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Publié par Saoudi Abdelaziz

En Algérie, la confrontation politique est menacée d'être engloutie dans l'univers des mots d'ordres facilement assimilables. Tout condenser en une phrase à liker, c'est dans l'air du temps.

Les obstacles à l'union républicaine? "Le vrai problème est que le pouvoir - même s’il se débarrasse massivement d’une partie des acteurs de la façade - reste mentalement dans l’avant 22 février", affirme le journaliste Saïd Djaâfer. L'universitaire Lahouari Addi  recommande pour sa part à l'ANP : "il faut que l'EM se réorganise (départ à la retraite des plus de 65 ans) pour se mettre au niveau de cette maturité et des revendications de la mobilisation populaire". Pas touche semble dire le chroniqueur Mohamed Adjou lorsqu'il trace sa ligne de clivage intangible : "le seul combat des vrais patriotes doit être celui qui empêchera par tous moyens l'arrêt de la grande opération de salubrité publique que l'Armée s'est engagée à permettre à la justice de mener jusqu'à terme..."

 

Ici on est mieux que là-bas

"Sur ce qui se passe au Soudan traduit les difficultés de construction de la démocratie en Égypte et au Soudan. Mais la situation économique et géopolitiques est différentes de celle de l'Algérie.

1-Commençons par l'Égypte:

Sa proximité avec Israël est un handicap géopolitique majeur. Les USA n'accepteront pas un régime egytien qui traduit en politique étrangère l'opinion publique nationale hostile à Israël. Et comme l'Egypte est pauvre, son gouvernement monnaye sa position vis-à-vis d'Israël contre 3 milliards de dollars par an provenant des USA et de l'UE. Donc le poids du facteur étranger est important sinon décisif en Egypte.

2- Concernant le Soudan: malgré ses énormes potentialités, c'est un pays pauvre. Ses militaires ont besoin des millions de dollars qui viennent d'Arabie Saoudite et des Emirats. Les généraux soudanais acceptent même de jouer aux mercenaires au Yemen et en Libye pour le compte des monarchies du Golfe.

3- La situation en Algérie est différente et la voie vers l'État civil est moins compliquée: Il faut dire aussi que nous n'avons pas la même histoire:
- En Egypte par exemple, l'armée a servi la monarchie qu'elle a renversée en 1952. L'armée existait avant l'indépendance nationale et a servi le protectorat anglais. - En Algérie, l'armée a été créée par le peuple durant la guerre de libération. Bien sûr avec le temps, une caste d'officiers s'est constituée et a oublié les origines idéologiques de l'armée de Lotfi, Amirouche et Ben Boulaid. C'est ce qui explique la forte mobilisation populaire depuis le 22 février. Que disent les manifestants à Gaid Salah? Bladna, djiechna oua dirou raina. Ils lui disent clairement: c'est notre armée et elle n'est pas au service d'une caste ou d'une 'issaba.

Pour résumer, la guerre de libération 54-62, une position géopolitique moins sensible qu'au Moyen-Orient, la disponibilité de ressources financières donnent au peule algérien une marge de manœuvre plus grande dans la maîtrise de sa destinée politique.

Depuis le 22 février, le peuple a montré une certaine maturité politique, et il faut que l'EM se réorganise (départ à la retraite des plus de 65 ans) pour se mettre au niveau de cette maturité et des revendications de la mobilisation populaire.
Lahouari Addi

 

"Vision paranaoïaque"

"La mise en place par le pouvoir de la commission de dialogue de Karim Younes, très conspué le 25eme vendredi, est sans doute destinée à essayer de créer un fait accompli et donner l’image illusoire que les Algériens sont d’accord pour aller vite aux élections présidentielles comme l’exige le chef de l’armée. 

Le problème est, qu’une fois de plus, le pouvoir s’auto-intoxique par ses propres moyens de propagande qui lui disent ce qu’il veut bien entendre. La résilience du mouvement populaire est une réalité et on peut s’attendre à un retour aux marches de grandes ampleurs à la rentrée, en septembre. 

Cet Aïd qui ne se déroule pas comme l’a prévu l’agenda du régime avant le 22 février est celui d’une société, diverse et mûre, qui sait que des problèmes économiques lourds l’attendent et qui n’entend plus revenir en arrière. Le vrai problème est que le pouvoir - même s’il se débarrasse massivement d’une partie des acteurs de la façade - reste mentalement dans l’avant 22 février. Avec même une vision paranoïaque que des millions d’Algériens bougent sur injonctions des “réseaux de Toufik” ou de la “3issaba”. Mais les Algériens, avec de l’humour, de la patience et de l’endurance et toujours en Silmiya, entendent bien l’amener à se mettre à jour. A se mettre au jour du 22 février, à celui d’une société qui s’est remise en marche après une longue période d’abattement - ou d’introspection?-  qui a suivie une terrible guerre intérieure. 

Saïd Djaâfer

 

L'opération mendjel

"il ne faut pas se leurrer, toutes les embuscades marginales qui surgissent ces derniers temps et les tirs de snippers isolés n'ont pour objectifs ni la démocratie, ni la liberté d'expression, ni la langue, ni l'identité, ni la religion, ni la qualité de l'enseignement, ni l'économie, ni la famille, ni la "bonne gouvernance", ni la lutte contre la "dictature", ni la "fin de l’hégémonie des militaire", ni la laïcité, ni l'état civil ou social, ni le respect de Bouregaa et des symboles de la révolution...

Toutes ces embuscades et ces tirs de snippers ont pour seul et unique but d'arrêter l'opération "mendjel" afin de réhabiliter les prédateurs et la prédation; et le seul combat des vrais patriotes doit être celui qui empêchera par tous moyens l'arrêt de la grande opération de salubrité publique que l'Armée s'est engagée à permettre à la justice de mener jusqu'à terme..."

Mohamed Adjou

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