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Publié par Saoudi Abdelaziz

C’était une « plume » de La Tribune, le quotidien disparu en 2017, Noureddine Khelassi est devenu conseiller de son ancien confrère journaliste, Ammar Belhimer, le nouveau ministre de la Communication. Dans son intervention à la radio chaîne3, à l’occasion de la journée mondiale de la Liberté de la presse, Khelassi a donné quelques indications.

Syndicats

« La presse ne dispose pas d’associations ni d’éditeurs, ni de producteurs ni de journalistes à l’exception d’un syndicat, qui pour des circonstances précises, est réduit à une ou deux personnes » (Le SNJ, ndlr).

Télés privés

Offshore de droit étranger, « elles ont fonctionné dans la l’illégalité parfaite. Elles ont fonctionné en marge de la loi, dans le déni de la loi ou bien, dans le meilleur des cas, en contournant la loi. Là, il s’agit de domicilier le droit partout où il a été absent. On a accordé à ces télés, et c’est là où réside toute l’absurdité de la chose, une autorisation en qualité de représentation d’un bureau de presse établi en Algérie avec un plafonnement de la ressource humaine qui ne devait pas dépasser neuf personnes. Or, on a laissé s’épanouir des télévisions avec des effectifs qui vont bien au-delà de ce plafond. On leur a même permis de disposer de registre de commerce, donc de produire leur contenu éditorial sur le sol algérien, de produire leur chiffre d’affaires et de facturer, tout cela hors la loi. Le pouvoir de l’époque, avec ses différents démembrements, a cautionné cette situation absolument kafkaïenne » 

Publicité

« On a commencé par l’ANEP (l’agence publique de publicité, ndlr) parce que c’est là où le niveau de putréfaction a atteint des sommets hallucinants. L’ANEP n’a pas de direction commerciale, cela, c’est, à la limite, anecdotique. Cette entreprise, qui a plusieurs pôles d’activités, a été réduite à sa régie publicitaire. Autour de cette caisse, des réseaux transversaux mafieux se sont constitués au fil du temps, en organisant en amont et en aval des pompes aspiratrices de la rente en question grâce à un double jeu, un trafic sur les agréments attribués à des titres de la presse écrite et délivrés par le ministère de la Communication . On a attribué des agréments à des forces extrainformationnelles, un petit peu comme les forces extraconstitutionnelles, c’est à dire à des Issa’bat (bandes). Muni de l’agrément Monsieur X ou Madame Y s’allie avec une puissance de l’argent sale qui, elle, s’arrange pour faire jouer son carnet d’adresses et ses réseaux, faire intervenir des tiers d’influence, civils ou militaires, pour pouvoir capter une partie de cette rente. Des fortunes colossales se sont constituées au détriment de l’argent public », 

« Je peux donner un ordre de grandeur. Une page de pub insérée dans un journal donné n’obéit pas à un barème fixe. Les prix sont flexibles, cela varie d’un journal à un autre. Une page de pub en noir et blanc vaut 300.000 dinars. Des journaux ont bénéficié de cette manne publicitaire pendant de longues années, avec parfois des pics de 8 pages par jour pour des journaux privés. Il y a eu aussi un soutien généreux des titres publics, jusqu’à 16 pages sur 24. » »

POST SCRIPTUM

1000 milliards de centimes

Par Mohamed Balhi sur Facebook. 4 mai 2020

1000 milliards de centimes sont allés dans les poches de faux patrons de presse et prédateurs grâce à la manne publicitaire de l'Anep. Une partie de cet argent qui devait aider les vrais journaux a profité au patron du groupe Ennahar, et à l'oligarque Ali Haddad, propriétaire de Dzaier News et le Temps, tous deux aujourd'hui en prison. Alors que l'influent Ali Haddad investissait dans l'hôtellerie de luxe à Barcelone, ses journalistes étaient restés pendant plusieurs mois sans salaires. Les milliards de centimes, prenant d'autres destinations, ont été révélés par le nouveau Pdg de l'Anep, Larbi Ouenoughi. De quoi équiper des centaines d'hôpitaux en salles de soins intensifs sophistiquées.

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