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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Abdelkrim Zerzouri, 25 avril 2020

A la veille de la célébration de la journée mondiale de la liberté d'expression, coïncidant avec la date du 3 mai, les attaques contre l'Algérie en matière de liberté de la presse, qu'on présente sous un aspect pas loin d'une dictature, se font de plus en plus « concertées».

Est-ce que cela augure d'accusations qu'on veut porter le plus loin possible avec le plus de dommages imaginables ou va-t-on se limiter au constat simple des dépassements ? L'avenir le dira, mais généralement on ne s'arrête pas en si bon chemin de la provocation de facteurs de tempête.

Primo, il y a lieu de se référer en cela au classement en matière de « liberté de la presse dans le monde en 2020 », rendu public le mardi 21 avril, où l'ONG Reporters sans frontières (RSF) a positionné l'Algérie à la 146e place, sur une échelle de 180 pays « notés » par cette organisation.

Secundo, il y a lieu de souligner que, le même jour, la France a appelé l'Algérie au respect de la liberté de la presse, par le biais du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Deux raccourcis qui tentent de discréditer l'Algérie devant l'opinion internationale, ainsi que d'autres réactions hostiles, sur le même registre, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qui se prêtent dans leur ensemble au jeu d'une campagne médiatique agressive bien orchestrée, ont provoqué une profonde indignation au sein des autorités algériennes.

Ainsi, après le porte-parole officiel de la présidence de la République, Mohand Oussaid Belaid, qui a mis en avant, le 21 avril dernier, les efforts consentis pour l'édification d'un Etat de droit et le soutien ferme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la liberté de la presse, c'est au tour du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, de réagir dans le même sens. Usant d'un ton des plus virulents contre RSF, ce dernier ne laissera rien au hasard pour déballer ses vérités et tenter de démonter cette thèse qui noircit l'image du pays. Relevant d'emblée que la liberté de la presse «n'est pas un alibi pour l'irresponsabilité individuelle», M. Ammar Belhimer affirme que la liberté de la presse en Algérie « n'a de limites que celles de l'éthique et du droit ». Sur les 8.000 journalistes que compte la profession qui «ne souffrent» pas d'ailleurs de conditions de travail et de liberté «rédhibitoires» par rapport à bien d'autres pays dans le monde, « on ne met en avant que trois ou quatre journalistes », rappelle-t-il dans ce contexte.

C'est vrai, mais n'aurait-on pas mieux fait qu'il n'y ait aucun journaliste martyrisé à mettre en avant comme alibi du non-respect de la liberté d'expression ? Peut-être, aussi, pour mieux se faire entendre sur le plan national et international qu'il faut laisser la corporation des journalistes, elle-même, s'exprimer sur le sujet du respect de la liberté de la presse. Car, quand la puissance publique y va seule dans cette bataille contre ceux qui accusent l'Algérie de pas respecter la liberté d'expression, cela ne peut que renforcer les suspicions.

Source : Le Quotidien d’Oran

 

Le ministre a affirmé que «l’état» soutient «puissamment» la liberté de la presse : Belhimer répond à RSF

Par Abdelghani Aichoun , 25 avril 2020. El Watan

«RSF, bien que ce soit une ONG, est un élément de la chaîne d’expression du soft power français à travers le monde», souligne le ministre de la Communication.

Le ministère de la Communication a réagi, jeudi, aux critiques que les autorités algériennes subissent, ces derniers jours, au sujet de la liberté de la presse, notamment de la part de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) qui suit de très près la situation en Algérie, épinglée d’ailleurs dans son dernier classement annuel, le pays ayant perdu cinq autres places, se retrouvant 146e, sur un ensemble de 180 pays classés.

Ainsi, après avoir affirmé que «l’Etat soutient puissamment la liberté de la presse qui n’a de limites que celles de l’éthique et du droit», le ministre indique que «pour certaines ONG rarement désintéressées et ayant pour profession de foi et pour métier la défense de la liberté de la presse, l’Algérie est curieusement le baromètre privilégié de leur surveillance du niveau de respect de cette liberté dans le monde».

«On n’y voit, et toujours avec l’effet de loupe et l’effet d’optique, que les insuffisances et les entraves objectives ou subjectives. Rarement, pour ne pas dire jamais, les facteurs favorables à son développement et son épanouissement», a-t-il affirmé, avant de rappeler toutes les «aides» accordées par l’Etat depuis «l’arrivée de la presse privée en 1990», comme, signale-t-il, la subvention à hauteur de 40% du prix du papier, la location de locaux à des prix symboliques mais surtout la publicité étatique.

Une «aide polymorphe de l’Etat», que «certaines ONG, comme l’organisation RSF française, ajoute-t-il, ne voient pas ou feignent d’ignorer». Pour lui, ce ne sont «que trois ou quatre journalistes qui sont mis en avant» et que «RSF défend inlassablement». Des journalistes, accuse-t-il sans pour autant avancer des noms, «qui se sont distingués en raison de leurs attaques acharnées contre les symboles de l’Etat algérien».

Poursuivant dans le même ordre, celui-ci affirme que «RSF, bien que ce soit une ONG, est un élément de la chaîne d’expression du soft power français à travers le monde».

Le ministre citera, par la suite, les différentes aides dont bénéficierait l’ONG de la part d’institutions, organismes et sociétés, françaises principalement, mais aussi européennes et américaines, dont, poursuit-il, «la NED, la fameuse National endowment for democracy, le cheval de Troie par excellence des révolutions colorées dans le monde, Maghreb et monde arabe en première ligne».

Allant plus loin dans ses critiques, le porte-parole du gouvernement dira que ce sont là «autant d’attaches qui ont permis à un fils et petit-fils de colon, qui ont fait couler le sang des Algériens dans la Mitidja, d’accéder à sa présidence, avant de terminer comme maire d’extrême-droite d’une commune française et agent d’influence d’une petite pétromonarchie», faisant certainement allusion à l’ancien secrétaire général de RSF, Robert Menard.

Si les rapports, entre RSF et les autorités algériennes n’ont jamais été au beau fixe, il est clair que les choses se sont compliquées davantage ces derniers temps. RSF a été très critique envers les autorités algériennes pour ce qui est du respect de la liberté de la presse, notamment après la mise en détention du journaliste Khaled Drareni, et les blocages des sites internet Maghreb Emergent, Radio M et Interlignes.

Le ministre réfute toute censure contre Interlignes Algérie, ce dernier réagit

Dans la foulée de sa réaction à RSF, le ministre de la Communication, Amar Belhimer, a affirmé, dans le même communiqué, que le site Interlignes n’a pas «été censuré ou bloqué». «Nous supposons qu’il a été stoppé volontairement par ses propriétaires, un acte présenté comme une censure afin de bénéficier de plus d’exposition médiatique, et ce, à quelques jours de la date du 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse», a-t-il déclaré à ce sujet.

Bien évidemment, cela a fait réagir l’équipe du site qui a rendu public un communiqué dans lequel Interlignes Algérie affirme qu’il a bel et bien été «censuré» et non «stoppé volontairement par ses propriétaires, parce que si c’était le cas, l’accès au site ne serait pas possible avec l’application VPN».

Pour le journaliste Bouzid Ichalalène, qui est à la tête de cette équipe, «la crédibilité et l’audimat d’Interlignes n’ont pas été achetés dans un marché», mais «acquis grâce au sacrifice de toute une équipe de jeunes journalistes soucieux du respect de l’éthique et la déontologie régissant ce noble métier».

Le site qui signale qu’il «n’attend aucune aide de l’ANEP», affirme qu’il n’a pas besoin d’user de tels procédés pour se faire connaître, car «deux ans seulement après sa création, l’audience dépasse largement celle de nombreux médias, plus anciens et qui disposent de moyens colossaux».

«La censure des médias et l’emprisonnement des journalistes risquent de noircir encore davantage l’image de notre pays, déjà en bas de l’échelle en matière de la liberté de la presse», a ajouté Interlignes Algérie. 

Source : El Watan

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