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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les membres de la CSA en réunion, jeudi dernier, au siège du Cnapeste à Alger. Photo D. R.

Les membres de la CSA en réunion, jeudi dernier, au siège du Cnapeste à Alger. Photo D. R.

Les grèves tâches d'huile hors syndicats des instituteurs, mues par l'esprit d'initiative injecté dans la société algérienne par le Hirak, mais aussi l'échec des grèves politiquement partisanes déclenchées dans certaines localités, ont sans doute poussé les états-majors syndicaux à se recentrer sur les préoccupations sociales et syndicales des salariés. La Confédération autonome CSA relance la mobilisation, notamment pour le pouvoir d'achat, les retraites et les libertés syndicales. Dans le même mouvement, en fixant des objectifs politiques concrets à sa participation au Hirak, la confédération semble éviter de s'aligner sur le boutisme de certains programmes démocratiques.

 

Revoilà le front social ! La Confédération des syndicats prévoit une grève générale le 29 octobre

Par Aziz Latreche et Nazim B. 20 octobre 2019
 

Attendue pour afficher sa position sur l’élection du 12 décembre prochain, la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui tenait jeudi dernier une réunion qualifiée d’ordinaire, mais qui intervient dans un contexte politique peu coutumier, a préféré faire glisser ses préoccupations vers les questions d’ordre socio-économique. Une manière de rappeler que le front social reste toujours ouvert et que les revendications socioprofessionnelles des différentes catégories professionnelles qu’elle représente ne sont pas encore satisfaites.


Cette confédération, qui a vu le nombre de ses membres passer à 15 après l’intégration du syndicat des biologistes et de celui de la solidarité nationale, semble rappeler que le front social est toujours là tant que les revendications socioprofessionnelles des différentes catégories professionnelles qu’elle représente ne sont pas encore satisfaites. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’une action de rue est d’ores et déjà annoncée pour le 29 octobre, date choisie par la Confédération pour une «journée de protestation » accompagnée de marches dans toutes les wilayas à partir de 10 heures.
Inscrivant sa prochaine action de protestation dans l’esprit du mouvement populaire auquel elle reste attachée, la Confédération motive son recours à la manifestation publique en énumérant une série de dossiers en suspens pour les syndicalistes et en attente de solution de la part des autorités. Sont ainsi cités les dossiers des libertés syndicales, de la retraite, du pouvoir d’achat, la loi sur la retraite…

La même Confédération exprime, par la même occasion, son inquiétude des conséquences que peuvent générer les textes de loi adoptés par l’Exécutif de M. Noureddine Bedoui auquel il a été rappelé, par la CSA, son « illégitimité » et son « rejet par la population».

L’allusion est ainsi faite notamment à l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures qui continue d’enregistrer désapprobation et remise en cause, bien que le communiqué du CSA, rendu public, ne fait pas l’impasse sur d’autres textes de loi citant ceux du travail et de la retraite.

La CSA souligne, toujours dans le registre des préoccupations sociales, avoir procédé à une évaluation objective des conditions dans lesquelles s’est déroulée la rentrée sociale marquée « par une flambée des prix » qui a fortement impacté le pouvoir d’achat des ménages sur fond de conditions socioprofessionnelles « déplorables » que vivent les travailleurs.

Sur l’échéance présidentielle du 12 décembre prochain, la CSA a défendu «la nécessité» pour le pouvoir en place de prendre des mesures d’apaisement, de « rétablir la confiance», de réunir «les garanties» dans le cadre d’un «consensus national» pour pouvoir tenir un scrutin «honnête et transparent». Les représentants des organisations syndicales composant la CSA étaient en effet « unanimes » à dire qu’on ne peut pas aller à une élection présidentielle dans les conditions actuelles sauf si des « mécanismes d’apaisement venaient à être appliqués » par les autorités publiques.
Il s’agit en effet de la «la libération des détenus d’opinion, l’allégement des mesures d’accès à la capitale durant les vendredis ainsi que la levée des pressions sur tous les medias qu’ils soient privés ou publics».

Et si la position de la CSA sur l’élection présidentielle peut prêter à équivoque en ce sens que ce n’est pas tant l’élection en elle-même qui est évoquée, mais davantage les conditions de son déroulement, ce n’est pas le cas vis-à-vis du gouvernement Bedoui dont le départ est plus que jamais réclamé.

Sans prendre de gants, la CSA réclame « le départ du gouvernement Bedoui et de sa composante illégitime» tout en s’opposant à toutes les futures lois que cet Exécutif est en train d’adopter, des lois qui « risqueraient de mettre en péril la souveraineté nationale».
L’autre alerte donnée par la CSA est en relation avec «le danger du recours au gaz de schiste et ses retombées sur la santé et l’environnement dans les régions d’exploration».

Par ailleurs, les organisations syndicales activant au sein des dynamiques de la société civile qui ont longtemps misé sur une «conférence nationale» de sortie de crise ne perd pas espoir de parvenir à son objectif, a indiqué le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet qui a annoncé «une réunion des commissions pour aujourd’hui (samedi) pour étudier les voies encore disponibles pour travailler sur un projet consensuel».

De quoi peut-il s’agir maintenant que le processus électoral pour la présidentielle est enclenché et que les rencontres des segments de la société civile n’ont pas pu aller au-delà de la constatation des faits et de la dénonciation des abus des autorités ?

Et si M. Merabet, par ailleurs signataire de l’appel des 20 personnalités appelant à « une nouvelle lecture de la réalité», estime au nom du SNPSP qu’on « ne peut pas parler de consensus en l’absence du pouvoir», il y a matière à interrogations.
D’autant plus que le pouvoir, aussi bien au nom du chef de l’Etat qu’au nom du chef de corps d’Armée, a réitéré à maintes reprises avoir accompli le processus de dialogue et qu’il n’y a pas à présent de solution autre que la présidentielle…

Source : Reporters-dz

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