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Publié par Saoudi Abdelaziz

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ORAN. "Notre propos n'est pas d'attaquer la SEOR, d'autant que ce n'est pas cette société qui a réalisé ledit projet, mais de mettre le doigt sur cette problématique du service public qui n'existe que dans les discours lénifiants de nos ministres et hauts cadres de l'Etat".

 

On vous souhaite bonne soif

Par Moncef Wafi, 1er août 2019

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif En l'espace d'un mois, Oran va renouer avec le manque d'eau, la faute incombant, si l'on croit la version officielle à l'éclatement d'un tronçon de la conduite du transfert Mostaganem - Arzew -Oran (MAO). Cet incident n'est pas le premier du genre et il a tendance à se répéter au grand dam des Oranais qui s'interrogent sur la gestion locale d'un secteur qui laisse à désirer.

Et ils sont nombreux à maudire les responsables dès que le robinet joue les rivières asséchées tout comme ils vouent aux gémonies tous les responsables incompétents qui gèrent leurs quotidiens sans impunité aucune, que ce soit à la municipalité, à la daïra, à la wilaya pour arriver en haut, tout en haut jusqu'aux balcons de la République.

La gestion de l'eau est une affaire sérieuse pour être laissée aux mains de gens qui, jusque-là, n'ont pas vraiment réussi à rassurer les citoyens malgré les efforts consentis. Si la SEOR, Société de l'eau et de l'assainissement d'Oran, indique que cette perturbation ne dépassera pas 60 heures, toutes rallonges comprises, les Oranais sont en droit de douter des assurances officielles puisque lors de la précédente coupure, on avait évoqué un délai de 30 heures, suffisant pour résorber la panne.

La suite, tout le monde la connaît, surtout ceux qui sont restés six jours à attendre le retour de l'eau.

Cette fois encore, la SEOR affirme avoir établi un programme de distribution d'eau à raison d'un jour sur deux pour pallier aux perturbations enregistrées dans la zone d'Oran-Est. Là encore, les gens d'Oran-Est attendent pour voir. Si les incidents étaient isolés, relevant du domaine de l'imprévisible, on serait tenté de comprendre les précisions de l'entreprise responsable mais quand ils deviennent récurrents, on est alors en devoir de ne pas les accepter car sa mission relève avant tout du service public, un concept apparemment galvaudé en Algérie.

Notre propos n'est pas d'attaquer la SEOR, d'autant que ce n'est pas cette société qui a réalisé ledit projet, mais de mettre le doigt sur cette problématique du service public qui n'existe que dans les discours lénifiants de nos ministres et hauts cadres de l'Etat. Le projet du MAO et toutes les autres réalisations ne sont pas une aumône faite aux Algériens car ce sont ces derniers qui ont payé pour ça et payent encore les erreurs de casting et les décisions irréfléchies des décideurs nationaux.

Personne ne nous fait plaisir en construisant ces logements sociaux, les hôpitaux, en assurant un service public boiteux, en aménageant des espaces verts, en passant la serpillière dans les rues, en bitumant les cités et en surveillant notre sommeil. Non, messieurs-dames, personne n'a le droit de dire qu'on nous rend service, c'est notre droit, notre petite part du sang de la terre qui va irriguer les comptes bancaires off-shore. Et tant que les Algériens continuent de sortir massivement les vendredis et dénoncer le reste de la semaine, personne ne pourra nous enlever notre fierté. En attendant, remplissez vos bidons et jerrycans et arrêtez de gaspiller l'eau.

Source : Le Quotidien d'Oran

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