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Publié par Saoudi Abdelaziz

Août 2017. Les travailleurs du complexe céramique de Guelma attendent l'arrivée du ministre Zemali qui n'a pas daigné les recevoir. Ils sont sans salaires depuis plus de 6 mois et leur entreprise en cessation d’activités. Photo DR

Août 2017. Les travailleurs du complexe céramique de Guelma attendent l'arrivée du ministre Zemali qui n'a pas daigné les recevoir. Ils sont sans salaires depuis plus de 6 mois et leur entreprise en cessation d’activités. Photo DR

«Contrairement aux rentrées sociales antérieures à 2018, aujourd’hui les employés sont payés régulièrement», déclare à El Watan le secrétaire général de la section syndicale de l'Usine de céramique de Guelma. La pente est dure à remonter car le repreneur arnaqueur à qui Ouyahia avait offert en 2006 le complexe de Guelma a laissé un lourd passif. 

 «Nous sommes toujours sous la menace des créanciers, précise le syndicaliste Sur 120 milliards de centimes de créances, nous sommes redevable de 40 milliards de centimes à la banque BNP Paribas et autant au secteur fiscal et parafiscal, et bien évidemment aux retraités de l’entreprise. Il est clair que les créances de l’usine nous les devons à la fuite du repreneur italien, qui n’a pas honoré ses engagements. Mais aussi au désengagement de la SGP.»

Le même syndicaliste ajoute : «Notre survie nous la devons à l’actionnaire algérien qui, lui, a honoré ses engagements avec la production de carreaux en faïence, à raison de 1500 mètres carrés/jour et une future production de briques réfractaires. Notre situation s’améliore.» En effet novembre 2014, après une longue grève des travailleurs et pour faire face à l'effondrement de l'entreprise, l’Etat avait repris 30% du capital et semble avoir enfin décidé de jouer son rôle d'actionnaire. A suivre...

Cauchemar

Karim Dadci le correspondant d'El Watan à Guelma écrivait le 9 avril 2013 : "Un miroir aux alouettes! C’est à cela qu’il faudrait assimiler la privatisation de l’entreprise céramique et vaisselle de l’Est, entérinée le 19 décembre 2006 par le comité national pour les privatisations (CPE), avec avis favorable du ministère de l’Industrie et de la Promotion des investissements". Quatre mois plus tard, dans sa vaste enquête sur les privatisations, Melissa Roumadi conclut : "La privatisation la seule entreprise algérienne de fabrication de porcelaine, a viré au cauchemar".(2).

Descente aux enfers

Dénommé ETER depuis sa privatisation en 2006, le complexe de Guelma qui portait le nom de Entreprise Céramique Vaisselle de l'Est (ECVE) était un fleuron de l’industrie algérienne. Ce complexe industriel employait, au cours des années fastes, plus de 1 600 employés. La descente aux enfers a commencé sous la présidence de Chadli, elle se poursuivra durant la décennie noire, époque où des centaines de travailleurs étaient licenciés. En 2006, la boucle fut bouclée. Le complexe fait partie du millier d'entreprises déclarées privatisables par le gouvernement Ouyahia 5.

On se rappelle que le complexe Céramique avait été repris par un "investisseur" italien, Graziano Giacobazzi -soutenu par des amis entrepreneurs algériens- et qui affichait la réputation d’un industriel hors pair. Il s'avèrera plus tard que le sire Graziano ne dirigeait en Italie qu’un simple bureau de trading, transformé en Société par actions (SPA), pour s'offrir l’Entreprise de Guelma.

Les "services" occupés ailleurs?

Les limiers du DRS étaient sans doute occupés ailleurs... "Ainsi,  il a su gagner la confiance aveugle des institutions algériennes chargées du dossier, en l’occurrence : la Société de Gestion des participations de l’Etat - SGP EST, les Domaines, la Direction de l’industrie… ainsi que les ministères concernés", commentait  en novembre 2015, B. Salah-Eddine racontant les péripéties de "l'arnaque à l'italienne" dans le quotidien régional l'Est républicain.(3) Voici quelques informations données par le journal  :  

L'ardoise italienne

Sur les 125 000 000 de DA du rachat les repreneurs n’ont jusque-là pas déboursé 1 DA. Pire que ça, le repreneur a démantelé les équipements composés de deux fours tunnels et deux fours à réverbères, vendus en pièces détachées (Brûleurs, briques réfractaires…) aux enchères publiques et à leur profit personnel.

130 000 00 DA de cotisations sociales ne sont pas encore réglée à la CNAS. 30 000 000 DA non réglée à l’administration fiscale bien qu'elle ait  consenti un échéancier" 

Autres anomalies : ETER Guelma ne dispose pas de Certificat de conformité; défaut d’assurance des installations et de l’usine, défaut de paiement des quittances Sonelgaz, ADE… transactions douteuses avec la Trust Bank et ses filiales Briqueteries, surfacturation de fournitures.

Ainsi, un néon domestique d’une valeur de 200 DA est facturé par le fournisseur italien Graniser à 99 Euro. Et, cerise sur le gâteau : "Le repreneur Italien avait bénéficié d’importantes facilités dans le cadre de cette cession..."

NOTES

(1) Céramique de Guelma-6 ans après la privatisation, salaires impayés et faillite à l’horizon

(2)PRIVATISATIONS. OUYAHIA, un des artisans d'une «escroquerie à vaste échelle».

(3) «Arnaque à l'italienne» à Guelma. Le bilan d'une privatisation catastrophique

 

 

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