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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Soyons vigilants contre les faux prophètes"

"Des voies de plus en plus audibles se prononcent ouvertement pour le recours à l’endettement international comme source de financement des déficits budgétaires", écrit l'économiste consultant Abdelhak Lamiri.

Il note : "Beaucoup d’entreprises publiques fortement endettées sont en train de pousser les décideurs à foncer sur la solution très dangereuse de l’endettement international. Certaines personnes, et même plusieurs économistes, évoquent l’endettement de la Corée du Sud comme la source essentielle du développement de ce pays"

On ne peut pas reproduire ce schéma en Algérie, selon lu. " En premier lieu, on peut leur faire remarquer que durant les vingt dernières années, si on ne s’est pas développés avec plus de 1300 milliards de dollars engrangés, on ne va pas le faire avec les quelques trente à quarante milliards de dollars de dettes maximum que nous pourrons très difficilement obtenir.

Il y a une chose que beaucoup de nos économistes n’ont pas prise en considération dans l’analyse : c’est le fameux multiplicateur, qui est un indicateur de création ou de destruction de richesses. Lorsque le gouvernement de Corée du Sud s’endette de un dollar, il l’injecte dans l’économie, par exemple comme crédit pour Samsung ou Hyundai, ou construit avec une route. L’économie dans son ensemble va créer trois à quatre dollars de richesse avec cette ressource. On rembourse le dollar et on continue le développement avec le surplus de richesse créée.

En Algérie, il faut que l’Etat injecte quatre dollars pour que l’économie créée un dollar de richesse. Si on s’endettait de 40 milliards de dollars et si on supposait qu’on a éliminé les malversations (25% des pertes) nous allons alors créer une richesse de 20 milliards de dollars avec les quarante obtenus.

Sans la lutte contre les malversations, nous aurions créé uniquement 10 milliards de dollars de richesses. Mais même avec la création de 20, comment pouvons nous rembourser le reste ? On n’a pas digéré dans nos analyses que notre tissu économique et social, globalement, détruit plus de richesses qu’il n’en créé. Ce n’est pas le cas de toutes les entreprises, mais de l’économie en général. Et on fait des analyses comme si on était une économie normale qui démultiplie les richesses avec les ressources utilisées.(...)

Ni la dette extérieure ni le financement alternatif (planche à billets, ndlr) ne sont les solutions à nos problèmes. Ce sont tout deux de dangereux palliatifs. Mais l’endettement international est pire. Encore que le financement alternatif n’a pas accéléré l’inflation, mais a accentué la fonte des devises jusqu’à présent. On injecte du pouvoir d’achat et on utilise les réserves pour le satisfaire, vu que nous sommes encore une économie peu productive.(...)

La véritable question serait : comment rendre notre économie productive et compétitive ? J’ai développé cela dans un long ouvrage (La décennie de la dernière chance). Les solutions relèvent de la stratégie, de l’organisation des Etats, du développement humain, de l’économie de la connaissance, etc. Nous développerons ces thèmes ultérieurement. Pour le moment, soyons vigilants contre les faux prophètes qui pensent que la solution est dans le mode de financement et non dans le développement de la science et des cerveaux.

Texte intégral  : El Watan

 

Le 24 février 1971 sera-t-il effacé?

Derrière  son image  de sponsor officiel de la Coupe d'Afrique de football, le groupe pétrolier Total est en train de mettre la main sur d'importants champs pétroliers dans plusieurs pays d'Afrique.

En Algérie, Total veut accroître sa participation au groupement de Berkine qui a produit en 2018 une moyenne de 320.000 barils équivalent/jour.  Ahmed Kebaili, consultant dans l’industrie pétrolière et ancien expert de la Banque mondiale écrit :

"l’acquisition par Total des parts d’Anadarko de 24,5% (sur le bassin de Berkine) viendrait s’ajouter aux 12,25% qu’elle possède déjà ; ce qui positionnerait Total comme première société étrangère opérant en Algérie ; et, par-là, dominer Sonatrach techniquement et financièrement. Ce qui s’apparenterait à un retour à la période d’avant le 24 février 1971, date de la nationalisation des hydrocarbures en Algérie".

 

"L'armée et la bourgeoisie..."

"Pendant le mois de ramadan, le mouvement ne s’est pas essoufflé contrairement à ce qu’escomptait le régime, pense le sociologue Nedjib Sidi Moussa* qui ajoute : "Par contre, on m’a rapporté que les jeunes des classes populaires ont reflué.

Ils seraient moins présents dans les manifestations parce qu’on leur a fait comprendre que ce mouvement n’est pas le leur. Soit parce qu’ils ont été stigmatisés, en raison du très grand mépris de classe qu’ils subissent de la part de la petite bourgeoisie, soit parce que leurs aspirations ne sont pas prises en considération par les figures les plus en vue du mouvement. Je ne sais pas si ce reflux est définitif ou s’ils vont revenir d’une autre manière, mais j’espère qu’ils s’exprimeront par leurs propres moyens.

Ce reflux expliquerait peut-être pourquoi associations et partis politiques relèvent la tête désormais et essayent de se poser comme direction alternative au mouvement.

De fait, ils sont déjà en train de négocier. L’armée et la bourgeoisie veulent aller le plus vite possible vers des élections présidentielles pour que l’économie redémarre, selon leur argumentaire et leur agenda, et que finalement tout redevienne comme avant, au bénéfice des possédants".

 

*Extrait de la longue interview de Nedjib Sidi Moussa, (l’auteur de « La Fabrique du Musulman » et de « Algérie, autre histoire de l’indépendance »)  intitulée Révolution algérienne : « l’auto-organisation constitue la clef de la suite du mouvement »

Source : Rapports de force

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