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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Yves Bourdillon, 12 février 2020. Les Echos.fr

Journaliste au service international aux "Echos"

Le nouveau Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, a présenté un plan d'action qui doit être voté jeudi au Parlement, censé proposer un nouveau contrat social au pays. Sur fond de situation financière fragile, il s'agit de démocratiser la vie politique pour tenir compte du Hirak, le mouvement de protestation de masse.

Repartir sur de toutes nouvelles bases. Le nouveau Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad , a présenté mardi le plan d'action du gouvernement, qui sera soumis au vote de l'Assemblée nationale ce jeudi. L'urgence est de relancer une économie fragilisée par sa dépendance aux hydrocarbures. Et largement tétanisée par les incertitudes politiques depuis le lancement, il y a exactement un an, du mouvement de contestation, le Hirak, qui a abouti à la chute en avril du président Abdelaziz Bouteflika .

Dérapage des comptes publics

Nommé le 28 décembre par un chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, en mal de légitimité pour cause de  boycott massif de la présidentielle du 12 décembre, le chef du gouvernement a reconnu combien la situation économique du pays est difficile. Dépendant presque entièrement de la rente du gaz, les comptes publics ont dérapé, au point que la dette publique a bondi à 45 % du PIB fin 2019, contre seulement 26 % il y a deux ans.

Le déficit des comptes extérieurs s'est aussi aggravé l'an dernier, pour atteindre 10 milliards de dollars et les réserves en devises de la banque centrale ont chuté à 62 milliards de dollars fin 2019, contre presque 100 milliards fin 2017. La dernière loi de finances prévoit qu'elles ne dépassent pas 52 milliards à la fin de cette année.

Des réformes institutionnelles

Abdelaziz Djerad n'a toutefois pas détaillé comment l'action du gouvernement contribuerait à redynamiser l'économie, préférant mettre l'accent sur le volet politique de ce « nouveau pacte pour une nouvelle Algérie ». Saluant sans réserves un fait souligné par la presse, le « sursaut populaire historique » du Hirak, il a promis une démocratisation de la vie politique et la reconstruction d'un Etat de droit  favorable notamment à l'investissement . En fustigeant au passage « l'héritage catastrophique » de l'ère Bouteflika durant vingt ans « et des pratiques autoritaires qui ont conduit au pillage et à la dilapidation des richesses du pays » ainsi qu'à la « destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d'accaparer ses biens ».

Promesses à mettre en musique

Afin de lutter contre « la corruption, le népotisme et la désinformation », le chef du gouvernement a promis une révision de la Constitution et des lois qui permettront « un exercice plein des droits et libertés » et garantiront notamment la liberté de réunion et de manifestation, une justice indépendante et moderne, une liberté de la presse et des médias et l'organisation de scrutins honnêtes.

Des promesses intéressantes, notait la presse algérienne qui rappelait toutefois qu'il reste à les mettre en musique. Un test important sera, après l'approbation probable du plan ce jeudi par les députés, la mobilisation -ou pas- du Hirak ce vendredi.

Source : Les Echos.fr

 

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