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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par Adlène Badis, 9 septembre 2019. Reporters.

Au cœur d’une crise politique particulièrement aiguë, il reste difficile de situer les partis de la mouvance dite démocratique et leurs actions pour peser sur le cours des événements, tant leur démarche aura été cahoteuse.

Après avoir décidé de différer son action jusqu’à la fin du mois d’août, l’Alternative est revenue à l’action à l’occasion de la rentrée sociale.
Ces «vacances» en pleine ébullition ont d’ailleurs été particulièrement critiquées. Comment, en ces moments de difficultés, ces partis ont préféré différer leurs activités communes alors que les Algériens sortis dans la rue exigeaient le changement, ne s’offrant aucun répit. Ce mois à blanc semble déjà peser sur le cours des événements, tant il soumet de facto l’Alternative à rattraper un terrain laissé inoccupé durant une période sensible.

A la recherche d’un nouveau dynamisme, l’Alternative démocratique composée de partis de l’opposition (FFS, RCD, PT, PST, PLD, MDS, UCP), de la Laddh et de plusieurs personnalités politiques, reste pourtant dans une logique d’opposition «déterminée à accompagner le mouvement populaire et citoyen», et «mobilisée pour donner une vision démocratique au nécessaire et radical changement qui passe impérativement par une transition démocratique à travers un processus constituant souverain». Le rôle de la mouvance démocratique n’aura jusque-là pas été à la hauteur des attentes, donnant au pouvoir la latitude d’agir en terrain abandonné.

L’indigence de l’action commune des partis dits démocratiques, concernant notamment l’offre alternative de solutions et la mobilisation populaire, aura ajouté à la complication de la crise. Le sentiment d’impasse de la crise se nourrissant de la pauvreté de la proposition de l’opposition. Du pain béni pour le pouvoir. Même si à titre individuel, ces partis ont été présents dans l’action manifestante du Hirak et dans le soutien aux détenus du drapeau berbère, c’est l’action commune qui aura fait prodigieusement défaut.

Un terrain perdu

Il faut dire que ces partis réunis, en plus des pressions «classiques» du pouvoir, semblent avoir des difficultés à imposer un discours conjoint qui constituerait une alternative viable à l’action du pouvoir. Avec 49 sièges au Parlement, ceux du FFS, du RCD et du Parti des Travailleurs l’Alternative démocratique semble davantage subir l’impasse. Le PT, décapité après l’emprisonnement de sa charismatique chef, tente de garder une action homogène. Scindé en deux, le FFS est plus que jamais fragilisé. Le RCD, qui semble également subir un début de soubresauts, paraît le parti le plus en forme. Pas très loin, les autres mouvements politiques, à l’instar du MSP, de Talaea el Hourriyet, de Djil djadid et d’El-Adala (le parti de Djaballah), qui ont des militants, ne sont pas en reste avec une action particulièrement limitée. Essayant d’accompagner le Hirak, sans tenter de l’influer où de l’orienter, les partis politiques démocratiques ont quelque peu perdu un terrain qui leur était naturellement dévolu.

Aujourd’hui, alors que les événements semblent s’accélérer, il reste évident que l’ensemble de la classe politique n’aura pas brillé par son action et sa force de proposition, se résumant à des critiques systématiques contre l’action du panel de Karim Younès. Ce dernier, qui vient d’annoncer la fin de sa mission, semble déjà installé dans l’étape automatique de l’élection présidentielle. Alors même que cette perspective ne fait pas encore l’unanimité.

Source : Reporters-dz

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