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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ali Tounsi le défunt patron de la DGSN. En arrière plan son meurtrier présumé Chouïeb Oultache. Photo DR

Ali Tounsi le défunt patron de la DGSN. En arrière plan son meurtrier présumé Chouïeb Oultache. Photo DR

" Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on ne sait pas ce qui s’est réellement passé dans l’affaire de l’assassinat du colonel Tounsi qu’on n’en a pas une idée. Pour comprendre quelque chose, il faut savoir où est l’intérêt, n’est-ce pas ? Et l’intérêt, on le connaît, « globalement ou dans le détail ». Le chroniqueur Slimane Houari consacre ce matin sa chronique à la manière dont sont gérés les marchés publics. Il évoque l'assassinat, le 25 février 2010, du patron de la DGSN Ali Tounsi dont sera accusé le colonel Chouïeb Oultache, un de ses adjoints. Ce dernier venait d'apprendre par un article d'En-Nahar qu’il va être suspendu de ses fonctions pour une affaire de malversations autour d’un marché d’équipement informatique destiné à la police et négocié, pots-de-vin à la clé, par un de ses fils. Chouïeb Oultache qui sera condamné à mort en 2017 assurera jusqu'au bout qu'il avait juste blessé à la main son chef, lequel a été achevé par d'autres tireurs...

Le train qui arrive à l’heure

Par Slimane Laouari, 21 août 2019

Selon une information parue dans « Périscoop » du Soir d’Algérie d’hier, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) va acquérir 6000 micro-ordinateurs, 6000 onduleurs et 6000 imprimantes laser pour les besoins de ses services.

Le rédacteur de la « brève » a eu la main heureuse en précisant qu’un marché d’une telle importance va susciter toutes les convoitises et les fournisseurs potentiels vont se bousculer au portillon.

Mais le rédacteur a été surtout bien inspiré de rappeler que l’assassinat de l’ancien patron de la police, le colonel Ali Tounsi, était lié, entièrement ou partiellement, à une histoire de marché informatique. C’est même sans doute ce qui en fait une… information, parce que la police qui achète des ordinateurs, ça ne devrait pas intéresser grand monde. Un peu comme un train qui arrive à l’heure ou un chien qui mord son maître.

Pendant de longues années, et ce n’est certainement pas terminé, chaque appel d’offres devient un « événement », non pas en raison de son importance et son utilité à la communauté nationale mais parce que tout le monde a une raison de guetter le nom de… l’heureux élu qui va « rafler la cagnotte ». Comme on dit au… casino !

L’analogie s’arrête à l’emprunt du langage. Parce qu’au casino, il y a toujours une part de chance, ou d’habileté quand le jeu ne dépend pas entièrement du hasard. Si les transactions commerciales, les acquisitions de biens ou de service et les réalisations de projets infrastructurels se faisaient dans la transparence et obéissaient aux seules considérations de coût, de performance et de délais d’exécution, personne n’entendrait parler d’un entrepreneur à qui on a confié la construction de 500 logements, d’un fournisseur qui a vendu 10 000 cartables d’écoliers ou d’un… hôtelier choisi pour loger les participants à un séminaire !

Evidemment, on n’a pas besoin de préciser que ces transactions qui font l’actualité concernent systématiquement les entreprises ou les institutions publiques, c’est là qu’ « il y a à bouffer ». Le délit d’initié, le gré à gré et les appels d’offres avec soumissions cachetées bidons ayant rythmé l’ensemble des opérations de l’activité économique et commerciale du secteur étatique, il y a un « scoop », autrement dit un… scandale en perspective, à chaque fois que ça bouge. Et que ça finisse par se savoir ou non, l’opinion publique… sait déjà. Ou croit savoir, non sans en avoir des raisons.

Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on ne sait pas ce qui s’est réellement passé dans l’affaire de l’assassinat du colonel Tounsi qu’on n’en a pas une idée. Pour comprendre quelque chose, il faut savoir où est l’intérêt, n’est-ce pas ? Et l’intérêt, on le connaît, « globalement ou dans le détail ».

Source : Le Soir d'Algérie

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