassadeur du GPRA et délégué FLN de l'Exécutif Provisoire, organe d'administration de l'Algérie entre la date du cessez-le-feu, le 19 mars 1962 et la proclamation de l'indépendance le 3 juillet 1962 ; du chirurgien-dentiste Djamel Derdour, ancien député MTLD à l'assemblée nationale française, qui sera aussi membre du même Conseil de la Santé de l'ALN/FLN ; du Dr Néfissa Hammoud (épouse Mustapha Laliam), militante PPA/MTLD et Secrétaire Générale de l'Association des Femmes Musulmanes Algériennes (AFMA), et qui rejoindra le maquis en Wilaya III où elle sera arrêtée ; du pharmacien Mohammed Benteftifa, ancien militant PPA/MTLD, qui sera délégué FLN de l'Exécutif Provisoire ; des sages-femmes Mamia Aissa (épouse Abderrezak Chentouf) Présidente de l'AFMA, de Salima Belhaffaf (épouse Benyoucef Benkhedda) trésorière de l'AFMA, de Baya Nouari (épouse Salah Bouchoukine), de Kheira Bouayed (épouse Chawki Mostefai) membres de l'AFMA, et qui continueront à activer au sein du FLN à l'intérieur et à l'extérieur où elles sont chargées, notamment, d'animer la Commission Sociale du Conseil de Santé de l'ALN/FLN cité plus haut.

Il y a aussi, plus nombreux, militants connus ou non de partis politiques antérieurement au déclenchement de la guerre de libération, qui ont soigné les blessés de l'ALN dans leurs cabinets ou occasionnellement au maquis, fourni des médicaments à l'ALN, et ont apporté ou façon ou d'une autre leur généreuse contribution à la Révolution.

Certains d'entre eux seront arrêtés, torturés et condamnés comme par exemple le Dr Ahmed Aroua, des chirurgiens-dentistes Abdelkader Kalache, Sadek Cherif Saber.

D'autres tomberont en martyrs comme par exemple le Dr Slimane Asselah qui sera arrêté au retour d'une mission au maquis dans la Wilaya IV, torturé à mort et son corps jeté à la mer ; le Dr Smaïl Bouderba qui sera tué dans une embuscade au retour d'une mission au maquis dans la même Wilaya ;
Il y a enfin ceux qui ont rejoint le maquis et/ou servi l'ALN/FLN aux frontières marocaine et tunisienne.

Dans les maquis

Wilaya I : Dr Abdessalam Benbadis Tombé au Champ d'Honneur, TCH ;
Wilaya II : Dr Mohammed Toumi, après un séjour à la frontière tunisienne ;
Wilaya III : Drs: Ahmed Benabid ; Nefissa Hamoud arrêtée et condamnée ; Mustapha Laliam arrêté et condamné;
Wilaya IV : Dr Ali ait Idir, TCH
Wilaya V : Drs. Mourad Benchouk; Lakhdar Benseghir (pharmacien), arrêté et assassiné ; Abdelkader Tedjini Damardji TCH 1957, Youcef Damardji TCH Août 1958; Cherif Moulay Driss TCH 1957; Mohammed Moulay ;
Wilaya VI : Dr Chentir, mais en route, tombé gravement malade, évacué en Tunisie et réaffecté ultérieurement à la frontière malienne ; Dr Benosmane.

Aux frontières
Au Maroc
a) à demeure/ALN : Drs. Mohammed Allouache ; Benaissa Amir ; Barkat ; Mouloud Belaouane ; Mahfoud Benhabylès, Omar Boudjellab ; Abdessalam Haddam ; Boussaad Khati ; Hassan Lazreg ; Mme Micucci (épouse Abdelkarim Sahraoui) ; Nebïa ; Mohammed Ouhrani ; Mustapha Naït Seddik ; Ayèche Ziza.
b) En vacations : pratiquement tous les médecins installés dans les différentes villes du Maroc autres que Oujda : exemples : Drs. Benbarek ; Messaoud Bendib ; Boumédiène Bensmaîne ; Hadj Hamidou (qui sera délégué FLN à l'Exécutif Provisoire) ; Mourad Klouche ; Makaci ; Mohammed Tebbal et d'autres
c) Affectation spéciale : Dr Driss Guenniche, MALG.

En Tunisie

Généralement pris en charge dans les structures sanitaires tunisiennes, ils se consacraient plus spécialement mais pas exclusivement aux blessés et malades de l'ALN et de la population algérienne émigrée : Drs Mohammmed Abada ; Hassan Abdelwahab ; Janine Belkhodja ; Sadok Bendali ; Said Chibane ; Mokhtar Djoghri ; Mohammed Ferradi ; Braham Ghiat ; Tedjini Haddam ; Abdelkader Hassani ; Gana Illoul ; Kadi ; Rachid Maiza ; Mohammed Seghir Nekkache ; Hassan Oucharef ; Ali Okbi ; Mohammed Toumi, avant de rejoindre la Wilaya II en décembre1957.

En Tunisie fonctionnait également un Conseil de Santé ALN/FLN : initialement présidé par Mohammed Toumi et qui comprenait en outre : les Drs Djamel Derdour ; Frantz Fanon ; Tedjini Haddam ; Mohammed Seghir Nekkache ; Chawki Mostefai et Maître Fétoui.

Après la grève des étudiants du 19 mai 1956, beaucoup d'étudiants de la corporation médicale rejoindront le FLN et l'ALN.

Dans les maquis :
 Wilaya I : Mahmoud Atsaména ; Abdelmadjid Benghezal ;Hamou Bouchouareb
Wilaya II : A. Lamine Khène: 6/56, CNRA 8/57, GPRA 9/58 appelé à Tunis 3/59;

Wilaya III : Khellil Amrane TCH ; Rachid Belhocine TCH; Djamel Bensalem; Ahmed Bouderba; Abdelkader Boukhroufa, arrêté, rejoint la frontière marocaine après sa libération ; Abdelhalim Medjaoui ;
Wilaya IV : Yahia Farès TCH ; Mohammed Sami Hafiz TCH;Arezki Hermouche ; Youcef Khatib, colonel Hassan ; Rachid Nouar ;Djillali Rahmouni ; Mahfoud Smail-Dahlouk, blessé, arrêté ;
Wilaya V : Brahim Abbes ; TCH ; Sylvain Bret devenu Amine Zighoud ; Chérif Chérif TCH ; Omar Chiali ; Khaled Damardji. Bachir Gueddi TCH ; Hassani Issaâd, arrêté et assassiné le 5.03.58 ; Zoubida Ould-Kablia TCH le 19.09.58.

Aux frontières

Au Maroc
a) à demeure/ALN : Belkacem Bouchouka, Abdelkader boukhroufa, après son arrestation en wilaya III et sa libération ; Mohammed Feghoul ; Boudgghène-Stambouli.
b) affectation spéciale : Belaid Abdessalam, école des cadres, Radio : "La Voix de l'Algérie", délégué FLN de L’Exécutif Provisoire.

En Tunisie
Comme leurs aînés médecins, ils sont affectés dans les structures hospitalières tunisiennes : Arezki Azzi ; Abbes Boudraa ; Lakhdar Brahimi ; Akli Hamladji. A ces listes, on doit pouvoir ajouter les noms de ceux et celles qui ont activé dans les réseaux urbains du FLN en Algérie et/ou en France et en Europe en général. Le ministère des anciens moudjahidines doit en établir la liste. Pour le moment beaucoup d'omissions et je m'en excuse.

Cependant on peut citer à titre d'exemples seulement : Akli Aïssiou assassiné en Belgique et Nasredine Ait Mokhtar, adjoint du responsable militaire de la Fédération de France du FLN, chargé de l'armement en Europe ; à Alger, les étudiantes en pharmacie Hafsa Bisker (épouse Abdelkader Bentoumi) et Malika Mefti (épouse Lamine Khène) Secretaire Générale adjointe de l'AFMA, arrêtée et condamnée.

La grande famille médicale comprend aussi les infirmiers et infirmières, adjoints techniques de la santé, sages-femmes, qui ont contribué en ville ou dans le maquis.

Exemples : Rachid Bousdira TCH et Omar Makacher en Wilaya II ; Fadéla Mesli (épouse Mohammed Redjimi) élève-infirmière en wilaya IV ; adjoint technique de la santé et Sabeur Benzaama, élève adjoint technique de la santé en wilaya V. Ce à quoi il faut ajouter, à mon avis, tous ceux et toutes celles infirmiers et infirmières de l'ALN, qui malgré une formation succincte reçue dans des conditions difficiles, ont rendu grâce à leur dévouement et à leur courage, d'éminents services aux blessés et malades de l'ALN et à la population civile des zones interdites.

Pour clore, en dernier mais pas le moindre (last but not the least), hommage doit être rendu et reconnaissance exprimée à nos camarades et confrères et consœurs français qui ont soutenu la juste cause du peuple algérien au combat et opté pour le FLN.

Certains d'entre eux ont même prolongé leur engagement en devenant citoyens algériens à part entière : le cas de Sylvain Bret déjà cité et futur ambassadeur de l'Algérie à Cuba ; Frantz Fanon dont tout le monde connaît le combat anticolonialiste ; sa collègue Mme Micucci (épouse Abdelkarim Sahraoui) ; de Pierre Chaulet, arrêté, condamné et expulsé d'Algérie et qui a hébergé Ramdane Abane au plus fort de la bataille d'Alger ; les autres docteurs et étudiants en médecine, Jean Laribère assassiné par l'OAS en 1961 à Oran. Annette Roger ; Claude Stephanini de Saida, arrêté et condamné ; Masseboeuf de Constantine ; Jean-Pierre Gautray ; René Stopa ; Pierre Roche ; Pierre Colonna ; Les frères Gaby et Daniel Timsit, ce dernier arrêté et condamné ; Charles Geronimi ; Michel Martini et certainement beaucoup d'autres qui doivent être identifiés pour figurer dans la liste des justes.

De même hommage et reconnaissance sont dus à nos frères syriens qui ont servi dans l'ALN à la frontière tunisienne :

Noredine Attassi, Youcef Zaïen et Brahim Makhous respectivement futur Président, Chef de Gouvernement et Ministre des affaires étrangères, de la République syrienne, ainsi que leurs confrères Sannouh Attassi, cousin du précédent, Salah Essayed et Riad Bermada.(…)

Texte intégral : Page Facebook

 

*Lamine Khan. 1958-1960: secrétaire d'État à la jeunesse dans le premier GPRA. 1966-1970 : ministre des Travaux publics. 1973-1974 : secrétaire général de l'OPEP. 1975-1986 : président de l'ONUDI

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