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Publié par Saoudi Abdelaziz

Port de Boudis.

Port de Boudis.

Cette situation est confirmée par des propos tenus par des spécialistes du secteur de la pêche. 

Par Amor Zouikri, 5 janvier 2019

Son prix ne descend plus à longueur d’année sous la barre des 500 DA le kilo. La sardine est devenu un produit de luxe, dont le prix est inabordable pour les petites bourses.

Après avoir été le plat du pauvre, il devient désormais un produit de luxe à Jijel comme ailleurs dans les autres régions du pays, où on crie au massacre d’une ressource qui se raréfie de jour en jour. Cette situation est confirmée par des propos tenus par des spécialistes du secteur de la pêche à Jijel, qui sont unanimes à décrire un état des lieux des plus calamiteux tout au long d’un littoral qui s’étend pourtant sur 1200 km. 

“Quand j’ouvre le poisson et je trouve des œufs dans son ventre, je m’effondre”, a pesté un intervenant lors d’une rencontre tenue récemment sur les projets de protection du Parc national de Taza et de son aire marine. Pour des initiés, la sardine n’est plus que rarement pêchée. “C’est de la latcha qu’on ramène dans les filets”, a-t-on asséné encore. Les cris d’alarme ne s’arrêtent pas là, puisqu’on énumère une multitube de facteurs qui ont conduit à cette situation. 

À commencer par la surpêche, la pollution des fonds marins, la pêche illégale, le déploiement de filets prohibés et bien d’autres facteurs qui font que le poisson soit de plus en plus rare. “Lors de ma dernière sortie en mer, je n’ai ramené qu’un demi-casier de poisson, y a rien, on ne trouve plus rien à pêcher”, s’est élevé un marin qui est intervenu pour donner son avis sur cette situation. “Depuis quatre mois, je n’ai pas goûté à la sardine”, a-t-il encore déploré. “À 700 DA le kilo, ce n’est pas son juste prix, vu les conditions de raréfaction du produit qui n’est plus disponible”, a lancé le même interlocuteur.

À la Chambre de la pêche, on déplore les mêmes conditions dans un secteur qui a sa part dans l’activité économique de la wilaya avec plus de 4000 marins recensés. “La Chambre forme actuellement 1200 autres pour les lancer dans cette activité”, a confié le président de cette chambre. “Mais que peut-on faire face à des embarcations clandestines de pêche qui ne sont même pas immatriculées et qui viennent nous bousculer dans notre activité ?”, s’est interrogé ce responsable. La pêche illégale est l’un de ces facteurs qu’on dénonce dans ce secteur. 

Et ce n’est pas encore fini, selon le même interlocuteur, qui parle d’un massacre du poisson dans la mer. “On pêche la raie de petite taille et on la jette sur place à la plage, c’est un massacre de cette espèce”, a-t-il déploré. “C’est ce qu’on fait aussi avec le mérou, dont la pêche est réglementée et qu’on pêche clandestinement pour l’envoyer en Italie. Cette pratique est l’œuvre de personnes qui viennent louer des appartements en été à Jijel”, a-t-il encore dénoncé. 

Tirant la sonnette d’alarme sur cette situation, notre interlocuteur a averti que les futures générations n’auront plus leur part de poisson. “Il faut que ces pratiques cessent pour assurer un renouvellement de la ressource”, a-t-il conclu, non sans estimer que la situation est alarmante à plus d’un titre dans ce secteur, avec des intervenants qui n’ont rien à voir avec la pêche, en plus des autres facteurs dus aux atteintes écologiques des fonds marins et des pratiques du non-respect de la taille du poisson pêché. 

Source : Liberté

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