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Publié par Saoudi Abdelaziz

18 janvier à Bouira, sur l'autoroute. Photo DR

18 janvier à Bouira, sur l'autoroute. Photo DR

Un excédent inattendus de 500 000 tonnes de pommes de terre d'arrière saison.

Avec 111 kilogrammes de pomme de terre par an, l’algérien consomme l’équivalent de trois fois la moyenne mondiale qui est de 31 kilogrammes. L’Algérie produit annuellement 47 millions de quintaux, la demande locale étant assurée par les producteurs locaux. Mais voilà, la désorganisation qui caractérise cette filière provoque un surplus à certaines périodes de l’année. D’importantes quantités que le marché ne peut absorber, ce qui a tendance à tirer les prix vers le bas. C’est justement le cas depuis quelques semaines. D’où la colère des producteurs.(1)

La production de la pomme de terre d’arrière-saison a dépassé les prévisions d’environ 20%. Les estimations tournaient autour de 1,5 million de tonnes alors que la production effective a été de 2 millions de tonnes. Conséquence : les prix ont fortement baissé, infligeant des pertes financières aux agriculteurs. Certains d’entre eux ont organisé, ces dernières 48 heures, des opérations coup-de-poing afin d’alerter les pouvoirs publics sur leur situation.

A Bouira et Ain Defla, des agriculteurs mécontents ont fermé des axes de l’autoroute Est-Ouest pour protester contre les pertes subies et réclamer des indemnisations de l’Etat. Les pouvoirs publics, et dans le but d’absorber le surplus, ont entrepris de mettre à la disposition des agriculteurs les chambres froides de l’entreprise publique, Entrepôts frigorifiques de la Méditerranée (Frigomedit) à titre gracieux. L’opération, lancée il y a un mois, aurait permis « d’absorber au moins 20 000 tonnes », à  Bouira, Ain Defla et El Oued(2).

L'intendance ne suit pas Tebboune

«La pomme de terre ne doit pas dépasser les 60 dinars (0,45 euro) le kilogramme, édictait le président Tebboune dans sa première déclaration publique le 22 décembre dernier. I ajoutait : c’est le maximum supportable (par le consommateur). Stockez les quantités qu’il faut et faites en sortir à chaque fois que l’exige le marché. Il faut que l’Algérien consomme de la pomme de terre à 60 DA, pas plus! Il est inacceptable de revenir à de la pomme de terre à 100 DA et 120 DA le kilogramme (0,75 et 0,90 euro)», lance Tebboune à un groupe d’agriculteurs.

Le chroniqueur Slimane Laouari écrit ce matin : "Alors, on s’est rappelé qu’il y a des choses, pourtant d’une autre ère géologique, auxquelles on n’a pas pensé. Ça s’appelle le stockage, la transformation et — éventuellement — l’exportation. Et c’est maintenant qu’on en parle. Le consommateur dans tout ça ? Il n’a rien vu venir en termes de prix, en dehors de la baisse, insignifiante, due à l’arrivée de la patate de saison. Du coup, lui revient l’histoire de la… neige et de la pluie, à ne pas confondre avec la pluie et le beau temps. Quand elles ne viennent pas, c’est la sécheresse. Quand elles sont là, ce sont les inondations et les isolements, des catastrophes, quoi ! Un dicton kabyle auto-flagellatoire résume la question : «Nous ne supportons ni la faim ni le rassasiement.»

 

 

(1) TSA-Algérie

(2) Sputniknews

(3) Le Soir d'Algérie

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