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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’industriel Slim Othmani reçoit le 19 juin 2018 des mains de l’Ambassadeur de France à Alger les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Photo DR

L’industriel Slim Othmani reçoit le 19 juin 2018 des mains de l’Ambassadeur de France à Alger les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Photo DR

La mise à l'écart de certains oligarques outrageusement prédateurs ne signifie pas la mise à l'écart de l'option néolibérale en Algérie. Bien au contraire, pourrait-on dire. Slim Othmani, patron bcbg et président du think tank Care, symbolise l'offensive décomplexée de cette option, largement relayée par les médias.

Dans son communiqué publié début mai, Care met en avant «la nécessité d’aborder, en même temps que les éléments de la vision future qui devra guider la politique économique nationale, le programme des actions les plus urgentes à mettre en œuvre en vue d’une reprise en mains des leviers de notre budget et de nos finances ».

Le think tank organise actuellement des conférences publiques avec des experts venus de pays d'Europe centrale ex-socialistes.

"L’objectif du Care est de comprendre les écueils que ces pays ont dû surmonter, surtout dans la mise en place de programme d’austérité, et quelle a été la réaction de la population. Car, pour le président du Care, l’Algérie s’achemine inévitablement vers des périodes d’austérité" rapporte Liberté. Selon le patron de la NCA, "il faut “impérativement et rapidement” lancer le processus.

Statistiques d'experts

Relatant les propos des experts, l'article d'El Watan intitulé Transition économique : quel modèle suivre ? rapporte : "Statistiquement, le pas positif franchi par la Pologne est un exemple, surtout que les experts ont souligné que ce pays avait des problèmes similaires à l’Algérie, dont l’incapacité de développer les exportations hors hydrocarbures". Curieuse affirmation, car en matière d'hydrocarbures, qu'y a t-il de "similaire" entre l'Algérie et la Pologne? Ce pays d'Europe centrale importe trois fois plus de pétrole qu'il n'en exporte. A moins qu'il ne s'agisse du charbon dont la Pologne est le premier producteur européen... Mais elle est aussi le deuxième plus gros consommateur de charbon dans l’Union européenne, avec environ 80% de son électricité issue de cette énergie parmi les plus polluantes au monde.

Les experts ramenés pour aider Care à vendre son programme de démantèlement rapide de "l'Etat providence" ne semblent pas très clairs. Nassima Oulebsir rapporte dans El Watan : "Mais du fait des privatisations, le taux de chômage a grimpé de 0,3% en 1989 à 20,6% en 2003 avant de redescendre à 5,6% en 2015". Les experts ont oublié de donner les raisons de cette redescente du taux de chômage : depuis l’entrée du pays dans l’Union européenne, en 2004, au moins deux millions de Polonais ont émigré vers les autres pays de la CEE.(Voir plus bas)

A quoi s'ajoute la profonde transformation d'un monde du travail non qualifié, malaxé par la thérapie de choc ultralibérale. "Près d’un million et demi de « contrats-poubelle. Le carburant social de la droite polonaise» titrait un reportage paru en mars 2016 dans Le Monde diplomatique.

La harga légale polonaise

"Entre 2004 et 2008, pas moins de 2 millions de Polonais, soit 12 % de la population active, se sont dirigés vers l'Europe de l'Ouest. En majeure partie, ces gens, pour la plupart âgés entre 25 et 30 ans, vont vers l'Angleterre et l'Irlande. Toutefois, les jeunes Polonais se rendent aussi en Allemagne, en Autriche et en France. Cette estimation de 2 millions de ressortissants est assez conservatrice, car depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE, beaucoup de Polonais ne déclarent par leur sortie du pays à cause des frontières ouvertes de la zone Schengen.

De plus, on remarque que les émigrants polonais sont souvent des jeunes gens hautement formés qui veulent travailler dans leur domaine. Les secteurs les plus touchés par l'exode des compétences est l'informatique, le commerce, le domaine de la construction, les travaux publics et les emplois en santé. Ce sont tous des secteurs qui demandent une formation et une expertise particulière". Source :
Perspective Monde

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