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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Depuis le 22 février, Jean Pierre Filiu, plus médiatique qu'historien creuse dans le filon du hirak, multipliant interview et éditant même un livre consacré aux promesses du mouvement populaire. Pour d'autres raisons, bien avant le hirak, l'état major de l'ANP "au nationalisme ombrageux" était déjà sa bête noire.

En octobre 2018, il écrivait sur son blog, sous le titre provocateur  Pourquoi l’Algérie protège le pire jihadiste du Sahel : "Hollande, appelé à l’aide par le gouvernement malien, déclenche l’opération Serval. Il obtient d’Abdelaziz Bouteflika l’ouverture de l’espace aérien de l’Algérie à l’armée de l’Air française, ainsi que la fermeture de la frontière avec le Mali, deux conditions essentielles pour le succès de Serval. C’est peu de dire que cet engagement sans précédent ne fait pas l’unanimité chez les généraux algériens, au nationalisme ombrageux.

La riposte jihadiste ne tarde d’ailleurs pas, avec  l’attaque du complexe pétrochimique d’In-Amenas, alors que jamais des installations liées aux hydrocarbures n’avaient été visées en deux décennies de terrorisme algérien.

L’armée reprend le contrôle du site, où 29 jihadistes et 40 otages entre leurs mains ont été tués. Le chef d’état-major, le général Gaid Salah, accuse ses rivaux du DRS de n’avoir pas su anticiper un tel désastre. Mais il met plus largement en cause l’abandon de souveraineté auquel aurait, à ses yeux, consenti Bouteflika envers la France."

Le 3 mars, pour son premier article après le déclenchement du Hirak (mais retiré de son blog aujourd'hui) Jean-Pierre Filiu analyse les rapports entre Bouteflika et l'ANP qui l'avait intronisé : "La crise éclate pourtant en janvier 2013, lorsque la hiérarchie militaire, menée par le général Gaid Salah, conteste le choix de Bouteflika de coopérer avec la France dans l’offensive anti-jihadiste au Mali." ("L’Algérie a le droit d’avoir enfin un vrai président".)

Le 12 mai 2019, l'historien français revient sur le sujet : "La France est donc contrainte de poursuivre sa campagne anti-jihadiste au Sahel dans une zone de plus en plus vaste et complexe ".

"Contrainte"? Comme pour d'autres régions du monde, comme en Syrie,  Jean-Pierre Filiu partage les options stratégiques militaires auxquelles la France est "contrainte", en y apportant son grain de sel et sa fantaisie.

Il poursuit : "Paris doit de surcroît supporter les multiples conséquences de la bienveillance des militaires algériens envers le chef du GSIM, Iyad Ag-Ghali. L’état-major algérien considère en effet que le calme à la frontière sud du pays doit primer sur toute autre considération, alors que la France appelle en vain à une mobilisation coordonnée contre les commandos jihadistes. Le chef d’état-major Gaid Salah, devenu le véritable homme fort de l’Algérie depuis la démission du président Bouteflika, est plus que jamais résolu à tenir cette ligne à la frontière avec le Mali." ( Le scénario du pire pour la France au Sahel)

28 janvier. On peut imaginer que dans son esprit le processus démocratique en cours conduira l'Algérie à intervenir au Sahel aux cotés de la très démocratique armée française. Soutenir les marcheurs ne suffit pas, il appelle carrément à la sédition aujourd'hui dans El Watan : "Entendons-nous bien, dit-il ce n’est pas toute «l’institution militaire» qui bloque à ce jour une transition démocratique digne de ce nom en Algérie, mais une poignée de généraux, hier menée par le chef d’état-major Gaïd Salah, aujourd’hui par son successeur Chengriha".

 

 

 

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