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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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A Constantine, 31 enfants autistes dont l’âge ne dépasse pas les 13 ans ont été "libérés" par la gendarmerie. ils étaient parqués dans  un établissement privé pour des " prises en charge" de plusieurs jours, contre des sommes d’argent que les parents versent à une association fictive. Selon la gendarmerie ce “réseau criminel” sera poursuivi pour “torture, mauvais traitements sur mineurs et violence sur des enfants”. A Constantine, il existe en théorie un établissement public sensé prendre en charge cette catégorie d’enfants vulnérable.

Cette affaire coïncide avec la tenue d'une journée scientifique consacrée à l'autisme organisée par l’EHS d’Oued Aïssi à Tizi-Ouzou. La situation du pays quant à la prise en charge de l’autisme est caractérisée, selon un des participant, le professeur Madjid Tabti, par "un retard considérable, une maltraitance, un argent public gaspillé, une scolarisation précaire des enfants autistes, un diagnostic souvent impossible, des familles épuisées et menacées, des autistes adultes abandonnés et le recours à des pratiques grotesques et obscurantistes". 

“Le plan autisme n’existe que sur papier”

Des spécialistes en pédopsychiatrie l’ont déploré hier à Tizi Ouzou

Par Samir Leslous, 22 décembre 2019

Outre le manque de moyens, de structures de prise en charge, les spécialistes relèvent également une absence de stratégie, de vision, pour faire face à l’évolution des cas de ce trouble neuro-comportemental. 

Les spécialistes en psychiatrie et en pédopsychiatrie, qui ont pris part, hier, à la journée scientifique consacrée par l’EHS d’Oued Aïssi à l’autisme, étaient unanimes à considérer que l’autisme ne cesse de connaître une augmentation exponentielle en Algérie mais que, malgré les efforts fournis, sa prise en charge sur le terrain demeure insuffisante, et ce, malgré la mise en place d’un plan autisme en 2016.  

“La naissance du premier plan autisme en Algérie remonte à l’année 2016, mais c’est un plan qui n’existe, à vrai dire, que sur papier, alors que le nombre d’autistes est sans cesse croissant. Rien qu’à l’hôpital de Chéraga, nous avons enregistré 400 nouveaux cas en une seule année”, a souligné le professeur Madjid Tabti, chef du service pédopsychiatrie de l’hôpital psychiatrique de Chéraga, qui dressait un état des lieux et présentait les perspectives de prise en charge de l’autisme.

Outre la carence de moyens et de dispositifs mis en œuvre qu’il dit avoir relevée, le professeur Tabti a également déploré l’absence de toute étude épidémiologique concernant l’autisme. 

La situation du pays quant à la prise en charge de l’autisme est caractérisée, selon ce professeur, par un retard considérable, une maltraitance, un argent public gaspillé, une scolarisation précaire des enfants autistes, un diagnostic souvent impossible, des familles épuisées et menacées, des autistes adultes abandonnés et le recours à des pratiques grotesques et obscurantistes. 

En bref, “un drame national”, a-t-il considéré. Pour le professeur Tabti, l’autisme, ou le trouble du spectre de l’autisme, pour reprendre le jargon des psychiatres, est un problème de santé publique à enjeux psychiatrique, politique et économique, nécessitant un plan national spécifique. “Cela d’autant que la prise en charge d’un enfant autiste est un travail long, nécessitant, entre autres, des compétences, des dispositifs et outils propres de diagnostic et d’évaluation, ainsi qu’une coordination des différents intervenants autour de l’enfant”, a-t-il argumenté avant d’apporter ses éclairages sur l’autisme lui-même. 

“Il y a autant d’autistes que d’autismes, c’est pourquoi les termes trouble du spectre de l’autisme sont désormais utilisés pour rendre compte des diverses formes que peut prendre ce trouble”, a-t-il souligné avant de signaler certaines difficultés liées à l’autisme, telles que la complexité de ce trouble neuro-  comportemental, la difficulté de diagnostic chez l’enfant jeune, l’incertitude quant à son évolution et sa connotation très lourde et péjorative, car souvent marquée par la stigmatisation. Tout au long de sa communication, le Pr Tabti a souligné notamment que la prise en charge précoce des enfants de moins de 6 ans présentant des troubles neuro-comportementaux est une priorité. 

“Un dispositif de repérage des écarts inhabituels de développement doit être mis en place afin de permettre d’orienter ces enfants vers une plateforme de coordination qui doit être une occasion de proposer aux familles un parcours de soins sécurisés et fluides, tout en leur garantissant sa prise en charge”, a-t-il plaidé non sans s’étaler sur les signes d’alerte concernant l’atteinte d’un enfant par l’autisme. 

Source : Liberté

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