Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Tension entre partisans et opposants de l’élection : Des appels à la « sagesse » pour éviter l’affrontement

Par Meriem Kaci, 18 novembre 2019

L’ambiance tendue, qui a marqué hier les sorties de candidats à la présidentielle, au premier jour de la campagne électorale, n’a pas laissé indifférents des avocats, universitaires et internautes anonymes qui appellent à la « sagesse » et à la « retenue » afin d’éviter des affrontements aux lourdes conséquences.

S’exprimant via les réseaux sociaux, ces voix appellent, en effet, à la retenue dans un contexte très particulier pour ne pas sombrer dans un antagonisme destructeur qui pourrait dégénérer à tout moment.

« Il faut éviter toute confrontation avec les partisans de l’élection présidentielle. Notre combat est noble, continuons dans la silmya. Ne leurs donnons pas l’occasion qu’ils attendent pour nuire à notre révolution. Nous gagnerons malgré eux et ils ne pourront jamais légitimer le vote ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays», écrit une internaute, partisane du mouvement populaire. Cette dernière plaide, cependant, pour des formes pacifiques de rejet de la présidentielle.

« Persécuter les partisans de la présidentielle risque de nous mener inéluctablement à une confrontation qu’on doit éviter. A nous le Hirak, à eux leur position. Préservons les marches pacifiques», écrit un autre pour qui le respect de l’autre et de ses positions « est primordial pour la refonte d’un Etat de droit».

Des post facebook avertissent quant à un risque de glissement du Hirak vers la violence dans le sillage des rixes qui mettent en opposition les partisans du scrutin du 12 décembre et ses opposants. Ces internautes dénoncent par ailleurs l’interdiction des marches et des rassemblements ainsi que les restrictions imposées aux médias. Ces appels interviennent suite au constat attestant d’un bras de fer dans l’air depuis au moins la semaine écoulée, où les partisans et les opposants de la présidentielle se sont confrontés dans quelques wilayas du pays et qui se sont soldés par l’interpellation par les forces de l’ordre de dizaines d’opposants au scrutin prochain.

Pour exemple, jeudi dernier, à Constantine, quelques personnes ont organisé une marche pour exprimer leur adhésion à la tenue de l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre prochain. Les marcheurs ont été vite pris à partie par les opposants à l’option du scrutin présidentiel. A Oran, une vingtaine de personnes hostiles à l’élection présidentielle ont été durement interpellées, samedi, alors qu’ils chahutaient une manifestation organisée par les partisans du pouvoir. Les citoyens impliqués dans le Hirak se sont vite rassemblés pour empêcher la marche des pro-élections en les huant et en lançant d’autres slogans, entonnés lors des marches hebdomadaires des vendredis et du Hirak estudiantin le mardi, ce qui s’est soldé par des arrestations dans les rangs des opposants au scrutin présidentiel.

Source : Reporters-dz

SILMYA

Par Amin Khan, écrivain, 17 novembre 2019

1.    A mesure que la révolution populaire pacifique avance, les provocations du régime se multiplient. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire à son succès que la révolution, comme depuis 9 mois, reste totalement pacifique, et donc s’abstienne de répondre à ces nouvelles provocations.

2.    En l’occurrence, le peuple ne doit pas se laisser emporter par le dégoût et l’énervement qu’il peut éprouver face aux «manifestations populaires» des partisans du régime à l’occasion de la «campagne pour les élections du 12 décembre». Il doit éviter de se laisser entraîner dans des frictions ou des affrontements avec ces petits groupes de concitoyens amenés par bus vers une ville ou l’autre pour crier quelques slogans hors de propos et se faire filmer par les télévisions «publiques» ou privées qui diffuseront force images et commentaires décalés à un public qui, dès le début du mouvement, a rejeté et rejette définitivement la tenue des élections sous le régime actuel. 

3.    Aux conditions du régime, les élections ne pourront pas se tenir. C’est bien pour cela que le mouvement populaire ne doit pas se laisser détourner de sa stratégie. Il doit, en toutes circonstances, demeurer pacifique. Il doit continuer à se renforcer et à marquer sa présence dans l’espace public, par le nombre, par la maîtrise de soi, par l’invention de formes renouvelées de son action politique, jusqu’à imposer sa volonté.

4.    C’est-à-dire, (1) le report de ces élections, porteuses de grands risques pour le pays, et qui, dans le meilleur des cas, n’aboutiront qu’à l’aggravation de la crise et à la radicalisation des positions des uns et des autres, et (2) l’organisation, enfin, de la transition démocratique, qui permettra notamment de créer les conditions pour la tenue d’élections légitimes. 

5.    Tous les Algériens responsables devraient savoir que seules des élections légitimes, non seulement permettront de résoudre la crise actuelle, mais aussi, et surtout, permettront de créer le socle politique nécessaire à l’action du redressement vital du pays.

Source : Blog HuffPost

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article