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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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C'est comme pour le pays dans son ensemble, la gestion monarchique d'une entreprise en difficulté interdit dorénavant son redressement.

Elle interdit aussi toute discussion à visage découvert. Les travailleurs des imprimeries de Constantine coiffées par la SIE lancent l'alarme sur cette impasse, anonymement. C'est aussi sous le couvert de l'anonymat que le porte-parole de la  direction leur répond. La journaliste faisant pour l'occasion  office d'inspectrice du travail note : "Pour ce qui est des dépassements et des recrutements, il n’a donné aucun détail".

Société d’impression de l’Est à Constantine (SIE) :

Climat de tension entre les travailleurs et la direction

Par Yousra Salem, 16 février 2020

Après l’essor des nouvelles technologies et la prolifération des sites d’information, le secteur de la presse écrite connaît aujourd’hui un déclin considérable. Cette régression des dividendes ne s’est pas limitée à la vente des journaux, mais concerne en particulier les imprimeries, dont la Société d’impression de l’Est de Constantine (SIE). Selon des sources de l’entreprise, cette dernière «serait sur la voie de la faillite»

Certains travailleurs de la SIE nous ont affirmé que l’année 2019 était très dure pour l’entreprise, qui a enregistré, d’après leurs dires, un déficit d’environ 10 milliards de centimes. Un chiffre qui a suscité des inquiétudes et des interrogations sur leur avenir et celui de la société.

Des travailleurs interrogés n’ont pas manqué de soulever d’autres facteurs de ce net recul des rendements de la SIE. Ils ont estimé que la stratégie menée actuellement par l’administration pourrait être fatale pour la pérennité de la société. Plus explicites, nos interlocuteurs, qui ont requis l’anonymat, ont soutenu que les abus ont atteint un seuil alarmant au sein de l’entreprise. «Au début, tout allait bien. La situation a commencé à dégénérer lorsque le premier responsable de l’établissement a pris des mesures répressives à l’encontre du personnel qui ose contester une décision abusive ou dénoncer les dépassements», a avancé l’un d’eux. Et de poursuivre que la SIE a pris les allures d’une monarchie.

Des travailleurs soutiennent que le PDG a recruté plusieurs membres de sa famille et les a placés dans des postes importants, alors que certains d’entre eux n’ont même pas les qualifications requises. Ils citent même le directeur du PDG, ayant le diplôme de technicien, et qui a été désigné, selon eux, en tant que chef de service, alors que des ingénieurs plus expérimentés ont été écartés. «Le même responsable a recruté un autre membre de sa famille et l’a titularisé en 48 heures, sans passer par une période d’essai obligatoire», ajoutent nos sources.

Selon les employés, l’organigramme de l’entreprise n’a pas été établi pour permettre aux compétences d’émerger. D’ailleurs, ils ont avoué que la promotion verticale n’est jamais appliquée dans la SIE. Pareil pour les primes.

Les dénonciateurs avancent que certaines primes, comme celle de la permanence du soir, ont été accordées à des gens qui n’ont jamais assuré des tâches au-delà de 17h. «En plus de tout cela et dans le but de sauver la SIE, nous nous sommes orientés vers l’impression du livre, des dépliants et autres. Nous avons acquis un matériel performant pour 70 milliards de centimes.

Malheureusement, cette démarche n’a pas connu de suite. En 2019, l’entreprise a raté plusieurs marchés. Ces appareils n’ont pas fonctionné depuis plus d’une année.

Nous avons également demandé l’augmentation du prix de l’impression des journaux. Depuis 1999, le prix est maintenu à 6 DA l’exemplaire. Aujourd’hui, plusieurs journaux se vendent à 20 et à 30 DA.

Malheureusement, il n’y a pas eu de suite à notre demande», dira notre source. Cette dernière a ajouté que plusieurs dépassements ont été soulevés, à l’instar des surfacturations des produits de consommation. Malheureusement, les travailleurs interrogés avouent que les menaces sont devenues la devise courante de la direction face à toute forme de contestation.

La direction dément

Afin d’avoir la version de l’administration, nous avons pris contact avec le PDG de l’entreprise. Ce dernier nous a fourni des détails à condition de ne pas rendre public son nom. «D’abord je vous affirme que l’entreprise n’est pas défaillante. Le recul des recettes ne concerne pas uniquement la SIE, mais toute la presse écrite. Il s’agit d’un problème mondial.

D’autant plus, j’attire votre attention que nous imprimons le journal à 5,6 DA l’exemplaire depuis 1997. A l’époque, la tonne de papier coûtait 30 000 DA, puis elle est passée à 60 000 DA. Aujourd’hui, le prix de la tonne a augmenté à 104 000 DA, avec la stagnation du coût de l’impression», a-t-il répondu, avant d’inviter trois employés pour témoigner «que tout va bien dans la société».

Il a rejeté tout ce qui a été avancé par le premier groupe des travailleurs interrogés par nos soins. Il dira : «La SIE est l’une des entreprises qui paient bien ses salariés. Un simple employé de La SIE touche un salaire de 70 000 DA et une prime de bénéfice de 200 000 DA annuellement.

En plus, le climat social est très bon.» Ce responsable nous a montré le PV des comptes sociaux de l’année 2018 établi lors de l’AGO tenue en juin 2019. Dans ce PV, il est mentionné que les travailleurs ont touché une prime annuelle 100 000 DA pour l’exercice de 2018.

À ce moment, le chef du département maintenance nous a affirmé que le déclin a été effectivement enregistré l’année dernière. «Mais il s’agit d’un léger déclin, vu la situation économique de manière générale», reprend le PDG, en nous montrant des livres imprimés par la SIE.

Mais il n’a pas précisé en quelle année ils ont été reproduits. Pour ce qui est des dépassements et des recrutements, il n’a donné aucun détail. Il nous a orientés vers les trois employés invités à la salle de réunion. Ces derniers nous ont présenté «un certificat ISO» établi par des Allemands sur l’organigramme de l’entreprise.

Source : El Watan

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