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Publié par Saoudi Abdelaziz

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«La demande en devises étrangères a reculé ces dernières semaines. Par conséquent, les prix baissent. Encore récemment, le cours de l’euro a flambé pour atteindre plus de 220 DA, un record alors qu’aujourd’hui il est redescendu sous la barre des 190 DA»,

Par Hocine Lamriben, 4 juillet 2019

Les cours des devises sur le marché parallèle continuent de dévisser, après avoir atteint des records il y a encore quelques semaines. Au square Port-Saïd d’Alger, l’un des principaux marchés noirs de change du pays, les monnaies étrangères ont pâti, hier, en raison d’une faible demande, alors que traditionnellement celle-ci était tirée vers le haut par les milieux des affaires.

Distribué au compte-gouttes dans les banques, l’euro valait 195 dinars à l’achat, et varie entre 185-175 à la vente au marché noir de la capitale. La baisse a également touché le dollar américain. Le billet vert était cédé à 175 DA à l’achat et 165 DA à la vente. Sur le marché officiel interbancaire des changes d’Alger, c’est le grand écart, lequel favorise, selon des spécialistes, la fuite illicite de devises enregistrée en Algérie. Officiellement, le billet vert et la monnaie européenne étaient cotés respectivement à 119 DA et 134 DA, selon les derniers chiffres publiés sur le site officiel de la Banque d’Algérie. Sur le marché noir de la devise, où les transactions se déroulent sous les yeux de policiers conciliants, une seule règle vaut : celle de l’offre et de la demande. «La demande en devises étrangères a reculé ces dernières semaines.

Par conséquent, les prix baissent. Encore récemment, le cours de l’euro a flambé pour atteindre plus de 220 DA, un record alors qu’aujourd’hui il est redescendu sous la barre des 190 DA», a expliqué un cambiste, tandis que plusieurs acheteurs potentiels se renseignaient sur l’évolution des cours. Si la période estivale et le pèlerinage aux Lieux saints de l’islam tirent traditionnellement la demande en devises vers le haut, ce n’est pas le cas cette année. La tendance du marché serait faussée par un seul facteur, et non des moindres.

Certains cambistes, interrogés, évoquent une demande en berne émanant de gros acheteurs, notamment des hommes d’affaires, des importateurs et de grosses fortunes. «Le recul de la demande en devises, particulièrement l’euro, intervient alors que de nombreux hommes d’affaires sont en prison dans le cadre des affaires de corruption. Mais, j’ignore s’il y a un lien de causalité», a confié l’un d’entre eux.

La justice avait engagé récemment plusieurs enquêtes pour des faits de corruption contre des personnalités liées au président déchu Bouteflika. Plusieurs richissimes hommes d’affaires, dont la plupart sont soupçonnés d’avoir obtenu des marchés publics grâce à leurs liens avec l’entourage de Bouteflika, ont été placés en détention provisoire. Au square Port-Saïd d’Alger, les revendeurs s’inquiètent que cette baisse, qui fait le bonheur des vacanciers, ne s’inscrive dans la durée.

Outre les cambistes, la baisse du cours des monnaies étrangères, devenues des valeurs refuge, au même titre que l’immobilier, face à la dépréciation de la monnaie nationale, affole aussi ceux qui ont thésaurisé de petites sommes en devises. Ceux-ci accusent les revendeurs de vouloir acheter à bas prix des devises en grandes quantités, avant de les remettre sur le marché à prix forts.

Source : El Watan

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