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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un caricaturiste peut aussi produire une fake-news. A la une de Liberté ce matin, sur une caricature de Dilem : " Manifestation violemment réprimée en Algérie".

Voici le résumé du très sérieux TSA-Algérie sur le même événement : "Malgré un fort déploiement policier, les Algériens ont conservé le caractère pacifique de leurs marches. Quelques arrestations ont été opérées à Alger en début de matinée et une manifestante a été arrêtée à Jijel, accusée d’avoir brandi le drapeau amazigh. Mais globalement, les marches se sont déroulées sans incidents".

Entre Etat major et RCD

Pour l'observateur lointain qui suit le Hirak par les réseaux sociaux, le fait le plus significatif de ce 21è vendredi du Hirak c'est l'intervention physique du jeune président du RCD Mohcen Bellabas contre un policier qui tentait d'opérer une arrestation.

La vidéo a fait le tour. Le geste photogénique de Bellabas faisant les gros bras, fait penser à celui de son mentor Saïd Sadi, grimpant sur le toit d'une voiture en 2011.

"La tentation au recours à la répression dont est indicatrice l'attitude du vice-ministre de la Défense nationale est (de même) désapprouvée par ceux qui ne sont pas fermés à l'option de l'élection présidentielle en tant qu'opération première à la réinstauration de la légitimité constitutionnelle" écrit ce matin Kharroubi Habib dans Le Quotidien d'Oran.

A propos de l'intervention du chef d'Etat major avant le 21è vendredi, Lahouari Addi écrit :

"C'est peut-être le discours le plus agressif et le plus mauvais de Gaïd Salah depuis le 22 février. Traiter de traîtres ceux qui demandent un Etat civil contredit de façon flagrante les différentes déclarations selon lesquelles l'ANP accompagne le hirak".

L'Etat major semble penser que les mots d'ordre du Hirak sont dictés par le DRS-canal historique, constitué durant les 30 années de règne de Rab Ed'zair, comme on surnommait le général Tewfik Mediène. Le Canal historique est devenu la force dirigeante de l'Etat algérien. Ses officiers-traitants manipulaient la plupart des organisations et associations.

Transition à la Soviétique

Dès l'année 2013, avec la confirmation du caractère irréversible de la maladie de Bouteflika, ce Canal historique, sans rompre avec Bouteflika et en mettant à l'écart l'armée de ligne, avait commencé à mettre en branle le mot d'ordre d'une  "Transition" conduite de facto par le DRS. En juin 2013, Chafik Mesbah, ancien officier supérieur du DRS s'exprimait ainsi dans Liberté : « Interrogé, par ailleurs, sur l’énigmatique chef du DRS, en l’occurrence Mohamed Mediène, dit “Toufik”, Chafik Mesbah estime que lui aussi partira un jour.

“Il a été longtemps mon chef. Je me suis souvent opposé à lui mais je n’ai jamais eu à le prendre à défaut sur son intégrité. Il est d’ailleurs très exigeant vis-à-vis des membres de sa famille au sujet de cette question.” Il souhaite, ainsi, que son ancien chef quitte le pouvoir par la grande porte, à l’image d’un Youri Andropov, ancien patron du KGB qui sera plus tard à l’origine de la “perestroïka”. » Le général Toufik à la tête d’une pérestroïka algérienne ?

Dans les plan élaborés en 2013 et réactivés en 2015, avec Lamine Zéroual comme pièce maitresse du dispositif, la période de transition devrait être suffisamment longue pour asseoir hors suffrage universel, les nouvelles conceptions du rôle de l'Etat portées par le canal historique. A la veille du Hirak, ce plan de Période de transition a été relancé par Tewfik qui a trouvé un allié de circonstance dans le clan présidentiel.

 

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