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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Par Younès Djama 19 Mars 2020. Tsa-Algérie

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Le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Dr Merabet Lyes, est de ceux qui appellent à l’instauration du dispositif dans les plus brefs délais. « Je pense qu’il faut aller rapidement vers le confinement total », réclame Dr Merabet dans une déclaration à TSA.

Pour lui, le plus grand défi pour notre pays est de réussir le plan d’action préventif qui, selon lui, comprend deux axes. Le premier consiste en le confinement général tout en mettant en place toutes les commodités et tous les moyens y compris la mobilisation des forces de sécurité pour réussir le confinement.

Le médecin préconise de commencer par un « confinement strict » dans le cas de la région de Blida et Boufarik, considérée comme zone endémique, et peut-être « envisager un confinement moins sévère pour les autres wilayas », à condition de circonscrire les déplacements.

« Je ne peux qu’associer ma voix à tous ceux et toutes celles qui appellent à l’instauration de ce confinement de manière stricte et obligatoire et le plus tôt possible. Aujourd’hui on recense des cas dans dix wilayas : au sud, à l’est, à l’ouest et au centre. Qu’est-ce qu’on attend ? Pourquoi tergiverser ? Le confinement est obligatoire pour casser la chaine de transmission tout simplement parce que le vecteur de transport du virus c’est l’être humain », tient à préciser Lyes Merabet.

Le président du SNPSP se montre toutefois sceptique en raison du manque de moyens. « Malheureusement, chez nous, il n’est pas possible de réussir le confinement comme en France, en Espagne ou en Italie, tout simplement parce que nous sommes très en retard en matière de développement notamment par rapport aux TIC et au e-paiement. Le plan d’action sanitaire ne dépend donc pas uniquement du seul secteur de la santé », relève le praticien.

Pour réussir le confinement, Dr Merabet exhorte l’Etat à mettre les « moyens » à disposition des citoyens, notamment Internet et le téléphone ainsi que des moyens financiers pour les couples qui sont obligés de travailler (praticiens de la santé, policiers, etc.) qu’il va falloir aussi rassurer par rapport à la garde de leurs enfants.

Confinement partiel

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Moins radical, le président du Conseil de l’Ordre des médecins libéraux, Dr Bekkat Berkani, plaide lui pour un confinement partiel. « Un confinement partiel pourrait être envisageable pour une région donnée, à condition qu’on mette en place un cordon sanitaire. Il faut faire confiance à ceux qui observent la situation. Je pense que du point de vue des chiffres des personnes atteintes, le confinement général n’est pas indiqué. Une région touchée comme Blida pourrait nécessiter un confinement partiel. Seulement, on doit s’assurer de l’étanchéité du dispositif de confinement partiel », estime Dr Bekkat qui relève que le confinement est « une décision importante et grave parce la situation nécessite que la population doit avoir tous les moyens nécessaires pour pouvoir rester chez elle ».

« Il faut que nous agissions en rangs organisés. Nous avons une autorité politique qui est responsable de la gestion de la situation sanitaire actuelle. Elle a en sa possession tous les moyens pour décider éventuellement de confiner les habitants dans leurs domiciles. Il faut s’assurer d’abord que le degré de contamination soit important », observe-t-il.

Le manque de moyens de protection est une problématique qui complique la tâche déjà difficile des professionnels de santé. Ainsi, Dr Lyes Merabet s’inquiète très sérieusement du manque de moyens de protection pour le personnel médical dans les hôpitaux, une situation qui, dit-il, s’installe dans la durée.

Des personnels de santé contaminés

Pour dénoncer le manque de moyens, les praticiens ont initié des actions de protestations symboliques, relève Dr Merabet. Le manque de moyens de protection n’est pas sans conséquence sur la santé de ces professionnels. Des cas confirmés de praticiens infectés par le coronavirus ont été recensés, en raison de leur contact avec des malades notamment à l’hôpital de Blida où l’on a recensé les cas d’une infirmière, d’un médecin réanimateur et d’un néphrologue, selon Lyes Merabet.

Les médecins libéraux ne sont pas en reste. « Les personnels de santé manquent de masques, de gels. Ils manquent de directives et d’organisation. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous sommes à la recherche des masques indispensables aux professionnels de santé », déplore Dr Bekkat Berkani.

« Les masques sont nécessaires et obligatoires pour les malades ou les malades suspects afin d’éviter de contaminer autrui. Dans chaque cabinet médical, il doit y avoir des masques à disposition pour être utilisés par le personnel soignant. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui, nous sommes toujours à la recherche des moyens de protection. Il faut absolument protéger le personnel de santé. S’ils tombent malades, l’Algérie est mal barrée », prévient-il.

Source : Tsa-Algérie

 

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