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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par Sonia Lyes 24 Avril 2020

Le mois de ramadan, qui commence ce vendredi 24 avril, s’annonce très différent des précédents. La crise sanitaire du Covid-19 est passée par là et les Algériens, ainsi que de nombreux autres peuples musulmans, devront passer le mois sacré confinés chez eux.

Le confinement est décrété en Algérie depuis le mois de mars et il vient d’être reconduit jusqu’au 29 du mois en cours. Le gouvernement a annoncé hier un assouplissement des horaires du confinement. Pour Blida, le confinement total été levé, et remplacé par un couvre-feu de 14h00 à 07h00 du matin. Dans neuf autres wilayas dont Alger, le confinement s’étale de 17h00 à 07h00, au lieu de 15h00-07h00.

Les Algériens devront donc passer au moins une partie du ramadan sous le confinement. Comment le vivront-ils ? Sans doute qu’ils s’y adapteront, chacun à sa manière, comme ils l’ont fait depuis que cette mesure inédite est décrétée.

Le ramadan, au-delà de sa charge religieuse, est synonyme pour les Algériens de sorties en soirée et d’échange de visites familiales. Les soirées de ramadan, c’est pour beaucoup la prière des tarawih à la mosquée, suspendues comme le sont toutes les prières depuis quelques semaines, mais aussi de parties de dominos dans les cafés populaires pour d’autres, les sorties de shopping pour les femmes.

Cette année, il n’y aura rien de tout cela. Pour les habitants de certaines régions, le fait de passer les soirées de ramadan cloîtrés à la maison n’est pas tout à fait nouveau, puisqu’ils ont connu le couvre-feu dans les années 1990, pour des raisons sécuritaires.

De quoi rappeler quelques tristes souvenirs pour les plus âgés. A propos de tristesse, les pensées des Algériens pendant ce mois sacré iront aussi à tous ceux qui ont perdu un proche pendant l’épidémie, à ceux qui sont hospitalisés, aux familles démunies, aux travailleurs journaliers et du secteur informel durement affectés par la perte ou la réduction de leur revenu.

Les autorités ont pris de nombreuses initiatives afin d’atténuer les retombées de la crise pour les plus démunis, instituant notamment une prime de 10 000 dinars pour les familles impactées.

Avant même la crise sanitaire, le gouvernement avait décidé de remplacer le traditionnel couffin de ramadan remis aux familles démunies par un chèque de banque.

Il n’y a pas de doute que les citoyens, qui ont fait preuve d’une grande générosité avec notamment les habitants de Blida, soumis à un confinement total, sauront maintenir cet élan pendant le mois sacré.

D’habitude, la solidarité nationale pendant ce mois se traduisait notamment par l’organisation, quasiment dans toutes les villes, de repas collectifs gratuits au profit des démunis, des voyageurs et des travailleurs éloignés de leurs familles.

Mais à cause des mesures de distanciation sociale, les restaurants errahma n’ouvriront pas cette année. Les Algériens sont appelés à s’adapter et recourir à d’autres formes de solidarité, comme le versement des dons dans les comptes ouverts à cet effet par les autorités ou leur acheminement directement vers les nécessiteux dans leur entourage.

Néanmoins, il faut le dire, le ramadan de cette année survient dans un contexte difficile pour tout le monde, même les moins démunis. Dans un contexte de double crise, sanitaire et économique, les ministres de l’Agriculture et du Commerce viennent d’appeler les citoyens à « rationaliser leur consommation », pendant ce mois, tout en rassurant sur la disponibilité des produits.

beaucoup redoutent les effets du confinement et de la réduction de la mobilité et de l’activité économique sur l’approvisionnement du marché. Comme ils craignant la résurgence de la spéculation qui, en temps normal déjà, n’épargnait pas les produits les plus demandés pendant le ramadan. Tous ont néanmoins l’espoir que les autorités, qui ont pu juguler le phénomène pendant le confinement, feront montre de la même fermeté.

La bonne nouvelle, c’est la période pendant laquelle survient cette année le mois du jeûne. En plein printemps, avec des températures très douces, du moins pour ce début. L’année passée, les Algériens avaient dû passer une bonne partie du ramadan sous la canicule, tout en prenant part, pour beaucoup d’entre eux, aux marches hebdomadaires du hirak. Cette année, confinement oblige, le mouvement populaire marque une pause…

Source : TSA-Algérie

 

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