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Publié par Saoudi Abdelaziz

Une vidéo sur la dégradation de la fresque street-art sur un mur du boulevard Ben Boulaïd est mise en circulation il y a quelques jours. Elle provoque l’émoi sur les réseaux, relayé immédiatement par le secrétaire d’État de la production artistique Salim Dada qui se rend sur les lieux. Il solennellement à l’arrestation de l’auteur de ce "crime crapuleux", risquant de « nous replonger dans la décennie noire ». Chose dite, chose faite,  le meneur, un certain Faycel Gueffaz est arrêté, et écroué.

Réaction rapide des autorités ? Le problème c'est que, la vidéo de la dégradation a été tournée il y a … 8 mois.  Pourquoi a-t-on décidé de l'exhumer aujourd’hui? La journaliste Malika Abdelaziz-Ziri propose des explications sur Facebook.

 

23 mai 2020

« Retour vidéo sur cette affaire de fresque dégradée à Alger-Centre (que j'ai benoîtement et je m'en excuse, fait circuler, sensible au texte de l'artiste qui le reprenait et faisait état des pressions auxquels son art l'exposait).

J'appris par la suite que la dégradation avait eu lieu il y a longtemps. 8 mois précise cette vidéo. Mais, ce n'est que ces derniers jours que les images ont circulé. Pas seulement sur Facebook mais en grande pompe, avec Secrétaire d'état à la Culture, APC d'Alger-Centre et ENTV.

Convoqué par la police, l'homme qui revendiquait--par deux vidéos emplies d'insultes vis à vis de ses détracteurs--la responsabilité des dégradations entreprises par des jeunes qui le suivaient, aurait été placé sous mandat de dépôt.

Un post a circulé--que j'ai fait suivre--, démentant que cet homme soit un "islamiste", comme l'ont immédiatement affirmé, dans les espaces francophones, les très nombreux partages et commentaires des dégradations. Il s'y affirmait que s'il était connu "par de nombreux jeunes" d'Alger, c'était plutôt comme rabatteur ramenant aux meetings pro Bouteflika des jeunes rémunérés.

La vidéo d'aujourd'hui raconte une machination tout à fait plausible, par des acteurs connus dont le Président de l'APC d'Alger-Centre, lequel rappelons-le tenta de pousser le Hirak à la violence contre la police et un personnage des plus troubles, nommé Bensedira. Il s'est beaucoup impliqué dans cette affaire de fresque. Dans une première vidéo du 19 mai, il taxait de "terroriste" l'auteur des dégradations et incitait les autorités et le procureur à intervenir contre lui. Dans un second il saluait chaleureusement l'intervention des responsables de l'APC et de la Culture...

Tout cela avec en toile de fond des propos récents censés alerter sur l'islamisme "radical", "le retour du" terrorisme dans les rues" et sans doute, en calculs, les vieilles ficelles des Services de sécurité. Faire peur, polariser les supposés extrêmes, pousser à l'affrontement... Diviser pour s'assurer la haute main sur les recompositions au sein du régime et mettre en échec la revendication populaire, la mobilisation du Hirak pour le démanteler et y mettre fin.

Source : Facebook

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