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Publié par Saoudi Abdelaziz

 L’indécence des inégalités mondiales. Oxfam dénonce.

20 janvier 2020

A la veille de l’ouverture du Forum économique mondial de Davos, véritable symbole d’un système économique accaparé par une minorité ultra-privilégiée, Oxfam fait paraître son rapport annuel sur les inégalités mondiales, « Celles qui comptent ».

Quand l’ultra-richesse prospère au détriment des plus pauvres et des femmes

A travers son constat chiffré des écarts abyssaux de richesses, Oxfam dénonce un système économique injuste et sexiste, profitant en très grande partie à une infime minorité de riches hommes blancs, au détriment d’une très grande partie de la population, et en premier lieu des plus pauvres, des femmes et des filles.

Les chiffres de l’indécence : des inégalités mondiales hors de contrôle

Dans son nouveau rapport, Oxfam s’est attachée à calculer les inégalités mondiales pour mieux les dénoncer. Et les chiffres donnent le vertige, mettant en lumière un fossé abyssal entre une minorité d’ultra-riches et le reste de l’humanité. Les femmes et les filles sont les premières à payer le prix de ce système économique injuste et défaillant.

Des écarts de richesses qui donnent le vertige

Les chiffres que fait paraître Oxfam dans son rapport “Celles qui comptent” illustrent à eux-seul l’ampleur des inégalités mondiales :

La richesse des 1% les plus riches de la planète correspond à plus de fois la richesse de 90 % de la population mondiale, soit 6,9 milliards de personnes.

Les milliardaires du monde entier, qui sont aujourd’hui au nombre de 2 153, possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale.

Les deux tiers des milliardaires tirent leur richesse d’un héritage, d’une situation de monopole ou de népotisme.

Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale, soit près de 3,8 milliards de personnes, vit toujours avec moins de 5 dollars par jour. Le rythme de réduction de la pauvreté s’est ralenti de moitié depuis 2013.

L’accaparement des richesses mondiales par une minorité se fait au détriment des plus vulnérables, bien plus nombreuses et nombreux, qui se voient piégé-e-s dans la plus grande pauvreté.

Les femmes et les filles, grandes perdantes d’une économie injuste et sexiste

Dans son rapport, Oxfam met particulièrement en lumière les conséquences de ce système économique sur les femmes et les filles :

Dans le monde, les hommes détiennent 50 % de richesses en plus que les femmes.

Les femmes représentent les deux tiers des travailleurs dans le secteur du soin.

Les femmes assurent plus des trois quarts du travail domestique non-rémunéré. Ménage, cuisine, gestion du budget, soin des proches, collecte de bois et d’eau dans les pays du « Sud », la valeur monétaire de ce travail représente au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, en prenant en compte celui réalisé par les femmes de 15 ans et plus. C’est trois fois la valeur du secteur du numérique à l’échelle mondiale !

Dans le monde, 42 % des femmes ne peuvent pas avoir un travail rémunéré en raison de la charge trop importante du travail domestique et de soin qu’elles doivent porter chez elles.

Comment en est-on arrivé là ? Le choix d’une économie injuste et sexiste, qui profite à une minorité ultra-riche.

Cette crise des inégalités traduit la complicité des États et leur manque de volonté politique pour la combattre. Notre modèle économique défaillant a mis un pouvoir et une richesse considérable entre les mains d’une élite fortunée, notamment en exploitant le travail des plus pauvres, en première ligne desquels les femmes et les filles, et en violant leurs droits de façon systématique.

A travers le monde, cette crise des inégalités constituent le terreau de crises sociales, que l’on voit partout prendre le visage de grands mouvements citoyens. En France, avec les gilets jaunes, et aujourd’hui avec le plus long mouvement de grève sous la Ve République. Mais aussi au Liban, au Chili, en Equateur, en Algérie… partout, les citoyennes et les citoyens crient leur refus de l’injustice et de l’indécence.

Des choix politiques qui favorisent une minorité au détriment des services publics essentiels

Ces inégalités ne sont en rien une fatalité, mais bien le résultat de choix politiques. Elles sont la conséquence de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches, entreprises et particuliers, à l’effort de solidarité par l’impôt et qui fragilisent ainsi le financement de services publics essentiels.

Une économie sexiste

Derrière les inégalités économiques et de genre, Oxfam met en lumière la charge, lourde et inégale, du travail domestique et de soin assuré par les femmes et les filles. C’est un frein énorme à leur autonomie et cela a pour conséquence d’enfermer dans la pauvreté des millions de femmes qui n’ont plus de temps disponible pour avoir une activité rémunérée, se former, participer à la vie politique ou associative pour avoir voix au chapitre sur la façon dont nos sociétés fonctionnent.

Des discriminations sont également toujours à l’œuvre dans le milieu professionnel, avec une surreprésentation des femmes dans les secteurs les plus précaires, et les moins rémunérés, tels que l’éducation, la santé, le travail social, le nettoyage… Des métiers pourtant essentiels pour nos sociétés. Dans le monde, les deux tiers des postes dans le secteur du soin sont occupés par des femmes.(...)

Il est possible de lutter contre ces inégalités, en défendant une économie plus humaine au service de toutes et tous

Oxfam dénonce les inégalités mondiales car nous sommes convaincus qu’elles ne sont pas une fatalité. Elles peuvent donc être combattues, en faisant les choix qui s’imposent, de manière urgente au regard du constat actuel.

Source : Oxfam

 

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