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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au Sénat, on fait de la résistance contre la levée de l'immunité de certains parlementaires impliqués dans des "affaires". Kissari Mahmoud sénateur FLN explique ainsi dans TSA ce regain de combativité : " la position des élus a vite changé à la suite du communiqué du syndicat des magistrats dans lequel ils disent que les magistrats subissent des pressions de la part du pouvoir exécutif ».

La cible semble être le garde des Sceaux  Belkacem Zeghmati qui paraît décidé à poursuivre une campagne mains propres fortement approuvée par le Hirak. Présenté le 13 octobre dernier en Conseil des ministres son projet amendement au Code de Procédure pénale veut annuler la condition de la plainte préalable des organes sociaux de l’entreprise pour la mise en mouvement de l’action publique à l’encontre des dirigeants des entreprises publiques économiques, dont l’Etat détient la totalité des capitaux ou à capitaux mixtes.

La justice s’attaque aux exemples saillants de l’impunité : Plusieurs secteurs sont concernés à Souk Ahras.

 

photo DR

 

Par A. Djafri, 30 octobre 2019, El Watan

Toute la symbolique est dans le choix des secteurs les plus affectés par les pratiques préjudiciables, à savoir, entre autres, les instances élues, les secteurs de l’agriculture, des finances, du transport, des télécommunications, les banques…

Les poursuites judiciaires engagées dans le cadre de la lutte contre des personnes et des entités impliquées dans des affaires de détournement de deniers publics à Souk Ahras sont favorablement accueillies par la population locale qui y voit un bond qualitatif vers la lutte contre l’impunité. Toute la symbolique est dans le choix des secteurs les plus affectés par les pratiques préjudiciables, à savoir, entre autres, les instances élues (ceux des deux chambres inclus), les secteurs de l’agriculture, des finances, du transport, des télécommunications, les banques… et cette caste que l’on croyait naguère au-dessus des lois se trouve sérieusement secouée.

Pour l’ex-P/APC du chef-lieu, écroué depuis un mois, les multiples affaires de détournement ne laissent aucune équivoque quant à d’anciennes complicités majeures auprès de quelques relais du côté d’anciens représentants locaux d’un département de souveraineté. «Le jour où il devait être auditionné par les magistrats du tribunal de Sédrata, l’ex-maire de Souk Ahras refusait de répondre aux convocations de la justice (…) ; il agissait de la sorte entre les années 2012 et 2017 et il en sortait ragaillardi parce que les affaires dans lesquelles il était impliqué n’aboutissaient jamais à un procès», a déclaré à El Watan une source au fait de ce dossier.

Des transactions douteuses à la conclusion des marchés non conformes à la législation, en passant par les affaires avérées de détournement de deniers publics, les signes apparents de richesse, les innombrables biens fonciers et immobiliers et les dizaines de milliards de centimes injectés dans l’informel sous les auspices de son frère en disent long sur ce salarié aux ressources limitées. Cet édile communal, issu du bloc FLN, n’hésitait pas à s’arroger tous les droits, dont celui d’organiser des expéditions punitives et de monter des groupes d’agresseurs contre ses rivaux.

Athmane Djelaïlia en est témoin. «J’ai été victime d’une agression de la part de l’ex-P/APC de Souk Ahras pour avoir seulement participé à une précampagne en faveur d’un autre candidat pour la commune. L’affaire a été traitée par voie de justice et c’est sans surprise que mon agresseur s’en est sorti sans peine», a-t-il indiqué. Le secteur de l’éducation est concerné par l’une des plus grandes enquêtes sur la gestion des fonds de l’équipement des structures pédagogiques, les transactions douteuses, les marchés de complaisance, les frais de mission dont les montants dépassent l’entendement et les dépenses fictives.

Des scandales financiers et pas des moindres impliquent la gestion des différents services entre les années 2010 et 2016. Deux anciens directeurs, dont un proche d’un ancien ministre de l’Education nationale et un protégé de Djemaï, député de Tébessa, seraient déjà au centre desdits scandales. «Des centaines de milliards ont été détournés en moins de six ans et l’enquête menée depuis plusieurs mois n’a laissé aucun doute sur la gravité des faits pour lesquels la justice prévoit une application rigoureuse de la loi», a déclaré une source renseignée.

Dans le secteur de l’agriculture et même si les premières enquêtes ont concerné seulement la filière du lait et abouti à l’incarcération du propriétaire d’une laiterie et son gérant, force est de constater que d’autres volets de la gestion aléatoire de ce secteur névralgique est en passe de drainer des dizaines de personnes impliquées notamment dans la dilapidation des terres agricoles, des dons octroyés sur la base de dossiers erronés, la multiplication des coopératives fictives par le biais d’une instance élue aux accointances fort révélatrices, la création de filières imaginaires à des fins purement lucratives, l’organisation moyennant des milliards de centimes des séminaires et autres colloques sans portée pour le secteur ni sur l’essor de la wilaya.

«De quel droit peut-on attribuer des centaines d’hectares au profit d’une personne qui n’a jamais été propriétaire terrien et dont le seul mérite est de faire allusion, parfois à tort et parfois à raison, de sa proximité avec des walis ?» a fulminé un cadre de la Direction des services agricoles (DSA). Les graves irrégularités contenues dans le dossier des recrutements du personnel dans les différents services de la direction des impôts et la traduction du chef de service concerné devant la justice sont déjà au cœur des supputations et des rumeurs colportées ça et là à propos du traitement de ce dossier qui invite à l’ouverture d’autres dans le secteur des finances en général et la direction des impôts en particulier.

De fait, cette dernière s’est constituée partie civile contre le cadre mis en cause. «Les promotions, la désignation aux postes spécifiques, les avancements, les mutations et les différents concours de recrutement sont entachés de graves irrégularités et l’on est sûr que le plus grave est dans d’autres chapitres de la gestion des différentes structures», a déclaré sous le sceau de l’anonymat un cadre de cette même direction. Des enquêtes sont en cours à Algérie-Télécom, à la SDE (Société de distribution du gaz et de l’électricité de l’Est), dans quelques structures sanitaires de la wilaya… et plusieurs autres secteurs, érigés des années durant en de véritables citadelles imprenables où tout se volait et se dévoilait devant tout le monde dans une révoltante impunité.

Source : El Watan

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