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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Organisée hier en dehors des syndicats autonomes, http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif la journée de protestation nationale des enseignants du primaire a combiné grèves et rassemblements aux quatre coins du pays. Lancée à travers les réseaux sociaux, cette action défend une plateforme de revendications visant à revaloriser la situation des instituteurs du primaire, parents pauvres du système éducatif en Algérie. Rendant compte de l'évènement à Bouira, sous le titre "grève anarchique", le quotidien Liberté qui pense sans doute plaire au lecteur moyen, aligne dans son compte rendu les qualificatifs "grève surprise", "débrayage anarchique", "sans le moindre préavis".

 

A Oran, pour les protestataires, cette grève est à l'initiative propre des enseignants du primaire. « Nous avons décidé de nous démarquer de tous les syndicats de l'éducation car nous ne croyons plus au mouvement syndical et nous savons que toutes ces organisations sont incapables de défendre nos droits en tant que travailleurs », a souligné une enseignante d'Oran.

Une autre enseignante  explique: « nous sommes les seuls à être classés dans la catégorie 11 alors que nous sommes, nous aussi, diplômés, nous travaillons 32h par semaine, plus que nos collègues du moyen et du secondaire et nous avons un programme très chargé ». Vu cette charge qui pèse sur eux, ils revendiquent l'allègement des programmes afin de donner la possibilité à l'élève d'assimiler les leçons et à l'enseignant d'assurer la qualité. Ces enseignants demandent également l'abrogation de la loi les obligeant à assurer la surveillance des élèves dans la cour de récréation et dans les cantines et aussi de mettre à la disposition de l'enseignant les moyens nécessaires pour assurer les cours dans les meilleures conditions.

A Bouira, le correspondant du Soir d'Algérie rapporte : "Selon les grévistes, les raisons qui les ont poussés à suivre ce mot d’ordre sont liées beaucoup plus à la justesse de leurs revendications soulevées, notamment le point relatif à l’augmentation des salaires avec comme argument, le fait que « l’enseignant du primaire est un universitaire comme ses collègues des autres cycles mais, avec une charge de travail insupportable qui commence avec un volume horaire de 28 heures et plus, avec la surveillance des élèves dans la cour, dans la cantine, dans la bibliothèque, et parfois même dans la rue durant le trajet de l’école à la maison». Autant de besognes que l’enseignant du primaire assure au quotidien mais avec un salaire qui est de très loin inférieur à celui de ses collègues des deux autres cycles".

A Constantine, des enseignants des écoles primaires ont contesté fermement sur les réseaux sociaux les dernières déclarations du ministre de l’Éducation nationale assurant que "leur rémunération permet un cadre de vie digne». Les protestataires se sont regroupés devant le siège de la direction de l’éducation de wilaya. «Face à la flambée des prix et la conjoncture économique et politique actuelle, M. Belaabed croit-il réellement qu’un salaire de 31 000 DA est suffisant pour un père de famille de vivre dignement ? Quelle audace, car il est évident pour tous les Algériens que 80% de ce salaire n’assurent que le panier de nourriture d’un mois, sans compter le reste des charges», a fulminé un des protestataires.

"Il est nécessaire de noter que l’enseignant n’assure pas uniquement le rôle d’éducateur, mais aussi d’agent de nettoiement, de surveillant à la cour, de surveillant au réfectoire et autres, sans oublier le manque de moyens. Il se trouve contraint de débourser de l’argent pour acheter les brosses, les crayons et faire des photocopies», a souligné Saber Laaziz représentant des manifestants, affirmant que la situation est devenue inadmissible, particulièrement face à la surcharge dans les classes.

A Jijel, des dizaines d’enseignants du primaire ont observé, hier matin, un sit-in devant le siège de la direction de l’éducation, tandis que les autres ont protesté devant leurs établissements. L’essentiel des revendications concerne «l’allègement du volume horaire, l’unification de la classification, l’annulation de la surveillance dans la cour et le réfectoire, l’augmentation des salaires et le bénéfice de fiches pilotes non manuscrites». Les concernés s’étonnent qu’ils aient des diplômes similaires à ceux qui enseignent dans le cycle moyen et un volume horaire plus important, et qu’ils soient classés à la catégorie 11 alors que les seconds sont à la 13.

Et les Syndicats autonomes?

Zougari Abdelouahab de l'Unpef : “l’Unpef soutient les revendications soulevées par les enseignants du cycle primaire, notamment celle liée à la révision de la grille des salaires et qui est en attente d’une réponse du gouvernement”. “Même si, a-t-il souligné, ce dernier est chargé des affaires courantes et ne peut, par conséquent, s’engager sur des questions aussi importantes que celle de l’augmentation des salaires.” 

Hamidet Mohamed du Snapep : “Notre syndicat a fait siennes ces revendications au temps de l’ex-ministre de l’Éducation nationale, dont la révision du décret présidentiel 14/266 relatif au reclassement des enseignants, ainsi que les innombrables difficultés dont souffrent les établissements scolaires dont les problèmes matériels qui incombent aux APC, en sus des problèmes pédagogiques qui échoient aux directions de l’éducation”.

Sources : Le Quotidien d'Oran, Le Soir d'Algérie, El Watan, Liberté

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