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Publié par Saoudi Abdelaziz

ALGERIE. Les services secrets font-ils toujours de la politique?

Par Saoudi Abdelaziz, 28 juillet 2019

Depuis le 22 février, le commandement de l'ANP a pris la responsabilité "d'accompagner" le Hirak. Concrètement, le seul contact de l'ANP avec le peuple est assuré par le chef d'Etat-major par le biais de ses "allocutions d'orientation"  destinées aux djounouds. Ailleurs nul contact entre le peuple et les militaires, en dehors des relations familiales. Par quels moyens l'Etat major assure-t-il donc le relais de ces orientations vers la société ?

Pour les observateurs, la réactivation des opérations politico-médiatiques des services secrets est de plus en plus évidente.

Le site Algérie-Patriotique proche du général Nezzar fait la une sur un article de RFI intitulé Algérie: l'histoire des services de l’ombre. Il suggère que les services secrets disparaissent de la scène politique. «Toufik a façonné cette superstructure sécuritaire à son image, au point que pour beaucoup d’observateurs, il s’agissait de sa créature qui ne pourrait lui survivre».  

Ce serait une révolution! L'essence du système algérien, c'est en effet la gouvernance informelle clanique quasi archaïque servie par des instruments centralisés ultra sophistiqués. L'instrument qui a permis de réaliser cette synthèse surprenante, ce sont services secrets. Ils tirent les ficelles dans la conduite des affaires de l'Etat et de toute la société.

L'officier traitant en tenue civile, ignoré par les Constitutions successives, est depuis toujours la pièce maitresse de l'Etat algérien. C'est la hiérarchie oblique des officiers traitants qui entraîne la gouvernance informelle de gré à gré dans tous les secteurs de la vie sociale et d'abord dans celui de l'accumulation du capital. Avec à la longue l'effet de retour inévitable : la colonisation de l'Etat par la corruption et le refoulement de la citoyenneté.

Au début du 4ème mandat, analysant en 2014 l'évolution du rôle des services, l'ancien chef de gouvernement Sid Ahmed Ghozali notait: "Les choses, ont changé depuis la mort de Boumediene (1978), le noyau sécuritaire s'est étendu à l'administration, l'économie et la société. Le véritable régime est donc un parti secret qui dispose de 2 à 3 millions de membres qui tiennent les appareils de l'Etat et ses moyens. Ils sont désignés par le noyau des services et travaillent pour eux".

" Tout le monde sait qu'il y a un ordre secret qui choisit. Il y a des textes règlementaires qui donnent à l'appareil sécuritaire la prérogative d'enquêter sur une personne avant sa désignation à un poste de responsabilité, cela signifie qu'il est impossible d'occuper un poste sans leur aval. En contrepartie, ils n'ont de compte à rendre à personne sur ce qu'ils font".

Ou en est-on cinq après ?

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