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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Nous appelons l’ensemble des dynamiques du mouvement populaire, la classe politique et les animateurs de la société civile pour œuvrer en faveur d’un congrès rassembleur à l’effet d’arrêter une feuille de route pour concrétiser toutes les revendications du Hirak ». C'est le dernier avatar de la "structuration par le haut". Il vient d'être lancé par quelques figures médiatiques connues, usées depuis avril dans des projets divers de rassemblement, et qui mettent aujourd'hui la barre très haut : un congrès!

Sans rapport avec cette proposition, Slimane Laouari évoque ce matin les mouvements de fond qui agitent le Hirak citoyen. Non sans désir de provocation, il conclut : "Dans la foule qui a accompagné Ahmed Gaïd Salah à sa dernière demeure, il n’y a pas que des Algériens intéressés, «cachiristes» ou en service commandé. Ils suggèrent qu’il faudra donc les écouter et dans la foulée, mettre fin à l’hégémonie qui commanderait le Hirak. Comment faire alors ? Structurer, débattre, clarifier la perspective ? Il n’y a peut-être pas de débat inutile."


Hirak : débat inutile ou impossible ?

Par Slimane Laouari, 29 décembre 2019

Cela fait déjà quelques mois qu’il a commencé à se faire entendre. Soutenant que le Hirak doit se donner une perspective socioéconomique, un groupe de fidèles manifestants dont le positionnement à gauche est expressément formulé était visible dans les marches et les réseaux sociaux.

Bravant certaines appréhensions, évidentes depuis le 22 février, il a fini par assurer sa présence en tant que tel, sans sérieux obstacle même si, d’une manière générale, la tendance est majoritairement aux revendications «généralistes» ou «de fond», selon l’option lexicale de chacun.

Ce n’est peut-être pas le premier «courant» à se distinguer ainsi, non pas pour se différencier, encore moins se démarquer de la masse des protestataires qui s’en tient à ce qui est considéré comme l’essentiel. Il y a eu les féministes et aussi ceux qui voulaient tout de suite installer le projet de société qu’on veut construire au cœur de la contestation. Tous ont remis ce vieux débat au goût du jour : se peut-il que des batailles aussi déterminantes et des enjeux aussi importants soient relégables au second plan parce qu’il y aurait plus décisif et plus rassembleur ?

On ne sait pas quel impact ses groupes ont eu sur le Hirak et dans quelles proportions ils se sont développés, de façon à peser sur l’évolution du mouvement populaire. Mais on sait qu’ils sont là, certains plus visibles et plus audibles que d’autres, il est vrai. Parmi eux, il y en a qui font plus que se faire entendre, ils contestent aussi une certaine «hégémonie» sur le mouvement populaire, en désignant parfois des «forces» invisibles mais selon eux évidentes, qui veulent mener le Hirak là où elles veulent. L’absence de leadership identifié et de structures indispensables au dialogue et à la confrontation des idées n’aide pas à éclairer les choses. On ne va pas refaire le débat là-dessus ? Peut-être bien que si.

Depuis les funérailles du chef d’état-major de l’armée, est apparu un autre «courant». On ne sait pas s’il est organisé en tant que tel ou il est le résultat d’une convergence fortuite mais on l’a entendu. Son discours est certes formulé de façon disparate par des personnes sans lien apparent mais il est perçu comme un groupe organisé du fait que ceux qui l’incarnent partagent l’essentiel de ce qu’ils ont exprimé jusque-là.

De cet «essentiel», on retient ceci d’abord et surtout : dans la foule qui a accompagné Ahmed Gaïd Salah à sa dernière demeure, il n’y a pas que des Algériens intéressés, «cachiristes» ou en service commandé. Ils suggèrent qu’il faudra donc les écouter et dans la foulée, mettre fin à l’hégémonie qui commanderait le Hirak. Comment faire alors ? Structurer, débattre, clarifier la perspective ? Il n’y a peut-être pas de débat inutile.
Source : Le Soir d'Algérie

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