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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Durant les vingt ans de prédation que nous avons subie, qui a rejailli directement sur le système de santé, les dirigeants avaient décidé d’ignorer la population en allant se soigner à l’étranger. L’un des points positifs de cette crise, c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus possibilité d’aller à l’étranger. Il n’y a plus d’avion. S’ils tombent malades ils vont mourir ici avec nous ! Même avec une prise en charge, les hôpitaux étrangers ne l’accepteront plus. Ils vont faire confiance à nos médecins. Vous voyez quel point positif c’est ?"

 

Par Younès Djama, 31 Mars 2020

TSA: Le système de santé en Algérie est mis à rude épreuve par l’avènement de la crise du Covid-19. Quel est votre point de vue sur ce sujet ?

Pr Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) et président de la Société algérienne d’oncologie médicale.: Malgré la présence d’un personnel médical et paramédical tout à fait compétent et la disponibilité largement suffisante en termes de structures, les problèmes de dysfonctionnements sont dus à la centralisation excessive des décisions au niveau du ministère de la Santé et qui n’ont aucun rapport avec ce qui se passe sur le terrain.

Preuve en est, les décisions prises et qui ne riment strictement à rien. Il s’agit de faire des papiers et de ne pas s’occuper de la santé des citoyens ! Cette crise sanitaire a mis à nu les défaillances du système de santé et il faut lancer une réflexion en vue de revoir entièrement le système de santé algérien.

Quelles sont les principales réformes qu’il va falloir engager ?

La refonte du système de santé ne peut passer que par les professionnels de santé. Je ne parle pas de ceux qui sont dans les bureaux mais de ceux qui sont sur le terrain et qui vivent quotidiennement les problèmes, que ce soit dans les urgences, les maladies chroniques et le cancer, ou encore la crise actuelle du Covid-19.

Si on ne se fie pas à ce que font remonter les professionnels de santé, par exemple à Boufarik et à Blida, on va droit dans le mur. Il faut ‘’profiter’’ de cette crise du Covid-19 pour revoir notre système de santé, en mettant au milieu des centres de décision les professionnels de la santé qui sont sur le terrain, c’est-à-dire les médecins, les infirmiers, mais certainement pas les bureaucrates du ministère de la Santé.

À ce propos, cette crise sanitaire a mis en avant le rôle des professionnels de santé jusque-là marginalisés…

Durant les vingt ans de prédation que nous avons subie, qui a rejailli directement sur le système de santé, les dirigeants avaient décidé d’ignorer la population en allant se soigner à l’étranger. L’un des points positifs de cette crise, c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus possibilité d’aller à l’étranger. Il n’y a plus d’avion. S’ils tombent malades ils vont mourir ici avec nous ! Même avec une prise en charge, les hôpitaux étrangers ne l’accepteront plus. Ils vont faire confiance à nos médecins. Vous voyez quel point positif c’est ?

Comment évaluez-vous la gestion jusqu’à aujourd’hui de cette crise sanitaire induite par le Covid-19 ?

Pour le moment, le ministère de la Santé conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a pris les décisions qu’il faut. Il s’est entouré d’un conseil scientifique dans lequel il y a les compétences qu’il faut. Il y aura probablement des réajustements à faire en fonction de l’évolution de cette crise épidémiologique, ça va être fait et j’espère qu’on en sortira avec de nouveaux paramètres en premier lieu qu’aller se soigner en France ne vous éloignera de la mort.

Le Comité scientifique de suivi de l’évolution du Covid-19 a validé le protocole de traitement à la Chloroquine pour les malades atteints par le Coronavirus. Beaucoup de débat a accompagné ce traitement, quel est votre avis ?

Il y a lieu d’administrer la chloroquine non pas aux cas graves qui sont déjà en réanimation et ne peuvent pas avaler des comprimés, de mon point de vue il faut soigner avec ce traitement les malades qui ont des symptômes et qui sont porteurs du Covid-19, et aussi il faut soigner à titre préventif les personnes contacts. Me concernant, je suis pour la chloroquine en attendant qu’il y ait des vaccins. D’ici là, la Chloroquine et l’Azithromycine c’est le traitement de référence qu’on a d’ailleurs commencé notamment à El Kettar. Si à Dieu ne plaise j’attrape le Covid-10 je prendrais la Chloroquine et je m’en remettrais à Lui.

Parmi les personnes vulnérables aux complications du Covid-19 se trouvent les cancéreux.

Effectivement, les malades cancéreux sont parmi les plus exposés aux complications car du fait de la maladie et du traitement ils sont immunodéprimés. Maintenant, les personnes les plus exposées et pour qui on doit faire un dépistage en urgence ce sont les personnels soignants qui sont en première ligne face à la maladie du Covid-19. Les personnels de santé de manière générale sont prioritaires en termes de masques FFP2.

Comment est aujourd’hui la situation des malades cancéreux ?

L’état des lieux est aujourd’hui beaucoup plus favorable qu’il y a sept ou huit ans, notamment en matière de radiothérapie, puisqu’elle est présente un peu partout dans le pays. La chirurgie est tout à fait au point pour prendre en charge y compris pour les interventions très lourdes. Pour le traitement médicamenteux, on est toujours bloqués par la non-introduction des médicaments innovants qui sont enregistrés mais qui ne sont pas encore rentrés.

Source : TSA-Algérie

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