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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Le gouvernement veut conclure un accord donnant 3000 hectares à la société saoudienne « Almarai ». Le quotidien L'Expression révèle : "Le groupe, qui dispose de la plus grande ferme laitière au monde, veut calquer ce modèle en Algérie avec une ferme laitière de 20 000 vaches".

 

Cette  société appartient au Prince Sultan de la famille royale. Avec plus de 94.000 bovins, cette ferme qui produirait plus d'un milliard de litres de lait par an. est située dans le désert saoudien, où des milliers d'animaux sont rafraîchis par arrosage automatique.

 

Pour combien de temps encore...

Le secteur agricole de l'Arabie saoudite a en effet épuisé ses nappes aquifères intensivement pompées depuis les années 1980, lorsque le royaume avait décidé  recourir à d'énormes exploitations agricoles pour obtenir l'autosuffisance.

"Au début des années 2000, les dirigeants saoudiens réalisèrent leur erreur et le roi Abdallah annonça la fin du programme d’autosuffisance : les somptueuses subventions accordées aux producteurs de blé et d'autres cultures seraient progressivement supprimées. La seule solution aux problèmes de sécurité alimentaire du royaume, déclaraient les planificateurs saoudiens, était d'aller à la recherche de terres à l'étranger", écrit  Kieran Cooke

À la fin de l'année 2015, Riyad a annoncé que, en plus du blé, il supprimerait également les subventions su r la luzerne – une composante essentielle de l'alimentation du bétail en Arabie saoudite –, et ce dans les trois ans. D'où l'urgence pour Almirai de vendre son modèle ailleurs .

L'avis de deux spécialistes algériens

En février 2017, Omar Bessaoud, professeur d’économie agricole et rurale en Méditerranée au centre international des hautes études agronomique de Montpellier va au fond des choses : "Ce genre d’exploitations implique de grandes dépenses et consomme de grandes quantités d’eau, signale-t-il rappelant que des pays qui ont tenté cette expérience, tels que l’Arabie saoudite ou l’Egypte ont fini par abandonner. Une tonne de blé produit dans ce genre de fermes coûte plus de 1000 dollars, souligne-t-il. "C’est d’ailleurs ce qui a poussé l’Arabie saoudite à acheter des terrains dans d’autres pays pour y produire des produits agricoles à moindre coût", rappelle le Pr. Bessaoud. Selon lui, l’avenir est dans les fermes de petites tailles, puisque, signale-t-il, "80% de la production laitière algérienne est le fait de petits éleveurs qui ont entre cinq et dix vaches. De même que 70% de nos agriculteurs gèrent des fermes de moins de 10 hectares". C’est ce modèle qui fonctionne déjà assez bien qu’il faudrait développer, assure-t-il. Pr Omar Bessaoud : "Le modèle des grandes fermes sahariennes doit être abandonné",

Cette analyse converge avec celle de l'ingénieur agronome Aïssa Manseur .

"Durant les années 1980, l’Arabie Saoudite a opté pour ce modèle pour produire les céréales. Trois décennies durant, la production a été satisfaisante, l’autosuffisance en blé a été atteinte et des surplus de production ont été exportés durant plusieurs années vers des pays voisins. Mais cette performance n’a pas duré, puisque des baisses surprenantes et inquiétantes des niveaux des nappes d’eaux souterraines ont été décelées. Les cultures des céréales ont gravement épuisé les réserves souterraines d’eau, au point où la monarchie saoudienne s’est vue contrainte d’interdire définitivement cette culture." Comme mesure d’urgence, le pays a eu recours à l’importation pour subvenir à ses besoins en ces produits. Actuellement, l’Arabie Saoudite fait la conquête de terrains agricoles de pays tiers, des «terres porteuses» pour cultiver les céréales pour sa propre consommation. La Chine a opté également pour les mégafermes laitières, 56 mégafermes de 10 000 vaches ont été créées, mais avec les difficultés rencontrées, notamment dans la gestion des montagnes de fumier, des eaux usées et des déchets, les autorités chinoises changent d’approche et optent pour des fermes plus petites de 350 vaches, des fermes faciles à construire avec moins de ressources. «L’agrobusiness s’installe dans le Grand-Sud»

Des modèles algériens existent

Aïssa Manseur s'interroge: "Est-ce qu’il y a une autre alternative pour développer notre agriculture ? Evidemment. Il y a des modèles algériens qui ont réussi à enregistrer des résultats très encourageants, notamment dans les filières stratégiques dont l’importation exerce une pression négative sur la balance des paiements du commerce extérieur du pays. C’est le manque de stratégie et de vision des responsables du secteur qui entrave leur développement.

Des producteurs céréaliers locaux ont franchi le cap des 50 quintaux à l’hectare, d’où la naissance du club des 50 (ceux qui produisent 50 quintaux et plus à l’hectare de céréales), des chiffres qui avoisinent les résultats les plus performants. Dans l’élevage, des éleveurs de vaches laitières à Ghardaïa ont réalisé des pics de production du lait de 50 l/jour/vache, une performance meilleure que celle annoncée par les concepteurs des mégafermes laitières. Pourquoi ne pas encourager et accompagner ces deux modèles algériens au lieu de chercher les solutions ailleurs ?  «Nous n’avons pas besoin de l’agrobusiness pour assurer notre sécurité alimentaire»

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Nadir BOUMAZA 07/03/2020 22:34

Oui tout cela est juste et comme l'écrit Y. Telmlali , il faut arrêter de se scandaliser de tout et de rien" face aux islamo-capitalistes, aux affairistes installés depuis la préside nie de Chadli. Le Hirak est là qui le dit et le rappelle: ils doivent dégager tous (yetnahhaw ga3a ). Islamisme, néo-libéralisme, affairisme sont les mamelles de la composante algérienne droitière et affairiste du "système" à la "tchipa", au tbezniss, faite fortement de militaires mais aussi bureaucrates actuels et anciens et de la plupart des politiques qui ayant sucé la chose, ne veulent rien d'autre que le néo-libéralisme recouvert de prières massives du vendredi. Le hirak a marqué sa determination et ses constantes. Aux patriotes de l'armée et de l'administration de bousculer le système dont la puissance est aussi fragile que le pays aujourd'hui soumis à la chute des recettes pétrolières et tant mieux que cela. Oui l'Algérie doit renouveler ses ressources. Seule solution: moralisation, neutralisation des affaires,etc.