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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ouvrir une fenêtre puis fermer la porte à clé.

Par Chawki Ammari, 25 juillet 2019

Pourtant, tout commence bien, serein et ouvert, Noureddine Ayadi, nouveau secrétaire général de la Présidence, avance avec prudence et franchise sur les terrains minés du futur national.

Mais rapidement, il reprend les travers de ses prédécesseurs, «nous avons décidé», aux autres d’accepter, de quitter le pays ou de monter au maquis. Noureddine Ayadi avertit d’abord que seuls les points relatifs à l’organisation des élections seront discutés, première fermeture de porte.

Evidemment, les personnalités qui iront à ce dialogue ne vont pas exiger un débat sur la forme -– ovale ou carrée –du futur bureau de la Présidence, mais en cette période importante pour l’avenir, il y a des points à soulever. Comme par exemple la censure des médias et le droit d’informer, capital pour un scrutin, ou les prérogatives du chef de l’Etat par intérim, qui peut limoger des généraux, des hauts fonctionnaires et nommer Noureddine Ayadi à la Présidence, mais ne peut toucher aux ministres et walis, en première loge dans la fabrication des scrutins.

Puis, Noureddine Ayadi, un peu moins serein, explique que les mesures d’apaisement réclamées seront éventuellement discutées, mais se prendront après le dialogue, procédé qui va bloquer les invités qui demandent légitimement des mesures comme préalable, en gage de confiance.

Ce départ en marche arrière, avec un ordre du jour non négociable et des actions, mais à engager après, peut-être, s’il fait beau, montre que Noureddine Ayadi pose des conditions sans réaliser que des millions d’Algériens sont devant la Présidence, en position de force, à douter naturellement des intentions du régime après des dizaines d’années d’emprisonnements, fraudes électorales, scandales judiciaires et stratagèmes diaboliques de légitimation par la ruse, l’argent ou la violence. Noureddine Ayadi devrait venir faire une marche un vendredi, puis regagner la Présidence pour revoir ses éléments de langage. Shampoing pour les canons à eau et T-shirt Yetna7aw ga3 offert par les manifestants.

Source : El Watan

La semaine a été pénible.

 

Par Slimane Laouari, 27 juillet 2019

La semaine a été pénible. Il a encore été question de dialogue et des «personnalités» qui vont le conduire. Première question, évidente, inévitable : si le pouvoir a décidé d’organiser une élection présidentielle «dans les plus proches délais possibles» et considère que c’est la seule voie du salut pour le pays, on va dialoguer de quoi ?

Deuxième question, tout aussi évidente et tout aussi inévitable: pourquoi, il n’y a jamais dans ces «panels» de personnalités des hommes résolument opposés au système, démocrates, modernistes et compétents ? Pourquoi, c’est à chaque fois un… homme du système oublié, entouré… d’experts et de «membres de la société civile» dont on ne connaît rien ou pas grand-chose ?

La semaine a été pénible. Invité en guest-star au journal de 20 h, en compagnie de son compagnon de la commission du dialogue Smaïl Lalmas, Karim Younès, ancien président de l’APN et militant du FLN, nous… apprend qu’«ils ne sont pas des représentants du hirak». Merci, il ne fallait pas vous donner cette peine pour la précision. On savait non seulement que vous n’êtes pas les représentants du hirak mais on sait aussi que vous… n’avez aucune chance de l’être. Et puis on aime bien quand vous dites que l’ouverture des médias est un préalable au dialogue, avant de débarquer avec votre — on allait dire acolyte mais on a n’a pas osé — compagnon.

Comme nous sommes de doux et tenaces rêveurs, on vous aurait bien vu avec un contradicteur sur le plateau, pas avec un ami avec qui vous partagez techniquement le «travail». Mais bon, puisque vous n’êtes pas des «représentants du hirak», faites comme vous voulez. On voulait juste faire une petite «simulation» de ce que pourrait être un vrai dialogue.

La semaine a été pénible. Tayeb Louh fait l’objet d’une enquête pour corruption et une mesure d’interdiction de sortie du territoire national a été prise à son encontre. Il paraît qu’il fait également l’objet d’un «traitement spécial», puisque c’est l’office de répression de la corruption (ORC) qui s’occupe de son cas, contrairement aux autres, dont les affaires sont prises en charge par la police ou la gendarmerie. Mais au fond, ce n’est ni ce traitement spécial, ni le fait qu’il fasse partie du premier «cercle présidentiel» qu’on retiendra : Tayeb Louh était ministre de la Justice et quand vous êtes poursuivi pour corruption avec ce statut, c’est que votre pays a vraiment touché le fond.

La semaine a été pénible. Des centaines, voire des milliers de pèlerins ont été renvoyés de l’aéroport au moment des formalités de départ. La raison ? Leurs passeports auraient été «annulés» sous prétexte qu’ils font partie du «quota» distribué par l’entourage de… Bouteflika ! Allez, Messieurs les décideurs, faites un effort et renvoyez… Bedoui et son gouvernement. Ils ont été nommés par Bouteflika, non ?

Source : Le Soir d'Algérie

 

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