Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

  

Par Saoudi Abdelaziz, 3 décembre 2019

L'Algérie semble évoluer dans deux univers parallèles. Pendant que le mouvement citoyen polarise son énergie sur l'exigence de l'état de droit, l'exécutif intérimaire (gouvernement et chef d'Etat) fait passer, en appui sur un parlement à son service, des mesures et des lois d'inspiration néolibérale, parfois stratégiques.

 

L'annonce de ces "mesures" s'accélère au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'élection présidentielle sensé mettre fin aux instances intérimaires. Hier le ministre de la santé a annoncé la privatisation de certains services publics.

Les états majors de l'opposition ne veulent pas perdre leur temps à contester ces mesures dont ils ne reconnaissent pas la légitimité, car disent-il les orientations économiques et sociales seront adoptées après l'instauration de l'état de droit, selon la procédure qu'ils proposent de "la période de transition". On peut aussi supposer que certains secteurs néolibéraux de l'opposition veulent éviter le débat car sur le fond ils n'y sont pas opposés. Quant au général Gaïd Salah, il répète que les institutions de l'Etat ont "toute sa confiance"...

L'odeur du gaz

Les univers parallèles du hirak et du gouvernement se sont malgré tout momentanément heurtés lors du vote de la loi sur les hydrocarbure, lorsque le mouvement populaire a surpris en manifestant, le temps d'un vendredi ou deux, son opposition à ces modifications.

Le hirak semble avoir senti l'odeur du gaz de schiste derrière cette loi.

Cela n'empêche pas le pouvoir d'enfoncer la brèche du gaz non conventionnel qui est la principale finalité de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

« Nous avons engagé deux projets pilotes afin d’évaluer la productibilité des sites (de gaz de schiste, ndlr) et nous en évaluons actuellement les résultats». Cette annonce a été faite le 2 décembre par Kamel Eddine Chikhi, Pdg de Sonatrach, poste auquel il a été nommé deux semaines auparavant par le chef de l'Etat par intérim le 14 novembre.

Le même jour était adopté la nouvelle loi sur les hydrocarbure que le nouveau Pdg a immédiatement salué car elle vient « à point nommé insuffler une nouvelle dynamique en matière de recherche et d’exploration et libérer l’initiative en matière de partenariat, et ce afin d’attirer les capitaux nécessaires au développement de notre industrie pétrolière ».

Le nouveau Pdg avait été nommé en 2018 au département des "partenariats internationaux" de Sonatrach par le pdg Ould Kaddour qui déclarait alors: “L’objectif est de produire 20 milliards de m3/an de gaz de schiste à l’horizon 2025. ". Fort du soutien de Bouteflika et des multinationales il ajoute : "On y arrivera. On y arrivera plus rapidement que vous ne le pensez. Tout le monde s’y intéresse. Tous les partenaires que nous avons ne rêvent que de venir et qu’on leur ouvre les portes et qu’on commence”.

Kamel Eddine Chikhi n'est pas un inconnu, il fait partie de l'histoire du mouvement populaire. Pas encore Pdg, c'est lui qui le 6 juin 2012 avait annoncé depuis Kuala Lumpur : «Nous venons d’entamer le forage du premier puits de gaz de schiste en Algérie, appelé Ahnet 1", situé au sud de In Salah.

Ce premier forage déclenchera on le sait à partir de In Salah le grand mouvement citoyen anti-gaz de schiste qui contribuera au recul du pouvoir.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article