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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

Dans l'interview exclusive qu'il a accordé le 19 février au quotidien français Le Figaro, le président Tebboune a donné son avis, non sans franc parler, sur des sujets sensibles qui impliquent la France et l'Algérie.

 

 

La coopération économique

"L’Algérie est vue par ses partenaires comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l’importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l’argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple arrêter l’importation de kits automobiles. L’usine Renault qui est ici n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu’il n’y a aucune intégration, aucune sous-traitance?"

Le Sahel

 "Si on nous avait laissé faire, il y a longtemps que le problème malien aurait été réglé. L’Algérie n’a cessé de présenter des solutions aux Maliens depuis 1962. Ce sont des frères. Leurs problèmes sont nos problèmes. L’accord d’Alger était presque parfait. C’était la seule voie possible pour que le sud du Mali intègre le nord dans ses structures et institutions. Mais la France officielle a voulu régler le problème militairement. Nous nous sommes retirés et voyez ce qui se passe sur le terrain. Les solutions militaires n’ont jamais réglé les problèmes, bien au contraire, dans notre cas, ils compliquent les situations et servent d’appel d’air aux terroristes. Maintenant, il faut revenir à l’accord d’Alger. Quant au G5 Sahel, il n’a pas les capacités militaires pour lutter efficacement contre le terrorisme"
 

Le Libye

"Dès 2011, nous avons dit que ce n’est pas ainsi que l’on règle les problèmes. Si Kadhafi pose problème, c’est à ses citoyens de décider de son sort. Aujourd’hui il faut pousser les Libyens à dialoguer et à reconstruire leur État. Si nous sommes habilités par le Conseil de sécurité de l’ONU, nous sommes capables de ramener la paix rapidement en Libye, car l’Algérie est un médiateur sincère et crédible, accepté par toutes les tribus libyennes. Il ne faut pas faire des guerres par procuration, il faut s’engager à ne pas vendre des armes et cesser de faire venir des mercenaires… Nous, nous fournissons aux Libyens de la nourriture et des médicaments et non des armes pour s’entretuer. Si la désintégration de la Libye se poursuit, d’ici à un an, un an et demi, l’Europe et la Méditerranée auront une nouvelle Somalie à leurs frontières avec des conséquences certaines sur leur stabilité et leur sécurité. La chance actuelle de la Libye est que ses grandes tribus n’ont pas pris les armes. Elles sont toutes prêtes à venir en Algérie pour forger ensemble un avenir commun. Nous sommes les seuls à proposer des solutions saines et désintéressées. On ne nous laisse pas faire. "

Source : Le Figaro

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