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Publié par Saoudi Abdelaziz

En 2017, le ministre de l'industrie Bouchouareb soutenait le candidat Macron et réciproquement. Photo DR

En 2017, le ministre de l'industrie Bouchouareb soutenait le candidat Macron et réciproquement. Photo DR

Par Azedine Maktour, 17 juillet 2019

L’industrie automobile, pompeusement classée au rang de priorité dans le plan de relance industrielle décliné par les pouvoirs publics depuis quelques années, notamment à l’époque, toute récente encore, de l’inénarrable Abdeslam Bouchouareb, se révèle, chaque jour un peu plus, comme une grosse supercherie dont le Trésor public, par ricochet le contribuable, paye les frais depuis cinq ans maintenant.

Elle est là, en effet, dans toute sa «splendeur», la longue liste des personnages de «haut rang» impliqués dans l’invraisemblable, jusqu’à il y a à peine quelques mois, chronique judiciaire mettant en vedette ce cercle fermé de prétendus leaders qu’on nous présentait comme ceux qui allaient doter l’Algérie d’une enviable industrie automobile appelée, dans un futur proche, à nous aider à nous libérer de l’ultra-dépendance des hydrocarbures.

La grande idée qui a tourné au canular à plusieurs milliards de dollars, et ce n’est pas fini ! En tous les cas, ce n’est pas la toute dernière de la série de mesures prises par les pouvoirs publics pour soulager, autant que faire se peut, les réserves de change qui y remédiera dans les mois à venir, avec tous les dégâts collatéraux qui menacent, dont le chômage qui risque de sévir chez des centaines, voire des milliers de travailleurs de ces ateliers, dits usines de montage.

Pour parer à l’urgence de la situation, l’Etat a donc pris la résolution de mettre en application, pratiquement à la hussarde, un plan destiné à limiter l’importation des kits SKD/CKD, dont la facture a atteint, ces trois dernières années notamment, des sommes en devises pas loin de celles qui étaient consacrées à l’importation de véhicules d’avant 2014.

L’on sait, depuis, à quoi était destinée la nouvelle politique devant en principe doter le pays d’une industrie automobile : un moyen finalement tout indiqué pour alimenter la corruption à grande échelle, érigée en mode de fonctionnement à partir de l’autorité qui détenait tout ce qui avait trait au créneau ; le ministère de l’Industrie.

Ce à quoi sont arrivés à mettre au jour les magistrats désignés pour instruire ces lourds dossiers, impliquant des «constructeurs» automobiles algériens qui ont leurré tout leur monde en important des véhicules démontés là-bas pour être importés en pièces, puis les remettre sur les roues dans des usines qui n’ont d’usine que le nom et à des prix à faire pâlir de jalousie les constructeurs «originaux», dès le départ déjà envieux vis-à-vis de leurs singuliers partenaires algériens qui bénéficiaient d’exonérations de taxes et de droits de douane sur une période de cinq ans.

Sans parler des largesses concédées pour l’obtention de crédits bancaires pour des sommes en devises dont on voit aujourd’hui les conséquences, pour une bonne partie, induites sur les réserves de change. Tout cela avec la bénédiction des pouvoirs publics et de l’acteur principal qu’a incarné Abdeslam Bouchouareb, l’inspirateur de ces cahiers des charges ficelés au profit de ses amis «investisseurs» dont les noms s’affichent à bonne place aujourd’hui sur les comptes-rendus de presse traitant de ces multiples affaires entre les magistrats instructeurs.

Il n’aura donc pas vécu longtemps ce vœu pieux de doter le pays d’une industrie automobile digne du nom.

Le pays n’a gagné ni en réduction de la facture d’importation de véhicules, ni donné naissance à un réseau de sous-traitants, ni réussi à transférer de la technologie ou tout autre subterfuge évoqué par les inspirateurs de cette «idée» qui a fini par siphonner l’argent de l’Etat dans des proportions à faire passer pour des amateurs toutes les associations de malfaiteurs qui ont écumé le monde.


Source : Le Soir d'Algérie

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