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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Abed Charef, 23 septembre 2019

Gaïd Salah a une priorité. Faire en sorte que ce qu’il appelle la iissaba soit neutralisée, puis anéantie. Il veut changer la donne pour que les ténors de l’ère Bouteflika ne puissent être remis en selle.

Règlement de comptes, volonté d’assainir la vie politique, d’écarter des rivaux, d’asseoir son pouvoir, peu importe la motivation.
Dans son agenda, les priorités sont donc bien définies. Tout ce qui sera fait doit obéir à cet impératif. La vie et les échéances politiques doivent être organisées en fonction de cela.

À contrario, il considère que tout ce qui entrave sa démarche est manipulé, suscité, provoqué par la iissaba.

Les animateurs du hirak ont, de leur côté, fait de Gaïd Salah leur première cible. C’est clairement affirmé dans ce slogan:
الشعب يريد إسقاط ڤايد صالح.
Les uns le font en toute sincérité. Ils pensent que le chef d’état-major est un écueil sérieux, peut-être le plus important, au changement de système.
D’autres le font pour d’autres raisons. Aux yeux de Gaïd Salah, ils travaillent clairement pour la iissaba.
Autrement, comment expliquer que la mise en détention des principaux ténors de l’ère Bouteflika, par exemple, soit dévalorisée, avec le slogan « justice du téléphone
» ?
En ciblant systématiquement Gaïd Salah, des animateurs du hirak pensent créer les conditions de sa chute, préalable indispensable pour que les anciens réseaux puissent espérer se reprendre. C’est la grille de lecture de Gaïd Salah, que certains qualifient de paranoïaque.
La question mérite cependant d’être posée.
La revendication principale du peuple, c’est le changement de système. Mais concrètement, comment organiser les séquences ? Faut-il libérer tout le monde, en attendant une justice indépendante, sachant la puissance redoutable des réseaux de l’ère Bouteflika ? Faut-il croire, naïvement, que les acteurs politiques seront animés de bonne foi et se conduiront rationnellement ? Si elle pouvait être utilisée, quel serait l’impact de la puissance financière des oligarques sur une éventuelle transition ?
Il est clair que dans une transition, tout le monde ne part pas sur un pied d’égalité. Argent, réseaux, situation de pouvoir, présence dans les médias et dans les institutions peuvent offrir des avantages décisifs.
Par ailleurs: est-il possible de fermer les yeux sur les agendas étrangers qui veulent s’imposer au pays ?
Ce n’est pas de la langue de bois. En voici un exemple primaire. À peine a-t-il annoncé sa candidature à la présidentielle, Abdelkader Bengrina à insisté sur la menace que constituerait, selon lui, le maréchal libyen Haftar.
Pourquoi insiste-t-il sur ce point ?
Parce que c’est l’agenda des frères musulmans, Turquie, Qatar, etc., et leur rivalité avec l’autre bloc Arabie-Saoudite, Émirats, Égypte.

Source : Le Blog de Abed Charef

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