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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Hakim Laâlam, 6 janvier 2019

39 ! Zut alors ! A un chiffre près, la…… bande aurait été au complet ! Et soudain, écran noir, ou presque. Ou pas encore.

Les chaînes offshores que l’on nous donnait en exemple de «professionnalisme», dont on nous vantait l’assomption fulgurante tant en moyens, en investissements qu’en brassage d’informations et de reportages de première main, «Pulitzerables» à souhait, calent soudain. Calent lamentablement. Comme sur la compo du premier gouvernement Djerad.

Plateaux miteux, blablateux et bandeaux défilant tristement avec cette seule mention : «Dans un instant, la conférence de presse du porte-parole du gouvernement qui devrait annoncer la liste de l’exécutif.» Et rien ! Rien de plus. Parce que le «robinet magique» a été fermé. Non pas une p’tite panne de professionnalisme, non pas non plus un coup de mou des «équipes de fins limiers» de ces TV, non ! Juste un robinet jusque-là ouvert large et déversant dans des gueules goulues, puis qui a été brutalement fermé.

Je dois bien l’avouer, ce retour au «tout-APS» est un brin jubilatoire à mes yeux. Non pas que je sois favorable à cette centralité brejnévienne. Mais juste pour mon plaisir tordu et pervers — je l’assume — de ressentir quelques jours et quelques semaines encore le désarroi des chaînes offshores et entendre d’ici le râle de leurs gorges soudain si sèches. Elles ont fait tant et tant de mal.

Souvenez-vous ! Souvenons-nous ! Dès que Saïd toussait, elles nous décrivaient en détail les couleurs de ses glaires. Dès qu’une cible était désignée par Saïd et sa si nombreuse cour, ces bras cathodiques s’en allaient voler des images d’artistes, de blogueurs et de contradicteurs au moment de leurs arrivées en fourgons au tribunal. Les dégommages, c’étaient elles. Les nominations, c’étaient elles. Les remaniements ministériels, c’étaient elles. Les scandales confectionnés en officines, c’étaient elles. Les vies à jamais brisées, c’étaient elles.

Alors, aujourd’hui, oui ! J’éprouve une profonde délectation à ce tarissement brutal des mamelles de la vache. Oh ! Je ne suis pas non plus naïf ! Je sais bien que les Caméras-Bouches qui tètent, dont la seule fonction est de sucer en se connectant au réseau central de redistribution de la rente trouveront bien à la longue un raccord, une quelconque réduction 20-27 ou de quelque autre filetage comme disent dans leur jargon les plombiers, pour revenir à la tétée, se rebrancher au «Réseau».

Ya Sidi, Maâlich ! Mais juste aujourd’hui, même un moment fut-il fugace, j’apprécie et je goûte pleinement cette panne. Cette si délicieuse panne ! Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

Source : Le Soir d'Algérie

Elle a souvent la primeur de l’information officielle:

Quand Ennahar devient le canal privilégié du système

Par Mustapha Benfodil, 11 septembre 2018.

Vous l’avez peut-être remarqué : il y a pas mal de «scoops» que distille régulièrement la chaîne Ennahar TV. Sauf que ces présumées «exclusivités» se cantonnent généralement à la sphère officielle : «instructions» du président Bouteflika, remaniements, limogeages, mouvements dans le corps des walis, des chefs de daïra, des magistrats, de la police, de l’armée…

Si bien que l’on a la nette impression que c’est l’agence de communication officielle du gouvernement. Curieusement, ces «primeurs» sont données à Ennahar avant même l’ENTV, l’ENRS et autres chaînes publiques ou encore l’APS ou El Moudjahid…

Dans une tribune mémorable postée sur sa page Facebook en août 2017 sous le titre : «Emeute au sommet de l’Etat», Noureddine Boukrouh s’interrogeait sur cette bizarrerie du paysage audiovisuel DZ en écrivant : «Les spécialistes de la communication moderne nous apprennent que celui qui détient l’information tient le pouvoir d’orienter les mouvements d’opinion, les idées et les convictions qui meuvent les hommes. Cette fonction d’information du public et d’orientation des esprits était, depuis l’indépendance, dévolue à l’APS et, dans le domaine de la télévision, à l’ENTV.

Au cours des deux dernières années, on a observé que cette mission a été progressivement transférée à la chaîne Ennahar TV qui, comme chacun sait, est, en vertu du statut insensé voulu par l’Etat pour les télévisions privées, une chaîne étrangère autorisée à activer en Algérie dans des limites excluant qu’elle puisse se substituer à la communication officielle. Or, c’est ce à quoi elle est parvenue. Sinon de droit, du moins de fait.»

Et de relever non sans étonnement : «Ennahar TV est devenue la source de toutes les sources, car ce qu’elle annonce dans ses news depuis deux ans se confirme généralement. Avant il y avait aussi Amar Saadani, mais l’agrément lui a été brusquement retiré et son canal fermé comme s’il n’avait jamais existé. Pourquoi cette chaîne de statut étranger a-t-elle pris la place de l’agence officielle de presse et de la chaîne publique de télévision ? C’est un des mystères de la communication de l’Etat sous le 4e mandat. Pourquoi la présidence de la République lui confie-t-elle l’exclusivité de ses fuites organisées, foucades et toquades ? Ça ne nous regarde pas, semble-t-il.»

Rappelons que cette observation teintée d’indignation de M. Boukrouh avait été attisée justement par des «fuites organisées» au bénéfice de ladite chaîne et à qui une «gorge profonde» avait soufflé le nom de Tebboune comme prochaine cible à abattre.

Agressivité éditoriale

Ce rôle assigné à la chaîne Ennahar TV comme «canal officieux» de l’information officielle qui ne s’assume pas, s’est encore vérifié récemment avec les annonces de nouveaux changements au sein de l’ANP. De fait, le 27 août dernier, Ennahar annonçait avant tout le monde le limogeage du général-major Ahcène Tafer, commandant en chef des forces terrestres, ainsi que du général-major Abderrazak Cherif, commandant en chef de la 4e région militaire.

En témoigne également le traitement de la bombe Kamel El Bouchi. La chaîne avait eu un certain nombre d’informations confidentielles clé en main sur ce dossier. Le 17 août dernier, elle a diffusé un sujet de 43 minutes sous le titre : «Kamel El Bouchi, el qadhiya elloughze (une affaire énigmatique)», où elle a retracé avec force précisions l’affaire de la prise des 701 kilos de cocaïne depuis l’embarquement de la cargaison au Brésil jusqu’à sa saisie au port d’Oran en transitant par Valence. Le doc d’Ennahar s’est également attardé sur les complices de Kamel Chikhi dans ses juteuses transactions immobilières. On y découvrait au passage la longue liste de cadres administratifs et autres magistrats (mentionnés par leurs initiales) qui ont touché des pots-de-vin des mains d’El Bouchi.

La chaîne s’est employée à détailler qui a pris quoi moyennant une infographie. Cela ne laisse aucun doute sur le fait qu’Ennahar a eu accès aux images enregistrées par les caméras de vidéosurveillance du magnat incriminé, et qui sont entre les mains des enquêteurs. Autant d’éléments qui renseignent sur le statut privilégié de cette chaîne dans le dispositif de communication du système Bouteflika. Et on peut comprendre pourquoi. D’abord, l’audience incontestée d’Ennahar. C’est une chaîne très regardée, aussi bien dans les foyers que dans les cafés, chez les coiffeurs, partout. Autre particularité : son agressivité éditoriale. C’est une chaîne qui cogne. Qui n’hésite pas à verser dans le «bashing» le plus outrancier, à faire le sale boulot quand il faut casser de l’opposant comme on l’a vu avec Benflis en 2014, à enfoncer un haut responsable déchu comme avec Tebboune et Saadani, dézinguer un mouvement citoyen ou tenter de décrédibiliser un mouvement social…

C’est comme si les décideurs sous-traitaient une partie de leur communication avec Ennahar en lui confiant tout ce qui est de l’ordre des «dirty tricks», les coups bas, laissant à l’ENTV et «consœurs» les fastidieux «messages de félicitation» adressés par Fakhamatouhou à son homologue Kim Jong-un à l’occasion de la Fête nationale de la Corée.

Source : El Watan

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