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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le catastrophisme calculé de la Pdg de Renault. Photo DR

Le catastrophisme calculé de la Pdg de Renault. Photo DR

Le constructeur français a annoncé pour 2019 un recul de 3,4 % de ses ventes à l'échelle mondiale. Brandissant l'éventualité de fermer des usines, elle préconise "la mise en place d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans".

"La Marque au losange explique que cette baisse de performances s’explique en partie par une activité commerciale, mise en berne en Algérie qui, en compagnie de la Turquie et de l’Argentine, a hérité du bonnet d’âne dans ce secteur d’activité". C'est ce que les sources locales de Renault ont dit à Kheireddine Batache qui le rapporte ce matin dans Maghreb Emergent.

L'Algérie aurait donc coulé Renault?

C'est franchement fantaisiste, à moins de prendre les lecteurs algériens pour des demeurés. Notre pays n'est cité à aucun moment comme facteur principal dans les nombreux articles consacrés en France à la baisse des ventes évoquée par Clotilde Delbos la Pdg de la firme au losange. L'Usine nouvelle le journal économique français de référence rapporte la conférence de presse de la Pdg: "Côté ventes, Renault a pâti de son retrait du marché iranien et de ses difficultés sur le marché chinois, où il n’a écoulé que 180 000 voitures en 2019. "La Chine est une déception et a un impact majeur sur nos résultats", a considéré Clotilde Delbos.

Des difficultés qui pourraient se poursuivre en 2020. Renault prévoit un marché européen en contraction d’au moins 3 % pour l’année en cours, idem pour la Russie qui représente son deuxième débouché en termes de ventes. Seule source d’optimisme : le marché brésilien qui pourrait croître de 5 %.

Les vrais motivations de Renault

Ali Kaya, délégué CGT Renault Flins

Quant à l'éventuelle fermeture d'usines, les syndicalistes de Renault révèlent les motivations de la direction. "Ça me rappelle le chantage que Renault nous a fait il y a quelques années pour nous imposer un accord dit de compétitivité", se souvient Ali Kaya, délégué CGT à Flins, le principal site de Renault en France. il assène : "Ils nous ont littéralement volé des RTT – jusqu'à 18 jours pour le site de Flins, ils ont annoncé des samedis obligatoires, ils ont précarisé l'emploi sur nos sites."

Fabien Gache délégué CGT de l'ensemble des usines confirme cette duplicité : "Dire qu’on ne ferme pas d’usine ne garantit pas le maintien de l’emploi. C’est ce que Renault a fait depuis 2013 avec les accords de compétitivité : elle n’a pas fermé d’usine mais a supprimé 6 000 emplois, l’équivalent de trois usines."

La Pdg de Renault préconise "la mise en place d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans".

Cette fois, poursuit Ali Kaya, "on nous explique qu'il y a une perte de 141 millions d'euros mais dans le même temps ils viennent de verser 312 millions d'euros aux actionnaires au titre de cette année soit-disant catastrophique." Donc la situation de Renault n'est absolument pas catastrophique, ils ont de l'argent, les voitures se vendent, ils s'en mettent plein les poches mais nous il faut absolument qu'ils nous mettent la tête sous l'eau. Il n'en est pas question, on va se battre qu'on cette direction et leur rapacité",

Premier rendez-vous: ce lundi avec un préavis de grève de la CGT sur tous les sites français, pour une augmentation des salaires

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